Économie

Une économie peut-elle prospérer sous une dictature?

Temps de lecture : 3 min

Regardons les exemples tirés du passé.

Jusqu'à l'effondrement | kschneider2991 via Pixabay CC License by
Jusqu'à l'effondrement | kschneider2991 via Pixabay CC License by

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plate-forme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Une économie peut-elle prospérer sous une dictature?»

La réponse de Fritz Dufour, chercheur et titulaire d'un MBA:

Pour répondre à cette question, il est important de garder à l’esprit qu’il existe deux types d’économie: l’économie centralisée et l’économie de marché.

Les principes d'une économie centralisée

Une économie centralisée est un système économique dans lequel les moyens de production appartiennent à l'État et où l'activité économique est contrôlée par une autorité centrale qui assigne des objectifs de production quantitatifs et attribue des matières premières aux entreprises productives. Dans un tel système, la détermination de la proportion du produit total utilisé pour l'investissement plutôt que la consommation devient une décision politique prise de manière centrale. Une fois cette décision prise, les planificateurs centraux élaborent l'assortiment de biens à produire et les quotas pour chaque entreprise.

Les consommateurs peuvent influencer les décisions des planificateurs indirectement si les planificateurs tiennent compte des excédents et des pénuries qui se sont développés sur le marché. Le seul choix direct effectué par les consommateurs concerne toutefois les produits déjà produits. Les prix sont également fixés par les planificateurs centraux, mais ils ne servent pas, comme dans une économie de marché, à indiquer aux producteurs de biens d’accroître ou de diminuer leur production. Au lieu de cela, ils sont principalement utilisés comme instruments des planificateurs centraux dans leurs efforts pour concilier la demande totale de biens de consommation avec l'offre disponible, permettant également des recettes à l'État.

Les systèmes communistes et socialistes sont les exemples les plus remarquables dans lesquels les gouvernements contrôlent les facteurs de la production économique. La planification centrale est souvent associée à la théorie marxiste-léniniste et à l'ex-Union soviétique, à la Chine, au Vietnam et à Cuba.

À l'inverse, une économie de marché est une économie dans laquelle les décisions concernant l'investissement, la production et la distribution sont basées sur l'offre et la demande déterminées par le marché, et les prix des biens et services sont déterminés dans un système de prix libre.

Du seul point de vue économique, il y a eu de «bons dictateurs»

Déterminer si une économie peut prospérer sous une dictature dépend de ce qui caractérise cette dernière. Est-elle en proie à la corruption, au blanchiment d’argent, au népotisme, à l’invasion fiscale par les entreprises? Ou la dictature est-elle éclairée ou progressiste?

La croissance économique est généralement inexistante sous de mauvaises dictatures ou sous toute autre forme de gouvernement non démocratique, car les pratiques mises en place sont incompatibles avec le progrès économique. Les mauvaises dictatures se caractérisent par:

- L’étatisme: un système politique dans lequel l’État exerce un contrôle centralisé important sur les affaires sociales et économiques.
- L’absolutisme: forme de gouvernement dans laquelle une ou plusieurs personnes exercent un pouvoir illimité par la loi.
- L’autocratie, où toutes les décisions sont prises par une seule personne, que ce soit par décret ou non.
- La kakistocratie: une forme de gouvernement dans laquelle les pires personnes sont au pouvoir.
- L’oligarchie, où seulement quelques privilégiés gouvernent.
- Le totalitarisme: forme extrême de gouvernement autoritaire dans lequel les dirigeants contrôlent toutes les activités des citoyens. Peu de régimes totalitaires existent aujourd'hui. Cependant, de nombreux gouvernements autoritaires modernes –tels que les dictatures militaires de certains pays africains– impliquent des éléments de totalitarisme.

Cependant, une dictature progressiste se caractérise par la modernisation et la redistribution des richesses, des soins de santé idéaux et la sécurité nationale. Le monde a, oh oui, du moins en ce qui concerne la question de l'économie, connu quelques «bons dictateurs». Parmi eux on peut citer (les données sur les PIB sont tirées de Business Insider):

- Le roi Indris (au pouvoir de 1951 à 1969), Royaume-Uni de Libye. Il a fourni une augmentation de 9,78 fois le PIB par habitant.
- Lee Kuan Yew (au pouvoir de 1959 à 1990), Singapour. Il a fourni une augmentation de 6.50 fois du PIB par habitant.
- Francisco Franco (au pouvoir de 1939 à 1975), Espagne. Il a fourni une augmentation de 4,36 fois du PIB par habitant.
- Tchang Kaï-chek (au pouvoir de 1950 à 1975), Taiwan. Il a fourni une augmentation de 3,85% du PIB par habitant.
- Juan Vicente Gomez (au pouvoir de 1908 à 1935), Venezuela. Il a fourni une augmentation de 3,78 fois du PIB par habitant.
- Park Chung-hee (au pouvoir de 1961 à 1979), Corée du Sud. Il a fourni une augmentation de 3,44 fois le PIB par habitant.
- Suharto (au pouvoir de 1966 à 1998), Indonésie. Il a fourni une augmentation de 3.29x du PIB par habitant.
- Mohammad Reza Pahlavi (au pouvoir de 1953 à 1979), Iran. Il a fourni une augmentation de 3,03 fois le PIB par habitant.
- António de Oliveira Salazar (au pouvoir de 1932 à 1968), Portugal. Il a fourni une augmentation de 2,97 fois le PIB par habitant.
- Todor Zhivkov (au pouvoir de 1956 à 1989), Bulgarie. Il a fourni une augmentation de 2,92 fois du PIB par habitant.
- Deng Xiaoping (au pouvoir de 1980 à 1997), Chine. Il a fourni une augmentation de 2,84 fois le PIB par habitant.
- Yumjaagiin Tsedenbal (au pouvoir de 1952 à 1984), Mongolie. Il a fourni une augmentation de 2,70 fois le PIB par habitant.
- Habib Bourguiba (au pouvoir de 1957 à 1987), Tunisie. Il a fourni une augmentation de 2,73 fois le PIB par habitant.

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