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Dans ce café, la clientèle paie avec ses données personnelles

Temps de lecture : 2 min

La chaîne japonaise Shiru Café offre des boissons gratuites aux étudiantes et étudiants, qui en échange donnent des informations sur leur identité.

Un café? Aucun problème, il faut juste donner votre adresse en échange. | Kody Dahl via Unsplash License by

Pour avoir un verre au Shiru Café, pas besoin de monnaie. Vos noms, prénoms, date de naissance, adresse mail, numéro de téléphone, ou encore intérêt professionnel suffiront. Cette chaîne de cafés japonaise possède une vingtaine d'établissements au Japon et en Inde, et en a ouvert un cette année à Providence, aux États-Unis, au sein de l'université de Brown, rapporte la National Public Radio (NPR). Car ces cafés ont une autre particularité: ils ne sont ouverts qu'aux étudiants, et aux personnes travaillant au sein des facultés.

Avant de commander une boisson au Shiru, les clients remplissent un formulaire en ligne. Les données qu'ils y inscrivent sont transmises à des entreprises «sponsors», qui paient le café pour avoir accès à ces informations. «Grâce à cette boisson gratuite, nous essayons de donner aux étudiants des informations exclusives, que certaines compagnies souhaitent leur résever, de façon à diversifier les choix de leur future carrière», détaille le Shiru Café sur son site.

Les étudiants reçoivent par la suite des publicités ciblées sur leur téléphone, des sondages, ou des idées d'applications à installer. Dans le café, des écrans diffusent des messages émanant des entreprises partenaires du Shiru, et même les serveurs sont formés pour parler de celles-ci à leurs clients. Si l'établissement installé à l'université de Brown n'a pas encore de sponsor, car il s'est installé récemment, certains Shiru en Inde et au Japon travaillent avec des compagnies comme Microsoft, Nissan, ou Suzuki, précise NPR.

Selon la directrice adjointe du café de Providence, les étudiants ne rechignent pas spécialement à délivrer leurs informations personnelles. NPR a notamment rencontré une étudiante en environnement, qui ne perçoit pas de risque dans cette démarche, dans la mesure où ses données sont déjà «accessibles sur Linkedin, ou en un clic sur Google». «Si les données sont déjà collectées, pourquoi ne pas en profiter pour avoir un café gratuit», remarque le New York Mag.

D'autres étudiants se montrent plus sceptiques, note toutefois le magazine, et certains professeurs également. Nicholas Tella, directeur de la sécurité des informations au sein d'une université privée installée sur un campus de Providence, confie à NPR: «S'ils donnent quelque chose gratuitement, cela signifie que les données qui sont collectées, peu importe à qui elles sont destinées, ont plus de valeur que le produit offert.»

Jacob Furst, professeur d'informatique, remarque de son côté, dans le New York Mag, qu'en se connectant au wi-fi gratuit du café, les étudiants exposent un large panel de données. Et selon lui, même si Shiru garantit l'anonymat de celles-ci, il ne sera pas difficile pour les sponsors de faire coïncider certaines d'entre elles.

Plusieurs Shiru Cafés ouvriront bientôt à Yale, Princeton ou encore Harvard. De quoi donner, sans trop d'effort, de l'inspiration aux scénaristes de Black Mirror.

Slate.fr

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