France Télécom: la fausse vague de suicides (MàJ)
Didier Lombard laissera sa place de n°1 en mars. Bon en chiffres, il n'aura pas su gérer l'émotion de la «vague de suicides», qui n'a pourtant jamais existé.
- -
La série noire des suicides continue de s'allonger chez France Télécom. Une salariée rattachée à la plate-forme de Lens (Pas-de-Calais) a mis fin à ses jours à son domicile, une semaine après le suicide d'un autre employé du même site.
Un salarié de 54 ans de la plate-forme client Orange France Télécom de Lens s'était suicidé dans son véhicule, en dehors de l'enceinte de l'entreprise, le 19 février. Ce nouveau drame porte à huit le nombre de suicides de salariés de l'entreprise depuis début janvier, tous en dehors de leur lieu de travail, selon les syndicats. «Cette femme d'une cinquantaine d'années était en arrêt maladie depuis plus d'un an et elle a été retrouvée morte chez elle vendredi matin», a expliqué Didier Castelain, délégué CGT de France Télécom pour la région Nord/Pas-de-Calais.«On ne peut pas accuser France Télécom d'être la cause de son suicide, mais on ne peut pour autant pas exclure qu'ils aient une part de responsabilité dans tout ça», a ajouté le syndicaliste,
Le nombre de suicides de salariés de France Télécom en deux ans (2008 et 2009) s'est établi à 35 au 31 décembre dernier, selon plusieurs syndicats
Le problème de France Télécom, c'est peut-être l'accélération, des technologies, des faits et des infos aussi. Didier Lombard pensait tenir un an comme PDG, il abandonnera le pouvoir dans un mois. Le 1er mars, il sera bien encore président du conseil d'administration, mais le véritable patron deviendra Stéphane Richard, son actuel numéro deux. Didier Lombard se voulait le champion du numérique conquérant, mais avec l'affaire des suicides, il a perdu pied. Il a confondu les chiffres et le bruit qu'ils peuvent faire. Ancien élève de Polytechnique et de l'Ecole supérieure des Télécoms, il sait bien que 1+1=2, que 2+2=4. Mais, en matière d'information 1+1 peut faire beaucoup plus de 2. Parfois, les chiffres produisent même tout autre chose que de l'information. Cela s'appelle l'émotion, et avec ça, Didier Lombard a du mal. La «vague de suicides de France Télécom» n'a pas eu lieu, mais tout le monde a en tête qu'elle a existé.
Un suicide...
Reprenons l'affaire. Elle démarre en 2006, quand Pierre Morville, délégué central CGC-Unsa de France Télécom, et Patrick Ackermann, son alter ego de SUD, monte l'Observatoire du stress. Quand le cabinet Forrester Research parle de suicide dans les télécoms, il évoque celui des opérateurs historiques confrontés à l'arrivée d'une offre conjointe téléphone-internet-télévision. Les deux syndicalistes, eux, craignent des suicides bien réels. Pour faire les choses sérieusement, ils s'entourent de quatre sociologues, de deux ergonomes, d'un psychiatre, d'un économiste et démarrent la collecte des infos. Deux ans plus tard, en février 2008, démarre un comptage des suicides. Pourquoi février 2008? Parce qu'il n'y en a pas eu en janvier. «Le 19 [février 2008], un technicien de l'UI Centre Val de Loire (site d'Amboise) se suicide après quatre mois de maladie (DT NOC)», signale le document baptisé Recensement des suicides et tentatives de suicides à France Télécom, sans plus de précisions. Il s'agit du premier cas recensé par l'Observatoire.
