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Les relents racistes de Walt Disney

La dernière princesse de Disney a beau être noire, elle n'est pas exempte de l'idéologie historiquement raciste de Disney.

Mercredi 3 Février 2010
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Les studios Disney l'avaient annoncé en 2007, trois ans avant la sortie du film en salles: pour la première fois dans l'histoire de la légendaire maison de l'oncle Walt —par ailleurs célèbre réactionnaire, obsédé par la chasse aux rouges— la Princesse serait noire. Et voici que nous y sommes et que Tiana, l'héroïne de La Princesse et la grenouille, succède non seulement aux Cendrillon et Blanche-Neige de la grande époque, mais aussi aux héroïnes des dix dernières années: Jasmine, Mulan et Pocahontas, une Arabe, une Chinoise et une Indienne. Comme les autres, Tiana aura droit à un mariage de rêve avec un prince irrésistible ainsi qu'à tous les produits dérivés qui vont avec sa fonction: poupée, vaisselle et tutti quanti.

Même si Disney avait réagi plus tôt, au lieu d'attendre 2010 —73 ans après la sortie du tout premier long-métrage du studio, Blanche-Neige et les sept nains —pour mettre en scène une héroïne noire, le climat autour de la sortie du film aurait été légèrement tendu. Car il y a un passif des studios Disney. Prenons d'abord Walt lui-même tel que l'évoque son remarquable biographe, Neal Gabler:

Lors d'une réunion sur le scénario, il décrivit la scène où les nains de Blanche-Neige s'empilent les uns au-dessus des autres comme une pile de nègres.

Un état d'esprit qui contamine parfois les films

«Comme la plupart des producteurs hollywoodiens, il pratiquait le stéréotype racial, du merle dans le court-métrage Who killed Cock Robin? qui parle avec un accent traînant particulièrement marqué, aux corbeaux gangsters de Dumbo (même si pour sa défense, on a pu dire que les corbeaux se rangent du côté de Dumbo justement parce qu'ils savent ce que c'est d'être ostracisé).»

Le fond est atteint avec Le Chant du Sud (1946) qui dépeint la vie idyllique, sur une plantation post-guerre de Sécession, d'une famille servie par un adorable vieux domestique noir, par ailleurs logé dans un taudis malgré la grande gentillesse de ses patrons... Le film suscite les vives protestations de la NAACP et même des manifestations où des soldats de la Deuxième Guerre Mondiale —tout juste démobilisés— brandissent des banderoles: «Nous nous sommes battus pour l'oncle Sam, pas pour l'oncle Tom!».

La formule pourrait resservir à l'occasion de cette Princesse et la grenouille. D'abord parce que les réalisateurs Ron Clements et John Musker ont pris le parti de situer l'histoire dans les années 1920, à La Nouvelle-Orléans... Autrement dit à une époque et dans un lieu qui ne sont pas des plus progressistes. Une image du prologue le dit clairement: Tiana, enfant, monte dans un tramway avec sa maman. Elles vont toutes les deux s'asseoir au fond (une Blanche est déjà assise à l'avant). L'image est claire. Plus que le propos du film qui ignore avec superbe toute division ou même vague mésentente entre Blancs et Noirs, alors même qu'il se situe en pleine ségrégation, dans un monde où - sans parler des lynchages - les humiliations, les privations et les inégalités légales étaient légion!

