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Les cols blancs de la Silicon Valley se rebellent

Temps de lecture : 2 min

Ils sont de plus en plus prompts à contester les décisions de leur direction. Mais pour l’instant, ces mouvements restent très ponctuels.

Les lettres ouvertes critiquant les décisions des entreprises de la Silicon Valley se multiplient |Simson Petrol via Unsplash CC License by
Les lettres ouvertes critiquant les décisions des entreprises de la Silicon Valley se multiplient |Simson Petrol via Unsplash CC License by

En août, The Intercept a révélé que Google travaillait avec le gouvernement chinois pour lancer un moteur de recherche qui se pliera aux lois de censure strictes du pays. En réaction, des employées et employés de Google ont lancé une pétition pour s’y opposer. Elles et ils demandent à leur entreprise d’être plus transparente sur ses contrats, afin de ne pas risquer de travailler à l’aveugle sur des projets en contradiction avec leur éthique.

Une tendance de fond

Cette pétition est la dernière occurrence d’une tendance de fond dans la Silicon Valley. De plus en plus de mobilisations voient le jour pour contester des projets jugés moralement répréhensibles.

Lors de la mise en place, par le gouvernement Trump, de la séparation de familles migrantes, une centaine de personnes travaillant chez Microsoft ont demandé à leur employeur de stopper un contrat conclu avec ICE, la police aux frontières américaine. En juin, c’est chez Amazon qu’une lettre ouverte demandait au PDG Jeff Bezos d’arrêter de fournir à la police le logiciel de reconnaissance faciale Rekognition, de peur qu’il serve à de la surveillance de masse ou au fichage de manifestants.

Ces luttes finissent parfois par payer puisqu’après une lettre signée par plus de 3.000 de ses ingénieures et ingénieurs, Google a récemment abandonné un contrat avec le Pentagone visant à fournir une intelligence artificielle pour améliorer la lecture d’images des drones de l’armée.

Vers une syndicalisation?

Pour l’instant, ces mouvements de contestation restent ponctuels, avec comme mode d’action privilégié des lettres ouvertes au PDG. Si cette méthode de contestation est probablement très disruptive (non), les victoires obtenues restent limitées, peut-être en raison de l'absence d'organisations syndicales larges, capables de rassembler de manière transversale. Les contrats gouvernementaux refusés peuvent être repris par une autre entreprise et les contestataires remplacés.

Se pose donc la question de la possibilité d'une émergence de syndicats au sein de la Silicon Valley, qui n’en a pas la culture, contrairement aux cols bleus. Hauts salaires, repas gratuits, salles de sport... les préoccupations des employés et employées de la Silicon Valley ne se portent pas sur les conditions de travail, l’un des moteurs du syndicalisme. L’explosion des loyers de la Bay Area et la rapide augmentation du nombre de personnes qualifiées voulant entrer dans l’industrie pourrait néanmoins changer la donne. Une perspective qui effraye les employeurs. En février, Lanetix, une entreprise spécialisée dans les relation clients, a renvoyé quatorze ingénieurs pour avoir tenté de se syndiquer.

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