Égalités

Les gadgets «inutiles» sont parfois indispensables aux personnes en situation de handicap

Temps de lecture : 2 min

Ils leur permettent d'acquérir une certaine autonomie.

Des gadgets superflus pour certain peuvent se révéler vitaux pour d'autres | Yomex Owo via Unsplash CC License by
Des gadgets superflus pour certain peuvent se révéler vitaux pour d'autres | Yomex Owo via Unsplash CC License by

Internet regorge de «top des gadgets inutiles». Découpe banane, enfile-chaussette ou enfile bouton… Ces produits qui semblent superflus sont censés illustrer à la fois notre fièvre consumériste et la flemmardise ambiante qui nous amène à acheter des bricoles pour faciliter des tâches déjà simplistes.

Pourtant, lorsqu’on souffre d’une paralysie des mains qui empêche de pouvoir tenir aisément une banane et un couteau, le découpe banane ne semble déjà plus être le même gâchis de plastique et d’argent. Pareil pour l’enfile-bouton lorsque l’on a perdu l’usage d’un bras. Paralysie, faiblesses musculaires, arthrite, douleurs chroniques… qu’ils soient congénitaux, acquis ou temporaires, beaucoup de handicaps peuvent rendre des tâches basiques difficiles. Les gadgets comme l’enfile chaussette deviennent alors tout sauf inutiles.

Gagner son indépendance

Les personnes atteintes d’un handicap qui complique le quotidien doivent, d’une manière ou d’une autre, se faire aider. Or tout le monde n’a pas forcément des proches disponibles pour fournir un travail bénévole d’aide constant. Et les services d'aide à la personne coûtent cher. Même si ce n’était pas le cas, des personnes en situation de handicap ne voudraient pas pour autant y recourir systématiquement.

Kim Sauder, une chercheuse spécialisée sur le handicap et elle-même atteinte d’autisme, explique à Vox qu’elle n’a pas envie de devoir attendre de l’aide constamment: «C’est frustrant de forcément devoir demander de l’aide. Je préfère essayer de trouver mes propres solutions».

Tourner en dérision les gadgets inutiles en les présentant comme des objets pour feignants ou en pointant à quel point ils ne sont pas écologiques, peut être blessant et culpabilisant pour celles et ceux qui en ont vraiment besoin. Pour Greg Hartley, président de l’Académie des thérapies physiques gériatriques «ces petites choses peuvent faire une énorme différence dans la qualité de vie d’une personne, leur permettre d’être indépendante et d’améliorer son estime de soi».

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