Culture

Hommage à Pierre Vaneck, «gentilhomme de la scène»

Temps de lecture : 2 min

Le comédien Pierre Vaneck est décédé dimanche à l'âge de 78 ans, après une carrière de plus d'un demi-siècle, qui se sera partagée entre le cinéma, la télévision mais surtout le théâtre, «passion de ce gentilhomme à l'écart des chemins de la gloire.» commente l'AFP. Il est décédé ce matin à l'hôpital des suites d'une opération cardiaque.

Nombre de ses confrères lui ont rendu hommage, au premier rang desquels la dramaturge Yasmina Reza, auteure de la pièce Art dans laquelle Vaneck avait joué. Reza a déclaré: «C'est quelqu'un qui a beaucoup compté dans ma vie professionnelle. C'était une personnalité humainement très rare, il n'était pas du tout dans le show-biz, c'était un acteur délicieux, une personne attentive». Pierre Arditi, qui avait joué à ses côtés dans cette même pièce de théâtre à succès, a affirmé: «C'est une grande voix du théâtre qui s'en va. Ce qu'il avait de particulier, c'est qu'il honorait ce qu'il avait à incarner». Fabrice Luchini, troisème compère dans cette aventure, a souligné: «Pierre était un formidable acteur et un partenaire inoubliable. Il était atypique car il ne cherchait pas la gloire. Il était rigoureux, exigeant».

Reza et Arditi ont tous les deux soulignés que le cinéma avait été «moins généreux» avec Vaneck que le théâtre. «Il avait un fort charisme et en même temps quelque chose d'extrêmement sauvage, qui l'a sans doute privé de l'immédiateté du cinéma» a estimé la dramaturge.

«Il y avait une rigidité certaine dans l'éducation de Pierre Vaneck et c'est sans doute ce dont il ne s'est jamais complètement libéré et qui explique qu'il ait refusé certains rôles, estime Armelle Héliot dans Le Figaro. Il se moquait gentiment de lui-même, des années plus tard. Il avait refusé Les Amants de Louis Malle et c'est Jean-Marc Bory qui se fit ainsi connaître. Il avait refusé pas mal de grands rôles au cinéma. Mais il ne faut jamais oublier les débuts éclaboussants au théâtre comme au cinéma. Cela vaccine...»

Face caméra, il se retrouve avec Guitry, Dassin, Hossein, ou Gondry. Mais son grand amour, c'est la scène. «Dernièrement on l'avait vu dans L'Argent des autres retransmis en direct à la télévision avec Michel Boujenah. Samedi dernier, à Nice, on éprouvait son absence [il était devenu un membre de la troupe informelle et fidèle de Daniel Benoin.] Il y a longtemps, il avait appris à cultiver son jardin et son verger du Lubéron étaient plus importants que la gloire.»

[Lire l'article complet sur LeFigaro.fr]

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