Santé / Économie

L'austérité aussi est responsable de l'épidémie de rougeole

Temps de lecture : 2 min

Tout n'est pas de la faute des anti-vaccins.

Le dos d'une femme avec la rougeole, 1908 | Wellcome Library, London via Wikimedia CC License by
Le dos d'une femme avec la rougeole, 1908 | Wellcome Library, London via Wikimedia CC License by

L’Europe est en pleine crise épidémique de rougeole: vingt-et-un pays européens sont touchés et 41.000 cas ont été recensés au premier semestre 2018 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un record ces dix dernières années. L’Italie, la France, la Géorgie, la Russie, la Serbie et l’Ukraine ont enregistré plus de 1.000 cas chacune. Pour le moment, trente-sept personnes sont décédées des suites du virus.

Ce dernier est extrêmement contagieux et se transmet par voie aérienne. Si une personne a la rougeole, qu’elle éternue puis quitte une pièce, les gouttelettes laissées sur son chemin peuvent transmettre le virus à un autre individu quelques heures plus tard.

Dans les années 1960, un vaccin a été développé pour lutter contre cette maladie, mais aujourd'hui, le taux de vaccination pour la rougeole –vaccin ROR (rougeole, oreillon, rubéole)– est inégal en Europe. Pour être immunisée, la population doit être vaccinée à 95%. Ce taux est atteint dans certains pays européens mais dans d’autres il plafonne à 70%, indique l'OMS. La France est à 80%. En Angleterre, le taux décline depuis maintenant quatre ans.

Vaccins mais pas toujours vaccination

Les anti-vaccins sont pointés du doigt comme responsables de cette situation, mais ils ne sont pas les seuls. Une nouvelle publication dans le journal européen de Santé Publique montre que les régions où l’Italie a réduit son budget santé sont celles dont le taux de vaccination est le plus bas. «Nous estimons que chaque réduction de 1% dans les dépenses de santé publique par personne correspond à une réduction de 0,5% pour le taux de vaccination», peut-on lire en présentation de l’étude. Une de ses autrices principales, Veronica Toffolutti, économiste de la santé milanaise, a expliqué à Vox que les coupes étaient majoritairement effectuées dans la prévention. «Beaucoup de personnes n’ont pas été embauchées, or sans personnel pour vacciner les gens, de plus en plus de personnes ne le font pas.»

Comme l'Italie, la Grèce a subi d'importantes coupes budgétaires depuis la crise de 2008. Pour Heidi Larson qui travaille pour le projet de confiance au vaccin (VCP), le cas grec est similaire à l'italien. «Il est important de prendre en compte les raisons économiques et d'accessibilité, sans pour autant mettre de côté les réfractaires, mais trop d'articles font d'eux la seule et unique explication», commente-t-il.

Pour l'Ukraine, qui a enregistré près de la moitié des cas européens de contamination de rougeole, le problème est double: un manque de confiance de la population et de réserves de vaccins datant de la séparation avec la Russie.

En Angleterre, le Guardian a identifié d'autres causes: la fragmentation du service national de santé couplé à un manque de moyens efficaces pour rappeler aux Britanniques de faire leur injection.

Rappelons tout de même que le vaccin contre la rougeole est triple, il protège également des oreillons et de la rubéole et en général, la rougeole est le premier virus à se propager en raison de ses capacités de contamination, d’autres pourraient donc suivre nous apprend Vox.

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