Alors bien sûr, direz-vous, ce n'est qu'un dessin animé. L'histoire d'une jolie jeune fille qui - à cause d'un magicien vaudou (cliché sur La Nouvelle-Orléans oblige) - est transformée en grenouille au bout de 25 minutes. Là aussi, le procédé rappelle une fâcheuse habitude Disney. Car cela fait des décennies que les animateurs maison utilisent des animaux dotés d'un accent spécifique et de certaines caractéristiques pour figurer les personnages noirs. Les corbeaux de Dumbo cités plus haut (1941), donc, mais aussi Big Mama, la grosse chouette réconfortante (qui ressemble à la nounou d'Autant en emporte le vent) de Rox et Rouky, et encore les singes chanteurs de jazz du Livre de la jungle (1967) pour n'en nommer que quelques-uns... Sans parler du Roi lion (1992) qui se passe en Afrique sans un seul être humain en vue. Non seulement La Princesse et la grenouille transforme son couple de héros noirs en grenouilles (puisque le prince est frappé du même sort) mais en plus, un personnage secondaire renoue avec la tradition maison: c'est le crocodile trompettiste de jazz que tous les orchestres rejettent violemment tant il leur fait peur... On comprend aisément l'allusion à l'interdiction faite aux Noirs de jouer dans des orchestres avec des Blancs et le message de tolérance qui s'ensuit. On comprend aussi que les vieilles habitudes ont la vie dure. «La Princesse Disney ne peut pas s'échapper du ghetto», titrait le Village Voice à la sortie du film aux Etats-Unis. Un ghetto animalier, que la maison Disney a elle-même construit.

Jonathan Schel

Image de une: La Princesse et la Grenouille, Disney, DR

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Comments

je suis abominablement raciste !

Pardon !!! Mille fois pardon ! je fais mon méa culpa ... je suis raciste !

J'ai vu La Princesse et la Grenouille avec mes enfants ce week-end et (honte sur moi), je n'ai pas été touché par le côté raciste du film, preuve s'il en était besoin que je suis contaminé au dernier degré.

Pourtant, j'ai bien vu les clichés - normal c'est du Disney - mais, naif que je suis, je me suis dit qu'à l'époque ou se déroule le film (vers 1910/1920 ?), la ségrégation avait encore cours et que donc, tout ceci n'était pas déconnant.

La petite fille noire de la couturière noire, gentilles toutes les 2 au service du riche blanc dans sa belle maison dans le beau quartier pendant que Papa bosse d'arrache pieds mais reste digne ... cliché raciste car ça n'arrivait pas.

Le prince émigré italien riuné venu chercher fortune en épousant une riche héritière US, là encore, cliché, ça n'arrivait jamais que les fortunes déchues de la vieille europe veuillent épouser le compte en banque de la bourgeoisie .... rha encore un cliché raciste pas vu !

Le sorcier vaudou (noir de surcroit !!!) de la nouvelle Orléans, là encore, un cliché raciste sûrement !

Ce pauvre crocodile qui joue du jazz rejeté par les humains parce qu'il leur fait peur ... je n'avais pas vu l'allusion grosse comme un obèse qui veut monter dans un avion Air France et se fait rejeter ... snif.

Jusqu'au happy end ou tout le monde est beau et gentil, les noirs et les blancs réconciliés, le méchant sorcier (toujours aussi noir) puni d'avoir été méchant et définitivement mort ... tout ça est d'un raciste du dernier degré et je me suis roulé dedans avec délectation ... honte sur moi !!!!

Quand vais-je réussir à me débarasser de tous ces clichés, que les noirs sont forcément pauvres, que les gros animaux font forcément peur, que l'amour triomphe toujours et que la valeur travail a du sens ?

Ces rascals de chez Disney continuent d'enfoncer le clou, me confortent dans mes idées préconçues et j'y accompagne mes enfants pour faire perdurer le système, quel mauvais père !

Pourtant, il y a certainement de bien meilleurs films à leur présenter. Des scénarios qui savent nettoyer les clichés du bon noir, qui montrent aux petits enfants de belles histoires avec des pauvres petits noirs proches de l'esclavage frappés et éventuellement violés (pour faire plus vrai, on est quand même au début du 20ème siècle) et qui se rebellent en massacrant le méchant blanc salaud pourri.

Et puis, c'est quoi ces histoires de réussite ou il suffirait de vouloir s'en sortir à tout prix pour y arriver !? Depuis quand la société laisserait de la place aux minorités ? tsst, n'importe quoi, on va quand même pas apprendre l'espoir aux enfants !

Sans parler des sorciers vaudous, ces salauds de crocodiles qui mangent les petits enfants dans les villages et des lois ségrégationnistes qui ont empoisonnées la vie des gens pendant des dizaines d'années.

