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Ce policier américain utilisait Facebook pour espionner des activistes de Black Lives Matter

Temps de lecture : 2 min

La création de faux comptes est pourtant interdite par les termes d’usage de Facebook.

La police encadre une manifestation Black Lives Matter à Sacramento | Justin Sullivan / AFP
La police encadre une manifestation Black Lives Matter à Sacramento | Justin Sullivan / AFP

Aujourd’hui, Facebook est devenu un outil incontournable pour s’organiser. Préparer l’anniversaire de son meilleur ami ou une manifestation passe par la création d’un événement Facebook. De même que s’échanger ses cours ou organiser un trafic de drogue peuvent se faire via un groupe Facebook privé.

Puisque des crimes sont commis grâce à Facebook, naturellement les services de police ont étendu leurs enquêtes au réseau social. De nombreuses affaires sont menées par des agents qui créent de faux comptes pour infiltrer des réseaux criminels. Un policier qui utilise cette technique dans le New Jersey explique à NBC News que «toutes les unités criminelles high-tech utilisent des faux comptes Facebook».

Contraire au règlement de Facebook

Le problème est que les faux comptes vont à l’encontre des termes d’usage de Facebook. Le réseau de Mark Zuckerberg répète qu’il supprime systématiquement tous les faux profils repérés. Chaque jour, l’entreprise bloque la création de millions de comptes et en supprime au moins autant quelques minutes après leur création, grâce à des algorithmes de détection de profils factices. Peu importe si des policiers sont derrière. Facebook assure avoir supprimé des comptes créés par les forces de l’ordre «de nombreuses fois».

Toutefois, les comptes créés par la police ne sont pas facile à détecter. Comme ils servent à enquêter sous couverture, ils sont pensés pour être les plus réalistes possible. Photos convaincantes (souvent d’une personne qui vit sur un autre continent), abonnements à plusieurs pages, listes d’amis… Tout est fait pour que les cibles pensent qu’il s’agit d’une vraie personne. Ils bernent donc aussi les algorithmes. De plus, si Facebook l’interdit, ce n’est pas illégal, les informations obtenues peuvent donc tout à fait être utilisées comme pièces à conviction.

Surveillance d'activistes

Là où tout cela se corse, c’est que Facebook est aussi un excellent outil pour comprendre les réseaux dans lesquels évoluent les utilisateurs et les utilisatrices. En 2015, un compte nommé Bob Smith, affublé d’une photo de Guy Fawkes, a intégré de nombreux groupes d’activistes Black Lives Matter de Memphis. En se présentant comme un «manifestant» et un «homme de couleur», le profil a pu, pendant trois ans, observer des discussions privées portant sur des manifestations et rassemblements. Des dizaines de militants ont acceptés ses demandes en ami. Derrière Bob Smith se cachait en fait Tim Reynolds, un policier blanc chargé de surveiller les activistes locaux.

Reynolds a avoué avoir créé ce compte dans le cadre d’un procès de l’ACLU (organisation de défense des droits civiques) qui accusait le département de police de violer un accord de 1978 lui interdisant de surveiller les organisateurs de manifestations légales.

Pour Rachel Levinson-Waldman, une professeure de droit à la New York University School of Law’s Brennan Center for Justice, à cause de cette surveillance, les citoyennes et citoyens pourraient s’auto-censurer et être réticents à contester le gouvernement ou à s’organiser pour manifester.

Slate.fr

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