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Le texto présidentiel, dernière invention pour prévenir l’Amérique de l’apocalypse

Temps de lecture : 2 min

Depuis des années, le gouvernement cherche le meilleur moyen d'alerter la population en cas d’attaque imminente.

THIS IS A TEST | Jason Leung via Unsplash CC License by
THIS IS A TEST | Jason Leung via Unsplash CC License by

Ce mercredi après-midi, tous les téléphones des États-Unis ont reçu un SMS test de la Fema, l’agence fédérale qui prend en charge les catastrophes (naturelles ou pas) sur le territoire étasunien. Le message contenait ce texte: «Alerte présidentielle CECI EST UN TEST du système d’alerte sans fil national. Aucune action n’est requise».

Ce texto est en fait le dernier-né d'une série de mesures destinées à prévenir la population américaine d’une catastrophe ou d’une attaque imminente. Alors que la France se contente de sirènes sonores (celles qui sont testées tous les premiers mercredis du mois), les USA ont une longue histoire d’innovation pour alerter les habitants et les habitantes d'une apocalypse imminente.

Origine dans la guerre froide

Cette obsession a débuté dès le commencement de la guerre froide. Au début des années 1950, le gouvernement a instauré un moyen de prévenir les foyers américains d’une attaque soviétique. Le programme Conelrad prévoyait que toutes les radios et les télévisions diffusent un message lu par le populaire présentateur télé Arthur Godfrey. Le texte n’a jamais été retrouvé mais selon des témoins, il expliquait calmement et avec optimisme que la plupart des Américains et Américaines survivraient à la guerre nucléaire. Les stations radio devaient alors changer de canal pour émettre sur les fréquences 640 kHz et 1240 kHz marquées par des logos spéciaux sur tous les transistors vendus entre 1953 et 1963.

Dans les années 1970, le gouvernement a testé le système Near, probablement la plus étrange de toutes les tentatives. Ces petits buzzers disponibles pour cinq ou dix dollars, pouvant se brancher sur secteur et qui émettent une alarme lorsque le gouvernement déclenche une fréquence électrique spéciale sur tout le réseau électrique du pays. Pour le tester, des dispositifs Near ont été distribués dans une petite ville du Michigan. Ils étaient fournis avec des ballons roses, relâchés lorsque les buzzers se mettaient en marche. Perchés sur le toit du tribunal, des fonctionnaires vérifaient que tout fonctionnait bien.

Ce système a été abandonné au profit d’engins à fixer sur son téléviseur (et à acheter soi-même, encore une fois) appelé DIDS. Une petite mascotte canine accompagnait la promotion du projet et la majorité des Américains et des Américaines étaient prêtes à dépenser leurs dollars dans cette initiative. Avec le scandale du Watergate, la confiance dans le gouvernement en a pris un coup et le gouvernement a préféré ne pas poursuivre l’expérience.

Culture populaire

À partir des années 1980, la Fema a pérennisé l'Emergency broadcast system, qui diffuse un message d’alerte sur tous les canaux possibles. Pendant des années, il a souvent été utilisé pour des tests et des annonces de conditions météorologiques extrêmes, mais jamais pour une attaque majeure. C’est aussi le cas de son remplaçant, l'Emergency alert system, et ce malgré des événements tel que le 11 -Septembre ou l’assassinat de Kennedy. En effet, la couverture permanente et en temps réel des médias aurait été perturbée par l’interruption de tous les programmes, ce que le gouvernement n’a pas jugé judicieux.

Pourtant, l’écran bleu barré des mots THIS IS A TEST en lettres jaunes est devenu un élément à part entière de la culture populaire américaine. Ces même mots qui se sont affichés sur tout les écrans de téléphones portables des États-Unis ce mercredi.

Slate.fr

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