Société / Monde

Aux États-Unis, les millennials divorcent moins que les baby boomers

Temps de lecture : 2 min

Entre 2008 et 2016, le taux de divorce américain a diminué de 18%.

«La population mariée vieillit et est plus éduquée», assure Philip Cohen, sociologue  | Lucasprado Arruda via Unsplash CC License by
«La population mariée vieillit et est plus éduquée», assure Philip Cohen, sociologue | Lucasprado Arruda via Unsplash CC License by

En 1975 en France, la loi Veil légalisait le divorce par consentement mutuel. Aux États-Unis, le même type de loi a émergé État par État dans les années 1960. Dans les décennies qui ont suivi, le taux de divorce augmentait alors chaque année.

Sauf que depuis 2008, la courbe s'est inversée. Les moins de 45 ans prennent le contre-pied de leurs aînés en restant mariés. La génération des babyboomers avait plutôt tendance à se marier jeune, divorcer, se remarier et pourquoi pas plusieurs fois. La génération X et encore plus les millennials ont au contraire plutôt tendance à se passer la bague au doigt à un âge plus avancé, après qu'études, carrière et finances soient maîtrisées. C'est ainsi que le sociologue Philip Cohen analyse la baisse de 18% du taux de divorce américain entre 2008 et 2016.

L'accomplissement d'un statut

Auparavant, les hypothèses des démographes pour expliquer cette diminution se portaient plutôt sur le vieillissement de la population, étant donné que les personnes âgées ont moins de chance de divorcer. Philip Cohen a pris en compte ce facteur pour ajuster les chiffres du Census Bureau, l'équivalent de notre Insee, mais aboutissait toujours à un différentiel de 8%.

De plus, les baby boomers continuent de divorcer même quand ils et elles entrent dans leur soixantaine ou plus. De 1990 à 2015, le taux de divorce a même doublé pour les 55-64 ans et triplé pour les plus de 65 ans.

«L'une des raisons pour expliquer ce déclin [des divorces] est que la population mariée vieillit et est plus éduquée», assure Cohen. De moins en moins de personnes font aujourd'hui le choix de se marier et celles qui le font sont moins susceptibles de divorcer. «Le mariage est de plus en plus l'accomplissement d'un statut, plutôt que quelque chose que les gens font peu importe comme ils se sentent», précise le sociologue au magazine Bloomberg.

Révélateur d'inégalités sociales

«Les États-Unis progressent vers un système dans lequel le mariage est plus rare et plus stable que par le passé, représentant un composant central et en progression de la structure de l'inégalité sociale», écrit Cohen dans son analyse.

La population américaine plus pauvre et moins éduquée aurait tendance à ne plus se marier et simplement choisir de vivre ensemble, y compris pour élever des enfants. D'autres études, citées par le chercheur, ont montré que ces choix de relations sont aussi moins stables qu'auparavant.

Si les Américains et Américaines continuent de suivre ce modèle, il est certain que le taux de divorces va continuer de décliner dans les années à venir, assure le chercheur. Le mariage deviendrait une institution plus exclusive, symbole de stabilité mais aussi d'inégalités sociales.

Slate.fr

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