Santé / Sports

Chez les athlètes, il y a le bon stress et le mauvais stress

Temps de lecture : 3 min

Tout dépend de la qualité des athlètes et de leur mode de gestion.

Madison Bumgarner, #40 des San Francisco Giants, le 13 août
Madison Bumgarner, #40 des San Francisco Giants, le 13 août

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Quel impact le stress peut-il avoir sur les performances sportives?»

La réponse de James Porter, auteur du livre Stop stress this minute et président de StressStop.com:

Le stress peut ruiner vos performances, mais il peut aussi les améliorer. D’un côté, il y a les athlètes comme le joueur de deuxième but des Yankees Chuck Knoblauch, qui a un jour été incapable de lancer une balle de la deuxième à la première base (la distance de lancer la plus courte en baseball) et a pour cela dû quitter le terrain. De l’autre, il y a celles et ceux que le stress pousse à se dépasser, comme la légende du saut en longueur Bob Beamon, célèbre pour avoir fait tomber le record de sa discipline à Mexico en 1968, pas de quelques millimètres, comme c’est souvent le cas, mais de cinquante-cinq centimètres.

Ces deux hommes étaient de grands sportifs, c’est certain. Bob Beamon battait des records d’athlétisme depuis le lycée, tandis que Chuck Knoblauch était une superstar dans son ancienne équipe des Twins de Minnesota, raison pour laquelle il était tant attendu par les Yankees. Mais le stress d’être sur une «grande scène», à New York pour Knoblauch et à Mexico pour Beamon, a eu un impact considérable sur leurs performances. Bon pour l’un, mauvais pour l’autre.

Le stress est une énergie

Le stress est une énergie. Si les grands athlètes ont appris à canaliser cette énergie, les athlètes de second plan se font dépasser par elle. Fan de longue date des Yankees, j’ai toujours trouvé terrible de voir certains grands joueurs réaliser de mauvaises performances (ou être médiocres) après avoir rejoint l’équipe de New York, tandis que d’autres brillaient sous les projecteurs des médias new-yorkais. En effet, si certains joueurs comme Reggie Jackson, surnommé «Mr. October», étaient meilleurs sous pression, d’autres comme Dave Winfield, que le propriétaire des Yankees George Steinbrenner appelait «Mr. May», réalisaient de moins bonnes performances dans ces conditions.

Mais pourquoi certains joueurs, comme le basketteur Michael Jordan et le lanceur de relève Mariano Rivera, se magnifient-ils avec le stress? Quand Rivera entrait sur le terrain, la situation était TOUJOURS très stressante: son rôle était de sauver les Yankees. Et comme l’ont remarqué tous les journalistes sportifs, personne n’a JAMAIS été aussi bon que lui et n’a fait tomber autant de records. Comparons ces deux athlètes.

Mariano Rivera, généralement considéré comme le plus grand releveur de l’histoire du baseball. Ici en 2017 à New York | Al Bello / Getty images North America / AFP

Tout le monde, que ce soit ses coéquipiers ou ceux qui l’ont simplement rencontré, disent de Mariano Rivera (surnommé Mo) que c’est un homme modeste, simple et gentil. Profondément croyant, il a expliqué dans une interview qu’il ne s’inquiétait pas beaucoup quand il entrait sur le terrain pendant un grand match. Il se disait qu’il ferait de son mieux et que Dieu serait avec lui à la fin du match, quelle qu’en soit l’issue (bonne ou mauvaise).

Michael Jordan (son surnom en action: Air Jordan). Ici en 2017 à Chapel Hill | Streeter Lecka / Getty images North America / AFP

Michael Jordan semblait gérer le stress différemment. Je me souviens qu’un journaliste lui a un jour demandé: «Vous savez, parfois vous lancez la balle et à peine a-t-elle quitté vos mains que vous savez qu’elle ne va pas rentrer… Est-ce que cela vous arrive?»

Je savais exactement de quoi le journaliste parlait, donc j’imaginais que Jordan avouerait que cela lui arrivait, au moins une fois de temps en temps. Mais sa réponse a été catégorique: «Non je ne ressent jamais cela. À chaque fois que la balle quitte mes doigts, je crois toujours qu’elle va rentrer dans le panier». Michael Jordan avait une confiance dans ses propres capacités qui dépassait l’entendement.

Le bon stress et le mauvais stress

Hans Selye est le scientifique canadien qui a inventé les termes de bon stress (eustress) et de mauvais stress (distress). Et une façon simple de s’intéresser à la question du lien entre stress et performances sportives consiste à se pencher sur la dichotomie entre le bon stress et le mauvais stress. Les athlètes de très haut niveau savent convertir les sensations que tout le monde éprouve (anxiété, tension, etc.) en énergie, concentration et confiance accrue. C’est ce qui s’appelle le bon stress.

Pour les athlètes de niveau moindre, les choses se passent différemment. La pression de la situation les écrase: c’est le mauvais stress. Hans Selye explique que «ce qui compte, ce n’est pas tant ce qui se passe, mais votre façon de le gérer».

Michael Jordan et Mariano Rivera géraient (et gèrent sans doute toujours) le stress différemment l’un de l’autre, mais aussi différemment des athlètes de moindre niveau qui se font écraser par la pression. Rivera apprivoisait son stress par le biais de ses croyances religieuses, tandis que Jordan le contrôlait par une totale confiance en lui-même.

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