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L’héritage trouble de John McCain sur la torture

Temps de lecture : 2 min

Le sénateur Républicain bénéficie d’une image de fervent opposant à la torture. Il a en réalité compromis ses idéaux sous la pression gouvernementale.

John McCain en meeting, 11/01/2011 | Chip Somodevilla / AFP
John McCain en meeting, 11/01/2011 | Chip Somodevilla / AFP

Le sénateur Républicain, décédé récemment d’une tumeur au cerveau, était connu pour être un redoutable opposant à la torture aux États-Unis. Y compris lorsque cet engagement le mettait en porte-à-faux de son propre parti. Une ferveur qui s'expliquait par son passé de prisonnier de guerre.

En 1967, pendant la guerre du Vietnam, l’avion de John McCain, à l’époque pilote de la Navy, est abattu alors qu’il est en route pour bombarder une centrale électrique à Hanoï. Capturé par le Viet Cong, McCain est mis en cellule de confinement pendant deux ans, sans aucun contact avec l’extérieur. Il ne sera libéré qu’après cinq ans de sévices.

Une réforme épouvantail

En 2005, un article révèle que les services secrets américains usent couramment de la torture au sein de prisons secrètes dans le monde. Ces exactions sont autorisées au nom de la «Guerre contre la terreur», lancée par l’administration Bush, au lendemain des attentats du 11-Septembre. John McCain, devenu un sénateur très influent, propose un amendement pour interdire à l’armée américaine des pratiques d’interrogatoire qui ne figurent pas dans le manuel officiel, l’Army Field Manual. Le but est alors de se débarrasser des «techniques d’interrogatoire renforcées»: waterboarding (simulation de noyade), privation de sommeil, électrocutions…

John McCain vantait alors cette réforme comme une victoire pour les droits de l’homme, estimant que les États-Unis prouvaient ainsi leur grandeur morale. Problème, l’amendement n’était en réalité qu’une coquille vide. Les interrogatoires visés n'étaient pas menés par l’armée, mais par la CIA.

McCain en était parfaitement informé puisqu’initialement, l’amendement visait tout le personnel américain, y compris la CIA. Sous la pression de la Maison-Blanche, qui menaçait d’exercer son droit de veto, le sénateur a finalement accepté de limiter l’interdiction des pratiques ne figurant pas dans le Field Manual aux soldats et soldates, le reste du personnel étant uniquement tenu de s’abstenir de «traitements cruels, inhumains et dégragants». Laissant ainsi les tortionnaires des services secrets dans un flou juridique.

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Malgré de nombreuses prises de paroles publiques contre la torture, ce premier renoncement fut suivi d’un second. Alors candidat aux primaires des Républicains de 2008, McCain a voté contre une proposition de loi qui visait à étendre à la CIA les restrictions sur les méthodes d’interrogatoire déjà imposées à l’armée. Le matin du vote, il avait pourtant répété que le waterboarding était une pratique illégale de torture. La loi ayant été adoptée, malgré son opposition, il a demandé et obtenu que le gouvernement exerce son droit de veto. Un mois plus tard, George. W. Bush lui apportait son soutient officiel pour la primaire.

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