Sciences

Sera-t-il plus facile de commettre un crime sur Mars?

Temps de lecture : 2 min

Un journaliste de The Atlantic s'est très sérieusement posé la question.

Mars Attack  | D Mitriy via Wikimedia CC License by
Mars Attack | D Mitriy via Wikimedia CC License by

Imaginons, dans quelques dizaines ou centaines d'années, que l'humanité colonise Mars. Il est probable qu'elle emporte avec elle ses tendances auto-destructrices. Comment sera alors gérée la criminalité? Un journaliste de The Atlantic, Geoff Manaugh, a tenté de répondre, tout à fait sérieusement, à cette question.

Christyann Darwent, archéologue californienne de l'université de Davis, travaille sur l’Arctique canadien, utilisé comme centre d'entraînement pour les astronautes en mission sur Mars. Si son expertise reste pour le moment terrestre, assure-t-elle à The Atlantic, elle peut tout de même apporter quelques réponses à propos de la planète rouge. Si un corps est laissé sur le sol de l'Arctique, sa partie exposée au vent et au froid se détériore de manière accélérée, rendant une identification plus complexe. En revanche, la partie ancrée dans le sol glacé peut, elle, être préservée. Ötzi, «l'homme des glaces» découvert en 1991, avait été assassiné 5.300 ans auparavant, mais son corps avait pourtant été retrouvé presque intact. Mars, dont les températures en surface sont en moyenne de -65°C pourrait donc fournir un sol plus ou moins adéquat aux crimes.

Climat sec, air gelé et exposition au soleil... Sur Mars l'ADN évolue différemment, compliquant l'analyse d'une scène de crime. Un coup de couteau ne produit pas non plus les mêmes éclaboussures de sang à cause de la plus faible gravité, et la datation au carbone pourrait bien être complexifiée, nous apprend Darwent, à cause de l'atmosphère de la planète.

L'environnement même de Mars est davantage mortel, suggérant pour Darwent, qu'un potentiel criminel pourrait bien s'en servir pour masquer ses crimes. Un empoisonnement pourrait passer pour une exposition à différents produits chimiques, le joint d'une combinaison spatiale pourrait être facilement saboté, une bouteille d'oxygène rendue volontairement défectueuse. Déguiser un crime paraît tout de suite plus simple.

Les lois de l'espace

Reste à savoir qui enquêterait sur d'éventuels crimes. Pour le moment, il n'y a pas encore de lois dans l'espace, ce qui suggère, pour Geoff Manaugh, que les Marshals américains pourraient jouer un rôle interplanétaire, en faisant appliquer les lois internationales. Elsbeth Magilton, directrice exécutive du programme de droit de l'espace, informatique et télécommunications à l'école de droit de l'université du Nebraska, ajoute que «techniquement, votre juridiction vous suit. D'où êtes-vous le citoyen? Ce sont ces lois que vous emportez avec vous». Dans l'espace, les lois pourraient aussi être adaptées à l'avance pour s'appliquer à une mission ou à certaines personnes selon leur nationalité. Veiller au bon respect de la loi pourrait aussi être une tâche confiée à un organisme extérieur pour éviter l'imbroglio en cas de meurtre de proportions internationales.

David Paige, un planétologue californien, membre d'une équipe de la Nasa qui travaille sur un système de radar pour explorer la surface martienne, se veut rassurant: les crimes seraient difficiles à commettre: «Il y aura tellement de surveillance des gens de différentes façons», chaque ouverture de porte sera enregistrée et datée, chaque personne sera en permanence localisée et les signes vitaux des habitantes et habitants devraient être enregistrés en continu par des capteurs dans les vêtements.

«Si tout est plus ou moins confiné, je suppose qu'un enquêteur aura la vie facile en comparaison des enquêtes sur Terre.» Pour Paige, le peuple envoyé sur Mars, sélectionné et choisi ne devrait tout simplement pas poser de problème. Pour Geoff Manaugh, cela ne constitue aucune garantie, puisqu'il n'existe aucun moyen de prédire l'état psychologique des descendantes et descendants des colons martiens.

Se préparer à se battre dans l'espace, Josh Gold, maître d'arts martiaux l'envisage déjà, et développe même le premier art martial de l'espace au monde qui prend en compte la différence de gravité.

Slate.fr

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