Connement, j'aime bien voir les yeux de mes enfants briller. Je me réserve leur éducation pour leur monter le monde tel qu'il est, doucement, à un rythme qui leur permet d'en intégrer les défauts mais aussi les qualités. Je leur lis des histoires de princesses (j'ai une fille de 4 ans) et de monstres sans regarder la couleur de la peau du héros.

Qu'on veille à prévenir les actes de racisme, qu'on éduque, qu'on mette en oeuvre des mesures d'intégration, qu'on veille à l'égalité des chances ... je dis 1000x oui. Qu'on vienne me faire la morale sur un film de Disney qui n'est qu'un divertissement positif d' 1 heure 30 alors que par certains côtés, il permet d'engager le dialogue avec des enfants sur la vie des noirs aux Usa au début du siècle ... non.

Ce n'est qu'un film, pas un cours de morale ou de philosophie.

“ce n’est qu’un film” – un

“ce n’est qu’un film” – un film présente aussi une vision du monde que l’on peut interroger.

Et ?

Un article au contenu prometteur et intéressant mais qui s'arrête au milieu du gué...

Oui, il est vrai que les studios Disney ont pris l'habitude depuis leurs débuts de caser des personnages secondaires représentés sous forme d'animaux mais possédant des traits raciaux très distinctifs voire caricaturaux. On pense bien sûr aux singes amateurs de jazz du Livre de la Jungle, film magnifique mais dont certaines scènes peuvent être très dérangeantes en raison des stéréotypes raciaux. Mais on retrouve ce procédé dès les toutes premières animations de Disney, dans ses courts-métrages notamment. Je pense par exemple à la fable de la cigale et de la fourmi, où la cigale, habillée en guenilles et qui passe son temps à jouer du violon au lieu de se préparer pour l'hiver, possède un accent traînant et une diction caractéristiques.

Maintenant, est-ce une faute particulière à Disney ou ne représente-t-il que l'esprit de son époque ? Le malaise est en tout cas réel avec certaines productions des années 20 et 30, mais également dans des films plus récents. Mais ne pourrait-on pas dire la même chose des romans fabuleux de Faulkner ? Où se situe la frontière entre racisme et documentation du racisme ? Les stéréotypes raciaux dans les œuvres du début du XXème siècle ne font hélas que refléter la mentalité de l'époque, toute dérangeante soit-elle pour nos esprits modernes. Les mêmes stéréotypes dans une œuvre récente sont beaucoup plus problématiques car on peut supposer qu'ils sont volontaires.

Là où pèche l'auteur de l'article, c'est qu'il reste vague sur les intentions réelles ou supposées des réalisateurs du dernier opus de Disney : les scènes citées (ségrégation dans le tramway, trompettiste rejeté en raison de sa différence) ne sont-elles pas des allusions discrètes mais réelles à la situation raciale du Sud de l'époque ? Dans ce cas, les stéréotypes seraient alors utilisés à bon escient il me semble. N'oublions pas que nous sommes dans le domaine des films pour enfants, pas du documentaire journalistique à destination des adultes.

Il est certain que Pixar avec son attachant Wall-e surfe davantage sur le courant dominant et politiquement correct : l'écologie et la dénonciation du consumérisme sont des sujets finalement moins risqués que les conflits raciaux latents et pourtant plus graves dans l'immédiat pour nos sociétés.

Les relents racistes de Robert Crumb

Si la Princesse et la Grenouille est un film raciste, alors quid des deux Fritz The Cat que j'ai revus récemment.... tout le monde en plein la tronche:
- les Noir sont des corbeaux drogués, pédérastes, proxénètes, voleurs, escrocs, violents etc... la liste est longue.
- Les juifs, tous des rabbins gâteux, remercient Nixon d'avoir autorisé le congrès à financer Tsahal pour foutre les Arabes hors d'Israël ( c'est dans le film).
- Les femmes sont toutes nympho et défoncées.
- Les prolos cons et râleurs.
- Les flics sont des porcs...

Que fait le MRAP et le CRAN ? on devrait retirer ce brûlot raciste de la circulation!

