Société / Monde

Pour la première fois, un traité protège les militants écologistes en Amérique latine

Temps de lecture : 2 min

Quatorze pays latino-américains et des Caraïbes ont signé l'accord d'Escazú, adopté en mars dernier.

Une manifestation écologiste au Costa Rica | MAYELA LOPEZ / AFP
Une manifestation écologiste au Costa Rica | MAYELA LOPEZ / AFP

En à peine deux jours, quatorze pays d'Amérique latine et des Caraïbes ont aposé leur signature à l'accord d'Escazú. Élaboré en mars dernier, ce traité est ouvert à ratification depuis le 27 septembre. Il porte sur «l’accès à l’information, la participation publique et l’accès à la justice à propos des questions environnementales». Parmi les signataires, on trouve le Brésil, l'Argentine, le Guatemala ou encore le Mexique.

Par ce traité, les États s'engagent notamment à protéger les défenseurs de la cause environnementale. En 2017, plus de 200 militants écologistes ont en effet été assassinés dans le monde, rappelle El País, dont 60% en Amérique latine et dans les Caraïbes. Pour les protéger, l'accord d'Escazú demande aux pays de leur garantir «un environnement sûr», de manière à que soient préservés «leur droit à la vie, à l'intégrité personnelle, leur liberté d'expression et d'opinion, leur droit de réunion et d'association pacifique, et leur droit de circuler librement».

Au-delà de la protection des militants, le traité oblige également ses signataires à faciliter l'accès à l'information de la population sur les questions environnementales, ou encore à mettre en place des organes spécifiques pour que la justice en la matière soit garantie.

Un traité en principe contraignant

«Novateur», «historique»... La secrétaire de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes à l'ONU, Alicia Bárcena, ne tarit d'éloges à propos de ce traité. Pourtant, les principaux concernés restent prudents: «Pour le moment, c'est beaucoup de rhétorique, mais peu d'explications sur ce que ça signifie, regrette Billy Kyte, de l'ONG Global Witness, dans El País. Le traité contient peu d'informations sur les mesures concrètes que devront appliquer les gouvernements.»

Mêmes inquiétudes du côté du Centre des droits de l'Homme Antonio Esteban: «Si les autorités ne reçoivent aucune pression, les choses ne changeront pas, et ce malgré la signature de cet accord», prévient Violeta Valdés, secrétaire technique de cette association qui porte le nom d'un militant écologiste assassiné en 2014.

Mais Alicia Bárcena assure que cet accord est «contraignant»: «Une fois que les pays rejoignent ce traité et le ratifient, des mesures sont prises pour prévoir d'éventuelles sanctions, et pour que les autorités internationales puissent agir contre les États qui ne respecteraient pas leur engagement». Des mesures qui ne sont toutefois pas précisées au sein-même de l'accord.

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Les autres États qui souhaiteraient signer cet accord peuvent encore le faire, et ce jusqu'au 26 septembre 2020.

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