... Une «vague» médiatique
Le 19 mai 2009, un gros dossier de France Soir démarre lui le comptage médiatique: 17 suicides en quinze mois. Enfin, le titre de l'article principal évoque «17 suicides». Le sous-titre nuance: «17 suicides ou tentatives de suicides depuis quinze mois.» Le corps de l'article se veut plus précis, si l'on ose dire: «En l'espace de quinze mois, dix-sept salariés de l'entreprise ont tenté de mourir, commettant un geste désespéré qui a été fatal à huit d'entre eux.» Pourquoi compter sur 15 mois? Parce que le point de départ est celui fixé par L'Observatoire du stress, février 2008. Pourquoi reprendre 17 suicides, puis 18, 19, 20... Personne ne se pose la question. Pierre Bourdieu appelait ce phénomène «l'information circulaire». Chacun copie sur son voisin et le chiffre devient véridique à défaut d'être vrai.
Que fait la direction de France Télécom? Loin d'éluder le sujet, Laurent Zylberberg, le directeur des relations sociales, répond aux questions de France Soir. Il «estime même [que] lorsqu'un de nos collaborateurs met fin à ses jours, peu importe qu'il mette ou non en cause sa hiérarchie; dans tous les cas, je ne peux ni ne veux exclure, a priori, les conditions de travail comme une des raisons possibles de ce geste. Si quelqu'un accuse sa hiérarchie, l'important n'est pas que ce soit vrai ou non, mais qu'il le pense: cela veut dire qu'on a loupé quelque chose. C'est un drame pour sa famille, mais aussi pour l'entreprise». Mais sur les nombres pas un mot.
Il faut ensuite attendre le 14 juillet pour voir l'émotion monter dans l'opinion publique. Ce jour-là, un employé met fin à ses jours, à Marseille, et laisse une lettre à sa famille. Il écrit: «Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom, c'est la seule cause», rapporte le Nouvelobs.com. Patrick Ackermann note que «18 tentatives de suicides et 10 tentatives de suicide ont eu lieu depuis février 2008». A partir de ce moment, la machine médiatique est lancée, 1+1 ne font plus deux et personne ne maîtrise plus rien. Ni les syndicats, ni la direction, ni le gouvernement. L'expression «vague de suicides à France Télécom» s'installe dans les médias et dans les esprits.
Les chiffres vs l'émotion
Il faut se montrer particulièrement insistant auprès des syndicats, qui s'en tiennent aux chiffres de l'Observatoire du stress, et de la direction pour se faire une opinion. Nous obtiendrons finalement une série de chiffres auprès de la direction. Non contestée à ce jour, elle permet de mesurer l'ampleur du phénomène. Elle paraîtra début octobre chez Rue89, sans convaincre. Que dit-elle? L'entreprise a enregistré 28 suicides (soit un taux de 21 pour 100.000) en 2000, 23 en 2001 (18/100.000), 29 en 2002 (24/100.000), 22 en 2003 (19/100.000). Après, la série s'arrête sans explication. Compte tenu de la structure d'âge, du sexe (73% d'hommes, 37% de femmes), du fait que par définition les salariés de France Télécom ont un travail, le taux de suicide devrait se situer autour de 37 pour 100.000, selon une étude de l'Ined. Pierre Morville assure que 34 salariés se seraient donnés la mort en 2007, ce qui en ferait la seule année où le taux de l'entreprise serait proche de la moyenne nationale. Mais la question des chiffres n'intéresse pas la presse.
Pourquoi compter ou décompter quand une jeune femme de 32 ans se jette par la fenêtre d'un immeuble de France Télécom dans le XVII° arrondissement de Paris? La «vague de suicides» est médiatique, elle ne s'arrêtera pas. Le 20 octobre 2009, René Padieu, inspecteur général honoraire de l'Insee, en d'autres termes statisticien à la retraite, rédige une chronique dans La Croix pour décortiquer les chiffres. Sa conclusion choque : «On se suicide plutôt moins à France Télécom qu'ailleurs.» Les syndicats de l'Insee s'insurgent. Entre la réalité des chiffres et l'émotion, le choix est vite fait. Et pourtant, il n'y a pas eu de vague de suicides, mais plutôt un reflux. En décembre 2009, à la demande de l'Inspection du travail, la direction accepte enfin de réaliser un décompte. Elle estime que 32 salariés en deux ans (13 en 2008 et 19 en 2009) se sont tués, sans que l'on puisse déterminer si les conditions de travail sont une cause première ou secondaire. Seize par an ou 16/100.000 en moyenne sur deux ans: nous sommes loin d'une situation alarmante.
