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#JustBurnIt, la réaction d'une certaine Amérique au soutien de Nike à Colin Kaepernick

Temps de lecture : 2 min

Chaussures en feu, découpage du logo et emballement sur Twitter.

Colin Kaepernick, décembre 2017, New York  | Slaven Vlasic / Getty images North America / AFP
Colin Kaepernick, décembre 2017, New York | Slaven Vlasic / Getty images North America / AFP

En faisant de Colin Kaepernick la vedette de sa nouvelle campagne #JustDoIt, la marque Nike s'est exposée à la colère d'une partie de l'Amérique. Le joueur de football américain, ancien membre des 49ers de San Francisco, s'était distingué en 2016 en lançant un mouvement de boycott de l'hymne américain, poing levé et genoux à terre, au début des rencontres.

Un acte fort pour prostester contre les violences policières infligées aux Noirs américains, qui lui a valu les foudres de nombreuses personnalités et les insultes du président Trump. Depuis, le joueur n'a plus d'équipe et il a attaqué en justice la Ligue nationale de football américain (NFL), qu’il accuse de l'empêcher de poursuivre sa carrière. Malgré ça, l'entreprise Nike a maintenu le contrat qui la lie au joueur.

«Croyez en quelque chose, même si cela veut dire tout sacrifier»

#JustBurnIt

Et ce choix de Nike a provoqué la colère de nombreux internautes plus ou moins célèbres. John Rich, star de la country du groupe Big & Rich, a estimé sur Twitter que la marque faisait insulte aux forces de police, notamment parce que le joueur a porté dans le passé des chaussettes ornées de têtes de cochons en uniforme.

«Hey, @Nike, vous avez fait de Kaepernick le nouveau visage de votre marque parce que vous pensez que ses chaussettes iront bien avec vos chaussures?»

Dans un élan de fureur, des internautes mécontents ont demandé le boycott de la marque, certains allant jusqu'à afficher sur les réseaux sociaux leurs chaussettes Nike découpées, le saccage des produits à la virgule devenant le symbole de leur désapprobation.

«Notre preneur de son a découpé la virgule de ses chaussettes. C'est un ancien Marine, préparez-vous à en voir des millions faire pareil, Nike.»

D'autres ont brûlé leurs chaussures (ou les passent au four micro-ondes) et l'ont fait savoir sur Twitter avec le mot-clef #JustBurnIt. «D'abord la NFL me force à choisir entre mon sport préféré et mon pays. Je choisis mon pays. Puis, Nike me force à choisir entre mes chaussures préférées et mon pays. Depuis quand le drapeau américain et l'hymne national sont devenus offensants?», écrit l'un d'entre eux.

La réponse des soutiens à la campagne de Nike a été immédiate. Serena Williams s'est dite «spécialement fière de faire partie de la famille Nike en ce jour». Souvent les réponses des anonymes se sont teintées d'humour, rappelant par exemple que ceux qui mutilent leurs chaussettes ou baskets détruisent des biens onéreux, qui pourraient d'ailleurs être utiles à certains vétérans: «Le même groupe qui prétend prendre soin des vétérans, puis vote pour un prédateur sexuel corrompu parce qu'il prétend prendre soin des vétérans, est en train de détruire des produits Nike qu'ils ont achetés, des produits qui pourraient très bien être donnés aux vétérans sans-abri. Ça fait réfléchir, non?», s'interroge un internaute.

«Je viens d'écrire Nike sur un billet de vingt dollars et je l'ai brûlé pour me plaindre des progressistes.»

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