Égalités / Culture

La réalisatrice de «Rafiki» porte plainte contre la censure de son film au Kenya

Temps de lecture : 2 min

Si un film n'est pas diffusé dans son pays d'origine, il ne peut concourir dans la catégorie «Meilleur film étranger» aux Oscars.

De gauche à droite: la réalisatrice, Wanuri Kahiu, les actrices Samantha Mugatsia et Sheila Munyiva, en mai 2018, au Festival de Cannes. | Loïc Venance / AFP
De gauche à droite: la réalisatrice, Wanuri Kahiu, les actrices Samantha Mugatsia et Sheila Munyiva, en mai 2018, au Festival de Cannes. | Loïc Venance / AFP

Wanuri Kahiu, réalisatrice du film Rafiki, qui raconte l'histoire d'amour entre deux femmes au Kenya dont les pères s'opposent lors d'une campagne électorale, porte plainte contre le Kenya Film Classification Board (KFBC), organe de régulation des diffusions mandaté par le gouvernement kenyan, et le procureur général du pays à la suite de l'interdiction de diffusion de son film.

Rafiki a été censuré dans son pays d'origine en raison de «son traitement de l'homosexualité et de son but évident, promouvoir le lesbianisme au Kenya, ce qui est illégal et heurte la culture et les valeurs morales du peuple kenyan», peut-on lire dans un communiqué de presse publié par le KFBC en avril.

Mais pour être nommé aux Oscars dans la catégorie «Meilleur film étranger», le film doit avoir été diffusée dans le pays d'origine avant la date limite de soumission de candidature – soit le 30 septembre cette année.

Atteinte au droit d'être créative et d’exercer son travail

Pour Wanuri Kahiu, en empêchant la diffusion du film, le KFCB viole plusieurs articles de la constitution qui protègent la liberté d'expression et de création. En avril, le long-métrage avait fait grand bruit, étant le premier film kenyan projeté à Cannes, et poursuit sa réussite dans de nombreux festivals.

Au Festival du film de Toronto, Wanuri Kahiu est revenue sur sa plainte: si elle ne se définit pas comme une militante des droits LGBT, elle défend fermement son droit de raconter des histoires: «Quand quelqu'un commence à porter atteinte à votre droit d'être créative et d’exercer votre travail, cela devient un problème, a-t-elle expliqué dimanche 9 septembre, comme le rapporte BuzzFeed, c'est pour cela que nous avons décidé de mener l'offensive et d'emmener le KFBC au tribunal».

Slate.fr

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