Allez, tout le monde en rang, je ne veux voir qu'une pensée !

@ Spiroute Zantafiotte

Vous me faites mourir de rire, excellent commentaire !

I still believe in God, but God no longer believes in me

Révisionnisme idéologique

D'un cliché l'autre ! Dire que les films de Walt Disney propagent une idéologie raciste en apportant si peu d'argument moi je dis chapeau. Le ponpon : dans le Roi Lion qui se déroule en Afrique, l'auteur regrette qu'il n'y ait pas la trace d'un être humain; donc racisme ! Que n'aurait dit l'auteur si Simba avait bouffé un africain ! Ridicule. Je ne comprends même pas qu'un tel article soit séléctionné pour publication sur Slate. On a le droit de penser autrement mais a condition d'apporter un peu de matière. J'ai vu tous les Walt Disney et pourtant je vomis le racisme comme le sensationnalisme de cet article. Parce qu'éducation à la tolérance par mes parents, parce que regard et perspective historique de l'esclavage enseigné à l'école républicaine, parce que communication et ouverture artistique sur d'autres cultures. Parce que comptant des ami(e)s noirs/juifs/russes/homos tout au long de ma scolarité et vie. Cela me fait penser à la polémique entourant la BD d'Hergé "Tintin au Congo" : entre révisionnisme idéologique historique et combat contre les discriminations, il ne faut pas oublier que l'homme progresse car il à la mémoire de ces erreurs. Nié cela, c'est risquer d'oublié pourquoi on fait ce que l'on fait et pense ce que l'on pense.

"Relents"?

Je n'ai pas vu le dernier Walt Disney, mais ce que vous dites sur les anciens films est tellement caricatural... Citer deux films de 1941 et 1946 pour dénoncer le racisme de Walt Disney, déjà, est ridicule, compte tenu des circonstances de l'époque (eh oui même Boris Vian parlait de "nègres").
Faux procès intenté au Roi Lion: on n'y voit pas de Noir, mais en a-t-on besoin? La société animale est totalement personnifiée, du roi aux guerriers et aux amuseurs de foule. Le singe que vous voyez "dansant sur du jazz" dans le Livre de la Jungle, est le patriarche de la tribu dans le Livre de la Jungle... et ceux qui dansent sur du jazz, rappelez vous, dans ce même Jungle Book, chantent leur spleen de n'être pas humain. Mooglie et ses potes aussi dansent, d'ailleurs...
Singe = noir, c'est un argument tellement piteux.
Tout ceci rentre dans une espèce de diabolisation du racisme ordinaire qui devient paranoïaque. Bien sûr qu'il existe. Mais pas plus que dans Avatar, les films de Disney ne font l'apologie d'un monde unisexe, uniracial, intellectuellement unijambiste. Preuve en est, vous cite Mulan et Jasmine, sans doute un des plus beaux personnages féminins, toutes catégories confondues. Et quoi, pour plus de réalisme, les dessinateurs auraient dû la voiler, la faire parler arabe, porter des tuniques longues et tomber amoureux d'un vrai prince? Mais vous rêvez!

"et encore les singes

"et encore les singes chanteurs de jazz du Livre de la jungle (1967) pour n'en nommer que quelques-uns"

Ah ouais, quand même.

Et les chats amateurs de jazz (dans les Aristochats, tout le monde veut devenir un cat), on les met dans quelle case, ils sont racistes aussi ?

attrape-clics

Peu d'arguments pour étayer la thèse des relents racistes du dernier film de Dinsey, ce qui fait tomber l'auteur de l'article dans une sorte de mauvaise foi. Sans parler des arguments contradictoires. Cette phrase:

"Tiana, enfant, monte dans un tramway avec sa maman. Elles vont toutes les deux s'asseoir au fond (une Blanche est déjà assise à l'avant)"

précède celle-là:

"film qui ignore avec superbe toute division ou même vague mésentente entre Blancs et Noirs, alors même qu'il se situe en pleine ségrégation, dans un monde où - sans parler des lynchages - les humiliations, les privations et les inégalités légales étaient légion!"

