Monde / Culture

Les photos du public, derniers souvenirs des œuvres du Musée national brésilien

Temps de lecture : 2 min

L'établissement et ses collections ont été dévorées par les flammes pendant plus de six heures.

L'entrée du Musée national de Rio de Janeiro au lendemain de l'incendie, le 3 septembre 2018 | Carl De Souza / AFP
L'entrée du Musée national de Rio de Janeiro au lendemain de l'incendie, le 3 septembre 2018 | Carl De Souza / AFP

À la suite de l'incendie qui a détruit le Musée national brésilien dimanche dernier, les images de visites deviennent des archives informelles des collections.

Les étudiantes et étudiants en muséologie d'UNIRIO, l'université fédérale de l'État de Rio de Janeiro, ont d'abord commencé par partager des photos entre elles et eux, de leurs visites du bâtiment et des collections. Ils demandent aujourd'hui au public d'envoyer leurs ressources par mail.

Vidéo d'un pompier de l'intérieur du musée après l'incendie

Des milliers de mails

«Ça a commencé par une envie de réunir nos photos entre nous, parce que c'est tout ce qu'il nous restait. On a commencé à se les partager entre nous, puis entre amis et amis d'amis et ça a pris des proportions gigantesques», raconte Luana Santos, étudiante, au quotidien brésilien, O Globo.

Lundi, les étudiants avaient déjà reçu plus de 6.000 emails contenant des photos et vidéos des différents trésors perdus du musée –environ vingt millions d'articles ont été détruits.

«Je pense que le personnel du musée ne peut pas s'empêcher de penser à la catastrophe pour le moment, alors on a eu envie de faire quelque chose pour documenter les collections», explique Luana Santos. Les étudiantes et étudiantes espèrent ainsi créer un musée virtuel ou un espace de mémoire à destination du public afin que «l'héritage ne soit pas détruit deux fois: une fois par le feu et une autre par l'oubli».

Vingt millions d'artefacts

La collection du musée a été amassée pendant plus de 200 ans et était présentée dans le palais de Saint-Christophe depuis 1890. Pendant un temps, le palais avait abrité la famille royale portugaise exilée, puis des leaders de l'indépendance. Cela faisait déjà quelques années que l'administration peinait à récolter les fonds nécessaires à l'entretien de l'établissement.

Après les premières fouilles, le musée estime avoir perdu 90% de ses collections. Parmi les vingt millions d'oeuvres en tous genres, le plus vieux fossile humain trouvé au Brésil, Luzia, a été détruit. Le sort des momies brésiliennes et chiliennes, d'un sarcophage égyptien, datant du XIe siècle avant J.-C., et du trône du royaume de Dahomey est encore incertain.

Selon l'historienne brésilienne Marine Amaral, l'herbarium et certaines collections de fossils d'insectes, la librairie principale et la plus grande météroite découverte au Brésil ont survécu. Certains objets auraient aussi été passés au scan et pourraient être reconstitués en 3D –notamment certaines des momies.

Le musée possédait également une collection très étendue d'objets culturels ou d'art venus des peuples indigènes brésiliens, comme des costumes, bijoux et même des enregistrements audio de langage indigène. Tous sont manifestement perdus.

Slate.fr

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