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Les sénateurs qui ont voté pour Kavanaugh ne représentent que 44% des Américains

Temps de lecture : 2 min

Comme elle est élue dans des États moins peuplés, la majorité des sénateurs républicains représente moins d'électeurs qu'une minorité de sénateurs démocrates.

Des sénateurs républicains présentent le rapport du FBI sur Brett Kavanaugh à Washington le 4 octobre 2018. Chip Somodevilla / AFP
Des sénateurs républicains présentent le rapport du FBI sur Brett Kavanaugh à Washington le 4 octobre 2018. Chip Somodevilla / AFP

Le processus de confirmation du juge Brett Kavanaugh, qui a été accusé d'agressions sexuelles et est soupçonné d'avoir menti sous serment, a été l'un des plus controversés de l'histoire américaine. Alors qu'une étroite majorité de sénateurs républicains (et un démocrate) s'apprête à le confirmer à la Cour Suprême, le déficit démocratique du processus a été souligné par de nombreux journalistes.

Un vote peu représentatif

Dans le Washington Post, Philip Bump a calculé que la majorité de sénateurs qui allait voter pour Kavanaugh ne représentait qu'environ 44% de la population américaine. Les électeurs de chaque État américain élisent deux sénateurs pour les représenter. Or un État de 39 millions d'habitants (comme la Californie) est représenté par le même nombre de sénateurs que le Wyoming, qui a 544.000 habitants. Comme un plus grand nombre de sénateurs républicains est élu dans des États peu peuplés, leur vote représente moins d'électeurs.

En plus de cela, le juge Kavanaugh a été nominé par le président Donald Trump, qui a été élu par le collège électoral avec environ 3 millions de votes en moins que son adversaire, Hillary Clinton.

«Cela nous rappelle à quel point le système américain s'éloigne souvent de l'idée que le vote majoritaire est décisif, écrit Bump. Un président élu par une minorité du pays a nommé un juge à la Cour Suprême qui pourrait être approuvé par des sénateurs qui représentent une minorité du pays».

En plus du chaos de l'audience de Kavanaugh, pendant laquelle il a accusé les Clinton d'avoir orchestré une vengeance à son égard, le manque de représentativité démocratique de sa confirmation risque d'affaiblir la légitimité de la Cour Suprême.

Outrepasser le vote populaire

Dans le New York Times, Michael Tomasky rappelle que Neil Gorsuch, le premier juge que Trump a nommé à la Cour Suprême était le premier de l'histoire américaine à avoir été nommé par un président qui avait perdu le vote populaire et confirmé par des sénateurs élus avec moins de votes (54 millions) que les sénateurs opposés à sa confirmation (73 millions).

Kavanaugh serait le deuxième juge dans ce cas de figure. Malgré ce manque de représentativité, ils sont tous les deux nommés à la Cour Suprême à vie. Contrairement aux juges conservateurs de la Cour, les quatre progressistes ont tous été confirmés avec des majorités plus comfortables, d'au moins 63 votes, au lieu de 54 pour Gorsuch et 51 pour Kavanaugh.

«C'est une crise de légitimité sévère pour la Cour Suprême, écrit Tomasky. Une majorité de cinq juges pourra radicalement réécrire les lois de notre nation et quatre d'entre eux ont été approuvés de justesse par des sénateurs représentant une minorité des électeurs.»

Si on ajoute à cela le fait que les Républicains avaient refusé de lancer le processus de confirmation de Merrick Garland, le juge nommé par Barack Obama en mars 2016, il est probable que les élus et électeurs démocrates aient du mal à accepter la validité des jugements de la Cour.

Slate.fr

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