Vous regrettez que le film ignore les divisions blancs/noirs, mais vous dites dans le même paragraphe que cette division est clairement reflétée dans le passage du tramway. Que doit-on comprendre?

Si l'on excepte les références à un certain racisme du tout début de l'entreprise Disney (vu l'époque, ce n'est pas franchement étonnant), on se retrouve avec pas grand-chose à se mettre sous la dent. Il ne faut pas voir du racisme partout, et ne pas en profiter pour rédiger un article survendu et placé en "Une" avec un titre attrape-clics...

Arrêtons ce pathos de paranos!!

A en croire les journalistes "bien-pensants", nous sommes tous racistes, homophobes ou antisémites! ces donneurs de leçons sont-ils parfaits? bien sûr! bons pères, bons maris, bons citoyens!! on se demande pourquoi ils ont renoncé aux ordres , alors qu'ils pouvaient nous sauver de l'enfer des mécréants!
Suffisants, mais pas nécessaires, combien de journalistes moralisateurs peuvent être classés dans cette rubrique?

dest

ils sont plus dangereux que ce qu'ils dénoncent

Car à vouloir trop protéger l'enfant de la réalité, on risque de le laisser la découvrir par lui-même, sans l'adulte pour lui expliquer. Et là, c'est le ressentiment assuré.
Vous êtes mignons à dénoncer les clichés, mais s'ils existent c'est parce qu'une fraction des communautés concernées rendent ces clichés vrais, en 1920 comme aujourd'hui.
Soyez aussi choqué que vous voulez, mais il y avait plus de pauvreté chez les noirs aux USA en 1920, donc logiquement plus de violence et de difficultés. Soyezs choqué si vous voulez, mais de nombreux noirs ont un accent à couper au couteau, même aujourd'hui.
Soyez choqué si vous le voulez, mais les histoires de princesses avec une couronne dorée et un passage par la case grenouille, sont une longue tradition de blancs, et les sorciers vaudous une longue tradition de noirs. Alors qu'on reproche à WD de s'enferrer dans les traditions archaïques et les clichés implificateurs, certes, mais de là à parler de racisme parce qu'on reprend des symboles on ne peut plus "classique"... Je pense que le plus raccoleur ici c'est bien le journaliste, pas WD.

Psychanalyse

Révélatrices par leur agressivité ces réactions à cet article. Ces spectateurs se sentent-ils coupables d'avoir pris plaisir comme leurs enfants à un film dont il est bien normal qu'un critique rende compte avec son point de vue argumenté et établi sur des faits avérés (le racisme de Walt Disney étant bien connu)? Moi, qui ai deux filles de 6 et 9 ans dont les yeux ont également brillé (et c'est bien normal) à la projection de La Princesse et la grenouille, cela ne me choque pas d'être confrontée à une lecture analytique d'un dessin animé. D'autant plus que, oui, moi aussi, j'ai été choquée de voir la première princesse noire de Disney se transformer en animal au bout de 20 minutes de film. Il n'y a de plus aucune leçon de morale dans cet article, qui ne blâme pas le succès du film, mais des clichés qui ne devraient plus exister aujourd'hui. Oui cet article a bien sa place sur Slate, la preuve en est qu'il fait naître un débat.

Luna Lovegood

lacanienne par votre pseudo

lacanienne par votre pseudo surement

Chris15

@ marchassyn : “ce n’est

@ marchassyn : “ce n’est qu’un film” – un film présente aussi une vision du monde que l’on peut interroger.

@ Dralach et Ariane : en effet les aristochats de “tout le monde veut devenir un cat” et la faune du “Roi lion” rentrent dans cette tendance Disney d’animaliser systématiquement – jusqu’à “La Princesse et la grenouille” - les personnages liés à la culture afro-américaine (le jazz) et africaine. On peut juger que ce n’est pas raciste. Mais c’est un fait. Les humains se mêlent volontiers aux animaux chez Disney (“Cendrillon”, “Rox et Rouky”, “Bernard et Bianca” etc) mais tous ces humains sont blancs. Le jour où Disney fait un film qui se passe en Afrique noire, il n’y a pas un seul être humain en vue. Le traitement des Noirs et des Blancs par les studios Disney comme par la plupart des studios hollywoodiens n’est pas égalitaire.

