Société / Tech & internet

Spotify accusé de discrimination de genre par une ex employée

Temps de lecture : 2 min

Voyages d'affaires «entre mecs», drogues, discrimination généralisée... Une ancienne salariée de l'entreprise de streaming musical porte plainte.

Les femmes gagnent, en moyenne, 20% de moins que leurs collègues masculins pour le même travail aux États-Unis  | Rawpixel via Unsplash CC License by
Les femmes gagnent, en moyenne, 20% de moins que leurs collègues masculins pour le même travail aux États-Unis  | Rawpixel via Unsplash CC License by

Après Nike en mai, Uber en août, Burberry en septembre, c'est au tour de Spotify d'être accusé de discrimination de genre.

Une ancienne directrice commerciale de l'entreprise de streaming a décidé de poursuivre l'entreprise pour discrimination de genre, violation de la parité salariale et diffamation, selon le magazine américain Variety. Hong Perez a porté plainte ce mardi contre l'entreprise et son ancien supérieur, Brian Berner, devant la Cour Suprême de New York.

Voyages entre mecs

Dans la plainte, obtenue par le magazine Pitchfork, l'ancienne employée accuse l'entreprise de discrimination généralisée envers les femmes salariées. Elle affirme que Brian Berner aurait organisé des «voyages entre mecs» –clairement nommés ainsi au sein de l'entreprise– au Sundance Film Festival de 2016 et 2017. Pendant ces séjours, l'utilisation de drogues était commune et largement évoquée sur le lieu de travail, affirme la plaignante, et l'un des «mecs» s'est rendu coupable d'une altercation physique pendant un de ces voyages. Hong Perez affirme qu'aucun de ces salariés n'a pourtant eu à subir de sanctions disciplinaires.

Elle estime avoir été injustement renvoyée pour une erreur commise par son chef. Ce dernier aurait accepté des tickets gratuits pour des événements, ainsi que des arrangements douteux, dont elle a été accusée à sa place. Perez assure avoir reçu un e-mail de sa direction, également adressé à toute l'équipe commerciale, qui la nommait responsable de violation du code de conduite de l'entreprise. Elle affirme qu'à l'inverse, ses collègues masculins reçevaient des traitements de faveur malgré leur violation manifeste du code de conduite.

L'ex directrice commerciale raconte qu'un cadre de Spotify aurait été promu malgré plusieurs avertissements pour harcèlement sexuel. Elle décrit encore une fois des voyages d'affaires réservés aux hommes dans des strip clubs d'Atlantic City (sorte de petit Las Vegas). Elle accuse le directeur financier de Spotify d'avoir déclaré au personnel qu'il «se moquait de la diversité dans l'entreprise»; le directeur des ressources humaines aurait pour sa part annoncé dans une réunion du personnel que son juron préféré était «cunt» soit «salope» ou «trainée». La plainte stipule aussi que les hommes touchent de meilleures compensations financières comparées à celles des femmes de l'entreprise –à qualification égale.

Stoptify s'est défendu dans une déclaration officielle envoyée à Pitchfork: «À Spotify, nous ne tolérons pas la discrimination, de tous types et à tous niveaux. Bien que nous ne puissions pas commenter les détails spécifiques d'un litige en cours, ces plaintes sont sans fondement.»

Aux États-Unis, 42% des femmes affirment avoir subi des discriminations de genre au travail et elles gagnent, en moyenne, 20% de moins que leurs collègues masculins pour le même travail.

Slate.fr

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