Sciences / Société

Les conséquences de l'honnêteté examinées par la psychologie

Temps de lecture : 2 min

Deux chercheuses américaines affirment que nous surestimons négativement les conséquences de l'honnêteté.

Posez-vous sur un banc et discutez  | Daniel Fazio via Unsplash CC License by
Posez-vous sur un banc et discutez | Daniel Fazio via Unsplash CC License by

Raconter à l'un de ses proches que son partenaire est infidèle, confier à une amie qu'elle devient radine et égoïste, dire à quelqu'un «Je t'aime» pour la première fois. Être honnête peut sembler difficile, voire inconfortable. Pourtant, l'honnêteté reste un pilier de la philosophie morale, des religions et de la plupart des cultures. Il est jugé important de se connaître et de connaître les autres.

Pourquoi sommes-nous capables d'aboyer sur un inconnu qui ne traverse pas dans les clous, mais pas d'être honnête avec nos proches? Deux chercheuses en psychologie se sont récemment intéressées à cette problématique, Emma Levine et Taya Cohen, dans l'ouvrage scientifique Vous pouvez voir la vérité en face: la mauvaise prédiction des conséquences d'une communication honnête.

Des conséquences plus positives qu'on ne le pense

Publiée dans le Journal de la psychologie expérimentale, l'étude compare les conséquences réelles et supposées de l'honnêteté dans la vie quotidienne. Elle se base sur plusieurs expériences: l'une dans laquelle les volontaires ont été enjoints à être honnêtes dans toutes leurs interactions sociales pendant une période limitée; une autre où les participants et participantes ont dû engager une conversation particulière qu'ils ou elles redoutaient; une dernière dans laquelle les individus étaient choisis au hasard pour être soit honnêtes, soit gentils, soit posés dans toutes leurs conversations et interactions sociales pendant trois jours.

Les deux chercheuses ont ensuite analysé les conséquences de ces différentes expériences en demandant aux volontaires, mais aussi à leurs proches, un retour. «Se concentrer sur l'honnêteté (mais pas la gentillesse ou la communication-consciente) est plus agréable, socialement connectant, et fait moins de mal que ce que les individus craignaient», peut-on lire. Selon Emma Levine et Taya Cohen, si les personnes mésestiment la réaction de leurs proches à l'honnêteté, c'est qu'elles sont persuadées que les individus y réagissent mal, de manière générale. Elles jugent donc a priori ses conséquences négatives.

Il y a plusieurs explications possibles, détaillent les chercheuses. Les personnes peuvent déduire que les autres ne veulent pas qu'elles soient honnêtes parce qu'elles n'observent pas ce type de comportement dans leur environnement. Elles supposent donc qu'esquiver la franchise est une norme universelle.

Ensuite, elles pourraient être excessivement préoccupées par la manière dont les autres peuvent réagir à l'information partagée, sans prendre en compte le contexte plus large et positif dans lequel elle est partagée: l'intention de la personne ou encore la qualité de la relation.

Enfin, comme les gens évitent, généralement, d'être honnêtes, ils obtiennent rarement un retour sur les conséquences de cette attitude. Ce qui peut rendre plus difficile le fait de corriger ses préjugés sur l'honnêteté.

Pratiquer l'honnêteté

Emma Levine et Taya Cohen n'ont pas cherché à comprendre quel type de personnes avait tendance à être plus honnête ou à apprécier l'honnêteté, mais elles pensent que la pratique est le meilleur moyen de s'améliorer sur le sujet.

«Plus l'honnêteté est pratiquée, plus on peut réaliser que nos préjugés sur les conséquences négatives d'un tel comportement sont faux», insiste Emma Levine auprès de Quartz. Elle incite aussi à recueillir l'avis de son entourage, pour évaluer si on a pu être trop dur ou trop direct.

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