Sciences

Qu'est-ce qui fait (parfois) se tromper les chiens pisteurs?

Temps de lecture : 2 min

Toutes les crottes de cougars ne se valent pas.

 Non, je suis formel, ce n'est pas du puma | Vivamune via Flickr CC License by

Dans le nord de l'Argentine, Karen DeMatteo se fait aider par des chiens pour pister des espèces en voie de disparition, comme les pumas et les chiens des buissons, en trouvant leurs crottes.

Ces chiens sont particulièrement utiles dans ces recherches, vu qu'ils sont capables de dénicher de crottes cachées sous des herbes, lavées et désintégrées par la pluie, ou encore lorsqu'elles ont été mangées par d'autres animaux. Sauf qu'ils se trompent dans 4 à 45% des cas, selon une étude que la scientifique affiliée à l'université Washington de Saint-Louis vient de mener avec trois de ses collègues.

Ces erreurs sont révélées lors des analyses ADN des échantillons collectés et ne sont pas tant liées à des soucis d'éducation des chiens qu'à des facteurs de confusion propres aux écosystèmes étudiés. Des erreurs qui ne risquent pas vraiment de fausser les résultats des études, mais qui, une fois éliminées, pourraient permettre des économies substantielles aux chercheurs, notamment en temps et en moyens humains.

«Aujourd'hui, lorsque des échantillons non-cibles sont trouvés dans des études menées avec des chiens pisteurs, on estime que ces erreurs sont dues à la formation de l'animal ou du maître-chien», explique DeMatteo, «mais notre étude montre que ce n'est pas toujours le cas. C'est plutôt la complexité des écosystèmes dans lesquels les études sont menées qui est susceptible de jouer sur leur fiabilité». De fait, les chiens ont plus de risques d'être «bernés» quand plusieurs animaux partagent l'habitat de telle ou telle espèce analysée.

Par exemple, une crotte peut être prise pour celle d'un puma, alors que c'était en réalité celle d'un coyote qui avait mangé celle d'un puma.

Un comportement souvent difficile à appréhender pour les humains «qui ont une aversion naturelle envers la coprophagie, ce que l'on voit dans l'horreur qui se dessine sur le visage d'un propriétaire de chien lorsqu'il le prend à gober ses propres excréments ou ceux d'un autre chien ou chat», précise DeMatteo. «En général, le propriétaire craint pour la santé de son animal ou peut même penser que son compagnon à quatre pattes ne va pas très bien dans sa tête.»

Alors que rien n'est plus normal, comme le fait remarquer la chercheuse.

«Si les explications données à la coprophagie chez les chiens domestiques sont encore floues, on sait grâce aux canidés sauvages que la coprophagie est un comportement naturel, souvent associé à des questions de territorialité ou d'avantages nutritionnels».

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En outre, un animal non-cible peut contaminer la crotte d'un représentant d'une espèce-cible en urinant dessus ou en la prenant dans sa bouche et en la recrachant plus loin. Ce qui peut troubler les chiens-pisteurs, car l'urine ou la salive sont susceptibles d'altérer le profil génétique des excréments.

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