Médias / Monde

L'Assemblée générale des Nations Unies rit de Trump, pas Fox News

Temps de lecture : 2 min

Une scène, plusieurs traitements médiatiques.

Rira bien qui rira le dernier, Donald Trump devant l'assemblée des Nations Unies le 25 septembre 2018  | Timothy A. Clary / AFP
Rira bien qui rira le dernier, Donald Trump devant l'assemblée des Nations Unies le 25 septembre 2018 | Timothy A. Clary / AFP

Le Mexique, l'Iran, l'Opec, Daech, la Chine, surtout la Chine, «se moquent de nous» se plaît à répéter le président Donald Trump. Par ce «nous», il désigne surtout la part de la population américaine qui ne pense pas comme lui. En revanche, Trump est visiblement moins habitué à ce qu'on se moque de lui face-à-face. C'est pourtant l'accueil qui lui a été réservé lors de son discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies, ce 25 septembre.

Au cas où vous auriez raté la scène, rembobinage:

Irréductible Fox News

«En moins de deux ans, mon administration a accompli plus que quasiment toute autre administration dans l'histoire de notre pays», a-t-il lancé, déclenchant une première salve de rires, encore timides. «Les États-Unis sont... C'est si vrai», a-t-il poursuivi, entraînant des rire plus francs dans la salle. Le président lâche alors, décontracté: «Je ne m'attendais pas à cette réaction, mais d'accord.» Et l'assemblée s'emballe.

Trump reprend son discours, imperturbable. Il évoque la grandeur de l'Amérique, les progrès de son économie, prétend avoir démarré la construction de son mur à la frontière mexicaine et défend son idéologie patriotique –«nous rejetons l'idéologie de la mondialisation et étreignons celle du patriotisme». Il fustige également l'Iran avant de promettre de réduire le budget d'aides internationales américain.

Ce qui a été retenu par la grande majorité des médias? Ces fameux rires de l'assemblée au début de sa prise de parole. Sauf chez les irréductibles de Fox News.

Pour les dix-huit millions de personnes qui suivent le compte Twitter de la chaîne de télévision conservatrice, tout s'est bien passé, a remarqué un journaliste du Washington Post, Aaron Blake. Alors que Fox News tweetait l'intégralité du discours par petits morceaux, elle a judicieusement coupé les rires de la salle.

«Le compte Twitter de la Fox a diffusé ce que Trump a dit immédiatement avant ET après les rires.»

Le lendemain, il a été un peu plus ardu pour la chaîne de faire comme si de rien n'était. Elle publie alors deux articles qui tournent la situation à l'avantage du président. D'abord, un récit centré sur le discours: «Trump balaye les rires de l'audience des Nations Unies et insiste sur “l'Amérique d'abord”». Puis, Christian Whiton, éditorialiste, prend le relais: «Les élites peuvent rire mais les Américains sont capables de voir au-delà». En substance, le président ne fait rien comme ses prédecesseurs à la solde des autres puissances mondiales; au contraire, il inflige une correction à l'Iran et protège les intérêts des citoyennes et citoyens américains.

Le magazine Fast Compagny adopte une autre approche et déterre un vieux tweet de Trump, en notant ironiquement: «Au moins, il n'y a pas de tweet du président, venu du passé, qui permette de faire un contrepoint ironique a ce qu'il s'est produit aujourd'hui

«Nous avons besoin d'un président qui ne soit pas la risée du monde entier. Nous avons besoin d'un vrai chef, un génie de la statégie et de la conquête. Respect!»

Slate.fr

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