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Le nouveau visage des avortements clandestins

Temps de lecture : 2 min

Alors que le droit à l’IVG est menacé aux États-Unis, des activistes s’organisent, en proposant des solutions parfois risquées.

Des  | Rawpixel via Unsplash CC License by
Des | Rawpixel via Unsplash CC License by

Des récentes manifestations argentines pour la légalisation de l’avortement aux rassemblements d’hommage à Simone Veil, le cintre reste un symbole. Celui des avortements clandestins qui, selon le planning familial tuent encore aujourd’hui 300.000 femmes par an dans le monde, soit une toute les neuf minutes.

En 1973, l’arrêt Roe v. Wade de la cour suprême des États-Unis a permis aux États américains d’autoriser l’avortement. Depuis, si des avancées ont bien eu lieu, l’accès à l’IVG reste difficile, y compris dans les États où il est légal. Beaucoup craignent que la situation empire si Brett Kavanaugh, un catholique conservateur, accède, comme le voudrait Donald Trump, à la Cour Suprême.

Guides d'utilisation

Aujourd’hui, aux États-Unis, les avortements clandestins se pratiquent moins avec l'aide de médecins prêt à braver les interdictions locales qu'en solitaire, les femmes ayant recours à des produits comme le mifepristone et le misoprostol. Ils permettent d’avorter soi-même, sans procédure médicale invasive, mettant fin à environ 95% des grossesses. Pour guider les personnes qui voudraient avorter de cette manière, des sites Internet comme WHW (Women help women) fournissent des guides pour pouvoir limiter les risques, se procurer les produits nécessaires et savoir que dire à un ou une médecin dans le cas où on se trouverait dans un État où l’avortement est illégal.

D'autres sites, dont SASS (Self-managed absorption, safe and supported), un projet de WHW, proposent une sorte de hotline où l’on peut poser des questions plus spécifiques à des spécialistes basés en dehors des États-Unis. Le processus est très sécurisé. Les questions sont posées via un lien aléatoire puis la page contenant la question est supprimée sept jours plus tard.

Cette protection de l'anonymat est indispensable car médicalement, un avortement provoqué par l'utilisation de ces produits est indiscernable d’une fausse couche. Un mail ou un SMS faisant référence à un avortement peut ainsi servir de pièce à conviction contre les femmes qui auraient recours à cette solution: en 2015, une jeune femme de l'Indiana, avait été condamnée à vingt ans de prison, avant d'être libérée en appel.

L'utilisation de ces produits n'est évidemment pas sans danger. Les complications existent et peuvent conduire les femmes aux urgences. Le risque est grand donc, pour leur santé mais pas seulement: un séjour en hôpital peut alerter les autorités et envoyer derrière les barreaux celles qui sont suspectées d'avortement clandestins aux médicaments.

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