Pas de thermomètre social
Aujourd'hui, alors que des négociations ont démarré pour trouver des solutions, les syndicats insistent pour dire que la question des suicides est «secondaire», qu'il s'agit d'un «symptôme». Soit. De son côté, la direction découvre qu'il est grand temps de trouver des indicateurs pour mesurer le malaise des gens. Il est vrai que l'administration France Télécom ne disposait ni de CE ni de CHSCT. Comme si cet arsenal était inutile dans une administration qui, c'est bien connu, dorlote les fonctionnaires. Il y a quatre ans, les instances ont été mises en place, mais pas le baromètre qui permet dans de prendre la température sociale. Cela va se faire dans les mois à venir, promet la direction.
Il y a urgence, car le malaise existe bel et bien comme l'a souligné une étude du cabinet Technologia. On peut même avancer une explication au-delà des bouleversements technologiques, du changement de statut ou de la concurrence. En 1996, Michel Bon, l'ancien patron de Carrefour, venu à France Télécom pour insuffler un esprit d'entreprise, met en place une caisse de préretraite. L'idée est de résorber les sureffectifs nés du Plan téléphone des années 1970. A l'époque, tous les foyers voulaient le téléphone. Il fallait enfouir des milliers de kilomètres de câbles et raccorder des millions de foyers. Les embauches de fonctionnaires se compteront par dizaine de milliers. Au milieu des années 1990, tout le monde dispose du téléphone. Michel Bon, les syndicats et l'Etat mettent sur pied un «congé de fin de carrière» qui offre une porte de sortie confortable aux plus de 55 ans: 85% du salaire pendant 10 ans. La facture s'élève entre 7 et 8 milliards d'euros. Seulement voilà, le 31 décembre 2006, le plan Bon s'arrête alors que 42.000 personnes ont profité de l'aubaine.
Pour Pierre Morville, l'atmosphère change du tout au tout:
Les salariés de France Télécom savent de quoi ils parlent en matière de mutation. Nous étions une administration, nous sommes devenu une des premières capitalisations boursières du CAC40. Jusqu'en 2006, France Télécom propose un départ digne à ceux qui le souhaitent. Ensuite, le management devient plus brutal. A 38 ans, une femme a fini sa carrière et à 53 ans, on pousse les hommes vers la porte. Nous devons trouver un dispositif qui nous permette de réduire les effectifs en douceur et pas à la hussarde durant les trois ou quatre prochaines années.
Pour trouver une solution, les syndicats et la direction se retrouvent régulièrement depuis des semaines, sans avancer. Le changement à la tête de l'entreprise devrait se traduire par un changement de climat. «On ne parle plus avec lui», lâchait récemment un syndicaliste considérant que Didier Lombard était depuis longtemps inexistant. A l'inverse, Stéphane Richard apparaît comme un virtuose du dialogue social. «En tout cas, ça va nous changer. Au moins, il écoute.»
Philippe Douroux
Image de une: Didier Lombard, le 18 janvier 2010. REUTERS/Charles Platiau
Mis à jour le 27/02/2010 à 10h54











































La vague de suicides est peut être médiatisée mais malgré toutes les statistiques du monde elle est bien réelle.
Des personnes, des êtres humains se donnent la mort à cause de conditions de travail dégradées et même avilissantes qui poussent toujours à vendre plus (et à vendre n'importe quoi à n'importe qui), à faire plus dans tous les domaines, pour un personnel déja stressé par sa vie quotidienne.
Le fait que Lombard saute ne changera surement rien à ces conditions (qui sont au passage présentes dans pas mal de grandes entreprises) mais montre qu'il y une fois de plus un réel problème.