@ Ariane : évoquer des films des années 1940 pour les relier à ce que fait Disney aujourd’hui ne me semble pas caricatural. Encore une fois un film porte une vision du monde. Et il y a une histoire de la représentation du monde par les studios Disney – car cette compagnie a une identité forte et un héritage qu’elle réutilise régulièrement. “La Princesse et la grenouille” est d’ailleurs truffé de références à des films antérieurs. Oui, la mentalité des années 1940 était différente et Boris Vian parlait de “nègres”. Est-ce une raison pour ne pas la remettre en question? Ou pour ne pas réfléchir à la façon dont cette mentalité perdure de façon plus subtile aujourd’hui, par exemple avec le personnage du crocodile dans le dernier film?

@ Nicobegasse : ce que vous relevez n’est pas une contradiction, mais justement un regret. Pourquoi montrer cette image – allusion claire à la ségrégation – pour n’y faire ensuite aucune allusion, présenter des rapports entre Noirs et Blancs sans nuage et une jeune fille noire qui peut obtenir tout ce qu’elle attend de la vie dans la Louisiane des années 1920? Le choix de l’époque est pour le moins étrange car porteur d’un passé historique douloureux.

Critqiue facile

Je suis désolé de voir un journaliste tel que vous aller cueillir aussi facilement un sujet à un tel marronnier. En plus de 85 ans de carrière le studio Disney a produit des films en fonction des mentalités de chaque époque.
Les animateurs qui ont travaillé sur les films des années 1940 sont soit morts soit dans une retraite bien consommée.

Même si un parallèle est possible il est dommage de ne pas avoir dans l'article une recherche profonde des raisons de cette similarité transgénérationelle qui est peut-être plus liée à la nation américaine qu'à l'identité d'entreprise.

Pour l'anthropomorphisme, Disney ne fait que reprendre une tradition européenne plus que séculaire des contes qui prends elle-même racine dans le folklore antédiluvien. Mais la vision du Roi Lion est un peu beaucoup capillotractée et il serait bon de le reconnaître. Franchement ?

Resident Evil 5

Cet article me rappelle vaguement la polémique sur le jeu vidéo Résident Evil 5. Le concept : une population contaminée par un virus et qui se transforme en zombis, et des héros qui tentent de sauver leur peau au milieu de tout ça.
Sauf que cette fois là ça se passait en Afrique. Donc les zombis étaient noirs (scandaleux!). Moralité : pour corriger ça, les studios de développement ont dû rajouter des zombis blancs.
On n'a jamais vu autant de blancs en Afrique.

Tiré par les cheveux

Pas convaincu. Pas du tout. Je serais plutôt d'accord avec 'Nicobegasse'.

C'est sur que le fait de transformer les héros en grenouille sous prétexte qu'ils sont noirs c'est raciste.

C'est sur ... d'ailleurs c'est bien la première fois que des personnages de dessin animé / conte pour enfant sont transformés en grenouille ! Non ? Ah ben tiens, et les autres ne sont pas racistes alors ?
Pas de noirs dans le Roi Lion ? Pas de blanc non plus si mes souvenirs sont bons. Étonnant dans un film où tous les personnages sont personnifiés ! Remarque, ils auraient pu lui faire une fourrure noire à Simba. On est pas en Afrique pour rien, merde.

L'autre jour j'ai vu un documentaire d'Arte. Un mec vivait dans une communauté africaine. Ils étaient tous noirs, sauf le reporter, et pourtant il n'y avait que lui qui parlait ! Des relents racistes chez Arte ... ou des articles très bancals sur Slate.fr ?

Deux lignes nécessairement incorrectes !

