Parents & enfants / Monde

En Chine, des «tentes de l'amour» pour que les parents accompagnent leurs enfants à l'université

Temps de lecture : 2 min

De plus en plus d'universités chinoises proposent aux parents des logements de fortune, tentes et matelas pour pourvoir assister à l'installation de leur progéniture.

Août 2017, des parents dans le gymnase de l'université de Tianjin, Chine | STR / AFP
Août 2017, des parents dans le gymnase de l'université de Tianjin, Chine | STR / AFP

C'est la rentrée pour Yang Zheyu, 18 ans, en première année à l'université de Tanjin. Son sac est rempli du strict nécessaire: chaussures, dentifrice, manteau. De toute façon, sa mère est à quelques pas de son dortoir, prête à répondre à ses demandes. Le jeune homme n'a «jamais vécu loin de la maison», et «[se] sent plus serein quand elle est là», confie-t-il au New York Times.

Ils sont mille autres parents à squatter le gymnase de l'université pour surveiller et accompagner l'installation de leurs enfants de la promotion 2022, les bras chargés de nourriture et de conseils: où trouver les meilleurs raviolis? quelle est la spécialisation la plus lucrative? Une bonne occasion d'instaurer aussi quelques règles: ne pas rester collé à son téléphone, étudier, ne pas passer trop de temps devant des jeux vidéo, étudier, éviter d'entamer une relation amoureuse jugée chronophage et surtout, étudier.

Les «tentes de l'amour»

Depuis 2012, l'université de Tianjin, à deux heures au sud-est de Pékin offre des «tentes de l'amour» pour aider les familles les plus pauvres à participer à l'installation de leur progéniture.

Il est assez commun pour les parents chinois –ou d'ailleurs– d'accompagner leurs enfants pour leur premier jour à l'université. Certaines familles moins fortunées ne peuvent s'offrir le confort d'une chambre d'hôtel et par le passé, cela a pu résulter en squattage de fortune sur des bancs ou matelas dans les alentours de l'université. Ces «tentes de l'amour» sont devenues un symbole de la compassion des universités, certaines proposent parfois matelas et couvertures dans une salle aménagée.

Ces enfants sont souvent la première génération à avoir accès à une éducation supérieure à l'université. Le gouvernement ouvre d'ailleurs de nouveaux établissements chaque année; depuis 2010 le nombre d'élèves accédant aux études supérieures a augmenté de 20%.

Les petits empereurs

Le phénomène interroge l'habitude des parents d'enfants uniques –nés entre 1979 et 2016– de choyer leur descendance au point d'acquérir le surnom de «petits empereurs et impératrices» par les plus anciennes générations, qui ont subi plusieurs crises économiques et jugent cette nouvelle génération trop gâtée.

À Tanjin, des parents ont confié au New York Times leur inquiétude d'envoyer leur progéniture loin, dans de grandes villes pour lesquelles ils ne disposent pas toujours du budget adéquat. Beaucoup viennent de régions plus rurales où ils travaillent dans l'agriculture, l'éducation ou la construction.

Qi Hongyu, père d'une jeune étudiante de première année, ne pourrait être plus fier de sa fille qui «réalise ses rêves». Pour lui, cette génération bénéficie de meilleures conditions de vie, même s'il espère que l'éloignement du milieu d'origine permettra aux étudiantes et étudiants de devenir plus indépendants à terme.

À la nuit tombée, le gymnase se remplit de parents qui s'échangent les bons plans nourritures et fournitures. Se mélangent alors des hommes et femmes qui se sont sacrifiées pendant toute leur vie pour fournir à leurs enfants l'éducation dont ils rêvaient pour eux-mêmes, comparant les scores de leur rejetons aux examens d'entrée et discutant de plans de carrières.

Slate.fr

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