Boire & manger / Culture

Le premier musée de la nourriture dégoûtante va bientôt voir le jour

Temps de lecture : 2 min

Il vise à nous interroger sur l’idée que l’on se fait du dégoût

Un Khach, met traditionel du caucase à la tête d'agneau | Anja Barte Telin https://www.anjabartetelin.com
Un Khach, met traditionel du caucase à la tête d'agneau | Anja Barte Telin https://www.anjabartetelin.com

La ville de Malmö, en Suède, va accueillir un musée unique en son genre: le «Disgusting food museum», ou Musée de la nourriture dégoûtante. Il ouvrira le 31 octobre mais pour trois mois seulement, jusqu’à la fin du mois de janvier 2019. Le nom du musée ne laisse que peu de suspens sur ce qui s’y trouvera. Au menu, quatre-vingts spécialités culinaires que le monde n’envie pas.

Parmi les plats exposés, du Hákarl, le doux nom d’une friandise islandaise qui consiste en une assiette de requin fermenté (moisi). Du Durian, un fruit du sud-est de l’Asie connu pour son odeur pestilentielle. L’Italie est représentée par le Casu Marzu, un fromage dans lequel on peut trouver des petits asticots vivants. On s’arrêterait bien là dans la description, mais difficile de ne pas parler du pénis de taureau cru et de la bouteille d’alcool pleine de cadavres de souriceaux.

La nourriture sera changée tous les jours et conservée dans des bocaux spéciaux qui évitent aux odeurs nauséabondes de trop se répandre. Le surströmming, un plat suédois à base de harengs fermentés, a apparemment présenté un challenge particulièrement difficile. On veut bien le croire vu la tête que font les dizaines d’imprudents qui se filment en train d’en déguster sur YouTube.

Spécialiste des musées originaux

Le conservateur de ce musée hors norme est Samuel West, un psychologue américain qui avait déjà su faire parler de lui lorsqu’il avait ouvert le Museum of failure, dédié aux inventions ratées. Situé lui-aussi en Suède, cet établissement avait vite fait des émules et ouvert des franchises à Toronto, Los Angeles et bientôt à Shanghai.

«Les deux concepts sont fun mais on peut plus facilement s’identifier au musée de la nourriture. Et puis c’est compliqué de renifler les échecs, alors que quand vous avez un requin moisi devant vous, vous désirez ne jamais être venu au monde», a déclaré West à The Local, un journal suédois.

Le musée n’est pas uniquement pensé pour être divertissant. L’idée est aussi d’interroger le concept de dégoût. Pierre Breteau prédisait sur Slate que d’ici 2050, nous mangerons tous et toutes des insectes. Et pour nous faire à l’idée de consommer cette source de protéines plus écologique, il faudra outrepasser le blocage psychologique qui veut que «les insectes, c’est dégoûtant».

Slate.fr

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