Société / Économie

Vêtements en fourrure, victoires en trompe-l'œil

Temps de lecture : 2 min

Malgré des victoires médiatiques pour les organisations de défense des animaux, la consommation de fourrure augmente.

L'industrie de la fourrure cherche à rajeunir sa clientèle | Charisse Kenion via Unsplash CC License by
L'industrie de la fourrure cherche à rajeunir sa clientèle | Charisse Kenion via Unsplash CC License by

La semaine dernière, la marque Burberry a annoncé qu’elle renonçait à utiliser de la fourrure dans ses futures collections. La griffe anglaise rejoint ainsi les rangs de Gucci, Tom Ford ou Versace. Si bien que la fashion week de Londres, qui commence le 14 septembre, ne verra aucun top model drapé de fourrure sur ses podiums.

Les décisions des marques de luxe sont l’aboutissement d’années de luttes menées par des groupes de défense des animaux. Ces organisations, comme PETA ou HSI (Humane Society International), ont aussi fait pression sur des villes pour qu’elles bannissent la vente de fourrure neuve. En mars, San Francisco est devenue la plus grande ville à mettre en place cette interdiction et Los Angeles pourrait bientôt lui emboîter le pas.

Attirer une clientèle jeune

Pourtant, les ventes de vêtements ou accessoires en fourrure augmentent. La stratégie des fourreurs est de faire d’abord acheter des objets où la fourrure n’est qu’un détail. Julie Maria Iversen, qui travaille chez Kopenhagen Fur, l’expliquait au National Geographic en 2016: «On commence avec les jeunes consommatrices qui achètent un porte-clé en fourrure. Plus tard, elles ont assez d'argent pour s’acheter un sac et elles finissent éventuellement par prendre un manteau». Un autre stratagème consiste à teindre les vêtements avec une couleur flashy afin qu'ils semblent conçus en fausse fourrure.

Ces efforts pour attirer une clientèle plus jeune sont appuyés par des stars influentes, comme Kylie Jenner, Kanye West ou Lady Gaga, qui ne cachent pas leur amour pour les pelisses.

Au-delà de l’aspect mode, l’héritage régional ou ethnique peut donner un aspect culturel au port de la fourrure. Detroit par exemple, a une longue histoire de production et donc de consommation de cette matière.

C’est encore plus le cas chez les peuples indigènes d’Amérique du Nord. Dans les années 1970, une campagne contre les peaux d’otaries a abouti au contrôle sévère de leur vente. Récemment, des designers inuit ont dénoncé les interdictions de production ou vente de fourrure, qui ne prennent pas en compte l’aspect culturel et historique de la chasse à l’otarie. Dans les années 1950, la police montée canadienne a massacré des centaines de chiens de traîneau, forçant les Inuit à abandonner leur mode de vie semi-nomade. Pendant ces années de répression, la chasse à l’otarie était un point d’ancrage pour les Inuit, à la fois un moyen de se nourrir et une source de revenus. Avec les interdictions, certaines communautés ont alors sombré dans la pauvreté.

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