Dans le service où ma mère travaille, les managers avaient dit que les questionnaires devaient être remplis hors du temps de travail, alors que ceux ci concerne l'entreprise entière.
Après qu'on ne viennent pas dire que le suicide est "normal", et pas qu'à France telecom...
Vague ou pas, la politique du chiffre et de l'évaluation tue. Tout cela est le résultat d'une politique de management désastreuse.
Sur ce sujet se tient un forum ce Dimanche 7, à la Mutualité et présidé par Bernard Henry Lévy.
forumpsy.wordpress.com
Que dire alors de la baisse du nombre de suicides?
Philippe Douroux
Bonjour,
Il s'agit bien d'une vague même si, statistiquement, FT est en dessous de la moyenne. D'ailleurs, est-ce un argument suffisant pour taire les dérives managériales qui se développent chez FT depuis près de 15 ans?
Il s'agit bien d'une vague qui eut pu être un tsunami. Ancien de chez FT, je ne dois ma survie qu'à une opportunité de quitter une entreprise au climat délétère. Cette chance s'est présentée quand je cherchais où accrocher la corde. Combien d'autres ont été dans la même situation? Beaucoup, probablement.
Alors, de grâce, ne minimisez pas le phénomène en le réduisant à de simples statistiques. Cherchez plutôt à savoir pourquoi ceux qui sont passés à l'acte l'ont fait et comment beaucoup d'autres employés ne l'ont finalement pas fait alors qu'ils étaient au bout du rouleau.
Cordialement.
Une petite rectification par rapport au congé de fin de carrière (précision certes futile par rapport au sujet de votre article) : il fallait atteindre les 55 ans au plus tard le 31/12/2006. Accepter c'était 70% du salaire fixe jusqu'à 60 ans, car accepter ce plan supposait accepter de prendre sa retraite à 60 ans, nombre de trimestres pour le "taux plein" atteint ou non. Plus une indemnité de 70% du dernier salaire fixe annuel.
Donc ces conditions s'appliquaient sur 5 années. En annualisant l'indemnité sur ces 5 ans, celà représente 84,2% du dernier salaire fixe sur 5 ans, pas sur 10 ans. Pour un cadre commercial dont la part variable pouvait atteindre 25% du salaire fixe, le départ en CFC représentait une perte de pouvoir d'achat conséquente. Le prix à payer pour rester cohérent et dans le sens de l'Histoire...
1-tous les managers devaient "conseiller" le CFC à leurs collaborateurs dans la tranche d'âge.
2- cette tranche d'âge a été massivement recrutée à partir du début du 7ème plan. il nous était expliqué que les 2 T de PTT avait besoin de jeunes cerveaux pour rattraper le retard du pays en télécom. Irronie de l'histoire, cette classe d'âge a dû partir pour que FT puisse s'adapter rapidement au nouveau contexte.
Merci pour ces précisions que je prendrais en compte, si je dois revenir sur ce sujet. Il faut vérifier et revérifier sans cesse.
Philippe Douroux
Merci à Slate pour ces articles sur la vague de suicides chez FT, qui sont une lumière de rationalité dans une France qui s’enfonce chaque jour de plus en plus dans l’irrationnel, se saoule d’émotions. Le pays de Descartes, Voltaire, Pasteur retourne au Moyen Age.
On peut noter quelques jalons historiques de cette inexorable dérive : la rumeur d’Orléans, l’affaire de Bruay en Artois, et plus récemment les invraisemblables affaires Baudis et d’Outreau.
Ceci alors qu’une majorité d’une classe d’âge arrive au niveau du baccalauréat, au prix d’un effort financier et humain d’une ampleur que n’aurait imaginé pas un progressiste du début du vingtième siècle. .
Au lieu de:"une majorité d’une classe d’âge arrive au niveau du baccalauréat,", il faudrait plutôt écrire: on a rabaissé le baccalauréat au niveau de la majorité d'une classe d'âge!