Vous n'en avez pas marre de vos clichés bien-pensants de petits bourgeois politiquement corrects ? Cet article est ridicule...

article très pertinent

Pardon aux internautes qui s'offusquent de voir leurs souvenirs d'enfance un peu gâchés par quelques observations de bon sens, mais je trouve cet article tout à fait pertinent. Les noirs ont représenté à une époque jusqu'à 20% de la population des USA. Qu'ils aient été absents, jusqu'à ce film, des films Disney, symboles culturels de l'Amérique, sauf par le biais de stéréotypes raciaux bien précis, reflète les mentalités d'une époque. On pourrait faire la même remarque sur de nombreux films hollywoodiens.

Que Disney ait fait Aladdin, Pocahontas ou Mulan avant de mettre en scène un héros noir, ou ait fait un film sur l'Afrique sans un être humain en vue, est également symptômatique.

Enfin, que dans le premier film de Disney avec une héroïne noire, celle-ci soit remplacée par une grenouille, et que le contexte politique du Sud des Etats-Unis à l'époque où se déroule le film ne soit qu'effleuré, traduit probablement le fait que Disney considère qu'elle ne pourrait pas toucher un large public en procédant autrement, ce qui en dit également long sur les mentalités d'une autre époque, la nôtre, qui elle se prétend postraciale...

Il n'y a pas de "politiquement correct" ou de "bien pensance" dans ces remarques mais au contraire un constat factuel qui, apparemment, dérange certains. Continuez M. Schel et ne cédez pas à cette pensée unique du "ce n'est qu'un film".

Guy de Guisbourne

« Qu'ils aient été absents,

« Qu'ils aient été absents, jusqu'à ce film, des films Disney, symboles culturels de l'Amérique, sauf par le biais de stéréotypes raciaux bien précis, reflète les mentalités d'une époque. »
La première partie de ton message me semble tout à fait convaincante (je trouve la partie sur la grenouille et le Roi Lion à côté de la plaque).

Cependant, tu constates que les films de Disney ont repris des stéréotypes dans la société. Que la culture dont les gens s'abreuvent reflètent leurs pensées. Cela me semble tout à fait vrai. Mais est-ce que Disney était à l'époque responsable de ces préjugés ?

Je ne crois pas.

En quoi est-ce mal qu'un film relate les réalités d'une époque ? Personnellement je trouve cela très bénéfique. Tintin au Congo est truffé de clichés colonialistes, et je trouve que cela permet aux jeunes générations (dont la mienne) de mieux se rendre compte de ce qui se passait à cette époque, et pourquoi pas, de ne pas répéter les mêmes erreurs ...

pas convaincu bis

Encore un article bien français qui se veut moralisateur et donneur de leçons, un peu dans la lignée de ceux qui critiquent Avatar comment étant raciste ou communautariste.

L'argument du mot "nègre", invoqué à l'époque de Disney n'est guère recevable. Tout n'est qu'une question de contexte et à cette époque, on employait le même mot au sujet des africains en France. Disney avait des vues contestables mais il est mort depuis longtemps, Mulan, Pocahontas sont bien là pour le prouver. Ce n'est pas un film mais un dessin animé. Parle-t-on du contexte colonial dans le "livre de la Jungle"?

Et finalement qu'aurait été la teneur de l'article si la princesse avait été blanche? Je pense que c'est là la vraie question en réponse à cet article.

Tout à fait d'accord

Inadmissible que Disney bourre le cerveau de nos enfants avec ces histoires entachées de relents en tout genre... Alors que nous vivons dans un monde de paix, d'égalité, et de tolérance.

Je rêve. Vous croyez que mon fils va mal tourner parce qu'il a vu ces dessins animés ? Ne croyez-vous pas qu'au quotidien un enfant de 5 ans pose des questions tout aussi complexes et profondes sur le monde qui l'entoure ? Quand mon fils me demande "pourquoi le monsieur il dort dehors ?", "pourquoi les nounous sont toutes noires ?" (désolé c'est le quartier qui veut ça), "pourquoi tu n'aimes plus maman ?", "pourquoi les gens ils sont méchants ?" et j'en passe, vous croyez vraiment pas qu'un bon Disney a plus valeur de divertissement que de propagande ? et encore, vous ne l'avez pas emmené voir AstroBoy...

