Monde

Les courses en prévision d'ouragan sont les mêmes qu’après une rupture

Temps de lecture : 2 min

Lorsque la menace d’une catastrophe plane au-dessus de nos têtes, on n'achète pas seulement pour survivre, mais aussi pour se rassurer.

Une femme fait ses courses après l'ouragan Irma, en Floride | Spencer Platt / AFP
Une femme fait ses courses après l'ouragan Irma, en Floride | Spencer Platt / AFP

L’est des États-Unis se prépare à l’impact de l’ouragan Florence, qui devrait toucher ses côtes cette nuit. Le gouvernement a ordonné l’évacuation de 1,7 million de personnes, dans les deux États de Caroline et dans celui de Virginie. Sur les télévisions du monde entier, les images sont les mêmes qu’à chaque catastrophe d’ampleur dans le pays: files de voitures interminables, aéroports vides, maisons calfeutrées et supermarchés pris d’assaut.

Lors de ces épisodes de branle-bas de combat, les magasins font généralement le plein de produits de première nécessité. Ils accumulent piles électriques, papier toilette, eau et nourriture pour anticiper la foule de clients et clientes et éviter les émeutes.

Record de vente de friandises

Pourtant, les achats américains en prévision des catastrophes naturelle ne se résument pas aux produits de première nécessité. Alors que l’ouragan Isaac arrivait sur la Louisiane en 2012, la chercheuse Elyria Kemp étudiait les achats faits en préparation des inondations. En plus des bouteilles d’eau et lampes de poche indispensables, elle a observé que parmi les achats les plus fréquents se trouvaient les cookies, les chips et l’alcool.

Les sentiments les plus communs chez la clientèle des supermarché pendant les crises sont la peur, l’anxiété, la colère et la tristesse. Kemp explique: «Ces émotions négatives amènent à ne pas uniquement acheter ce dont on a absolument besoins pendant un ouragan mais aussi des produit plus hédoniques».

En 2004, la chaîne de supermarchés Walmart assurait qu’avant les ouragans elle faisait le plein de pop-tarts à la framboise (une friandise typiquement américaine) parce que les ventes atteignaient à chaque fois des sommets. Finalement, comme les ouragans causent des sentiments similaires à ceux d’une rupture, le moyen d’y remédier est le même. Alcool et junk food, calfeutré chez soi. C’est ce qui s’appelle la «consommation régulatrice d’émotion» (comfort food), l'idée que quand on est submergé par des sentiments négatifs, consommer de la nourriture que l’on aime permettrait de les remplacer par des émotions positives.

En revanche, certaines personnes n'achètent rien du tout, pas même des produits vitaux. Pour Jay Shimshack, qui a lui aussi étudié les achats pré-catastrophes, cela pourrait venir d’un «effet autruche». Les personnes menacées par l’ouragan préfèreraient se comporter comme d’habitude pour éviter d’angoisser. Elles peuvent aussi penser que les désastres «n’arrivent qu’aux autres», de la même manière que les fumeurs et les fumeuses savent que leur santé est en danger mais s'imaginent que les dangers de la cigarette ne les frapperons personnellement.

Shimshack s’est aussi rendu compte que certaines catégories de population consomment après l’ouragan plutôt qu’en prévision. Les personnes non-blanches et celles défavorisées sont les plus touchées par ce phénomène, à cause d’un déficit d’information.

Slate.fr

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