Le plus triste dans cette affaire, c'est de voir comment des journalistes complaisants peuvent construire une affaire de toute pièce. Pourquoi nous parle-t-on de cette vague de suicide qui n'existe pas ? Un gars qui est mal dans son travail n'a qu'à changer, toute l'entreprise ne peut pas changer pour lui. C'est une forme de vengeance des médias qui condamnent une entreprise qui a dû s'adapter (et qui d'ailleurs a coûté très cher aux français).
Bonjour,
Mais c'est ce qu'ils ont fait : ils sont partis, DEFINITIVEMENT.
Quand une entreprise se vante d'avoir fait changé de métier à 70000 (oui, soixante dix mille !) employés en moins de 3 ans, comment croyez-vous que cela se soit passé? Nous ne sommes pas dans le monde idéal de Oui-Oui où "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Il arrive un temps où cela se paye.
Alors, épargnez-nous vos avis sur les sujets que vous ne connaissez, au mieux, que par ouï-dire et vos arguments oiseux. Vous oubliez trop facilement qu'il s'agit d'êtres humains.
Mais il est vrai que de nos jours cet aspect des choses n'est pas assez "rentable" pour que cela intéresse qui que ce soit. En tout cas, pas vous.
Et malgré l'antipathie que votre commentaire m'amène à avoir pour vous, je ne vous souhaite pas de vivre ce que mes collègues et moi avons vécu. Non, je ne vous le souhaite pas.
Cordialement (quand même).
Il se trouve que mon père était salarié de France Télécom et a été délégué CFDT pendant toute sa carrière. Je connais très bien la prime au moins-faisant qui a marqué France télécom pendant des années. Je vous souhaite de travailler heureux dans une PME de 5 personnes où on respecte le client et où, quand il n'y a plus de commande, on est encouragé à aller pointer à Pôle Emploi avec de maigres indemnités. Cette manière de s'apitoyer sur son sort et d'appeler les médias à la rescousse est indécente et totalement irrespectueuse vis à vis des gens qui ont des statuts bien plus fragiles que le votre et ils sont légion. Et quand on réfléchi, quand même, on comprend que cette flexibilité qui est imposée aux petits est le prix à payer pour garantir des statuts privilégiés à d'autres. Et si on réfléchi encore un peu, on se dit qu'un homme vaut pour ce qu'il FAIT de sa vie. Je préfère 100 fois ma précarité à vos ulcères ou dépressions. Bonne journée.
@JBoss
Dixit : Un gars qui est mal dans son travail n'a qu'à changer, toute l'entreprise ne peut pas changer pour lui.
Donc si les propos des journalistes complaisants ne vous plaisent pas vous n'avez qu'à changer de journal, tout un journal ne va pas changer juste pour vous.
1) Bel argumentation autour du 1+1=2 mais c'est un discours inutile. Les chiffres restent les chiffres, 1 pomme+1 pomme ça reste 2 pommes qu'on ai faim ou pas. La compréhension de ce que les chiffres signifient c'est autre chose. Et sortir des chiffres hors contexte est une spécialité prisée par beaucoup de monde.
2) Certes il y a moins de suicide chez France Telecom qu'ailleurs (dixit les chiffres) mais 1 suicide ça reste 1 suicide de trop.
Les salariés de FT ont été longtemps dans une situation enviable par rapport à beaucoup de salariés du privé: sécurité du travail, salaires corrects, retraite de fonctionnaire, et un niveau de suicide important signifie clairement que le niveau de stress a subitement explosé!
Alors les considérations statistiques sont oiseuses et inconvenantes: 17 ou 23 ou 19 suicides, peu m'importe le chiffre, ce sont autant de drames et la corrélation avec un changement de statut et de mode de management chez FT est trop évidente pour être contestée!
Quand à la remarque : "un gars mal dans son travail n'a qu'à changer", elle témoigne soit d'une profonde méconnaissance du monde du travail, soit d'un mépris profond pour les êtres humains!