Vous pouvez ne pas aimer Disney et le décrypter selon votre regard, votre expérience, votre culture. Mais a minima construisez votre article, argumentez, étayez, et laissez un peu d'ouverture. Sinon, ça vire au pamphlet.

le roi des singes

Pour ma part, j'ai toujours été choqué que le roi des singes du livre de la jungle s'appelle Louis et joue de la trompette ça fait penser à Sartre et ces histoires de bananes à consommer sur place et tout ça pue....
après ça les apologies de la beaufitude ambiante que l'on trouve dans les commentaires ça en rajoute dans le genre droite décompléxée.... pouah !!

flatboy

Une floppée de commentaires à réaction

Qu'il est doux de lire la réaction française vilipender la "bien pensance" lorsqu'on invoque le racisme...

"Walt Disney sous-estime nos méninges / Le seul type à l'accent noir dans le Roi lion, c'est le singe !" - Hollywood du rappeur Tiers-Monde.

Le débat en France est tellement parasité d'idéologies et préconçus (untel dit quelque chose = c'est un bien-pensant de fait, sans démonstration aucune...) que ça devient fatigant de devoir déconstruire à chaque fois l'imaginaire, j'insiste L'IMAGINAIRE collectif sur le racisme pour amener à prouver son discours.

Je n'ai vu que la bande-annonce du dernier Disney, mais j'ai déjà vomi le racialisme d'Avatar, et ses défenseurs béats, ou à détracteur-réflexes de toutes les critiques portant sur son idée du vivre-ensemble nauséabonde. Les faits sont têtus, et bizarrement la contradiction latente à cette article me semble du même tonneau.

J'irais voir le film pour essayer de m'en faire une idée, comme dirait David Abiker, "je reviens vers vous".

(Et un peu de pub, ma critique de Danse avec les Schtroumpfs : http://www.autopsie-lesite.com/?p=875)

Welcome to the Streets Of Rage

Certes, je n'ai pas vu le

Certes, je n'ai pas vu le film, on pensera donc ce qu'on voudra de ce commentaire. Plusieurs choses me frappent, aussi bien dans les interventions des internautes que dans l'article de M. Schel. D'abord cette culpabilité qui s'exprime chez les bons pères de famille qui ont emmené leurs enfants voir ce film. Personne ne leur reproche rien, et certainement pas M. Schel (lisez son article) : calmons-nous donc sur le prétendu côté "donneur-de-leçons-moralisateur", insulte suprême de nos jours, et qui laisse songeur. M. Schel analyse, il a bien le droit. Heureusement, d'ailleurs, qu'il est de bons critiques pour dépasser l'aspect purement divertissant de certains films et proposer une lecture plus approfondie des idées que les images véhiculent. Mais, apparemment, dénoncer, ou plutôt signaler seulement les relents racistes d'un film comme la Princesse et la grenouille, c'est être "politiquement correct", autre insulte suprême qui laisse songeur. Soyons subversifs et anticonformistes et saluons les caricatures outrageantes. Misère de l'esprit étroit qui se donne le frisson de la subversion en refusant d'aller voir l'autre d'un peu plus près.
Quant à l'article de M. Schel, il me semble clair pour qui sait lire. Il suffit de retenir une chose : la première héroïne noire de l'histoire de Disney est transformée en grenouille au bout de vingt minutes. Au-delà même de la tradition des studios qui veut qu'on ne représente les Noirs que sous forme animale, c'est un bon moyen de ne pas montrer, justement, la première héroïne noire de l'histoire de Disney. Tout un symbole. De même qu'on ne montre pas les ségrégations qui sévissaient à l'époque. Qui ne comprend que ne pas montrer c'est annihiler? Quoi de plus violent?
Linus

P.S. : @Ariane : on ne peut "diaboliser" le racisme ordinaire, il est déjà "diabolique" par nature.
@Guille : on ne peut pas personnifier des personnages, cela reviendrait à s'enfoncer irrémédiablement dans la tautologie.

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