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Une Canadienne se bat pour le droit de ne pas porter de soutien-gorge au travail

Temps de lecture : 2 min

Elle a saisi le tribunal canadien des droits de la personne.

#No Bra  | Lode Van de Velde via Public Domaine Picture CC License by
#No Bra | Lode Van de Velde via Public Domaine Picture CC License by

Quand certains veulent décider comment les femmes peuvent s'habiller ou pas, une Canadienne tente de faire valoir son droit à choisir ses sous-vêtements sur son lieu de travail.

Christina Schell a commencé à travailler comme serveuse dans un club de golf d'Osoyoos, en Colombie-Britannique (sud-ouest du Canada), puis a été licenciée quelques mois plus tard pour non-respect du code vestimentaire. La jeune femme ne porte pas de soutien-gorge.

Elle a décidé de saisir le tribunal canadien des droits de la personnes, qualifiant la règle de discriminatoire: «C'est sexiste et c'est pourquoi c'est une question de droits de la personne, j'ai des tétons tout comme les hommes», a-t-elle expliqué à CBC News, chaîne de télévision canadienne. Le tribunal devrait bientôt trancher pour déterminer si un employeur est en droit de contrôler les sous-vêtements de ses employées.

Selon Nadia Zaman, avocate en droit du travail au Canada, seul un risque de sécurité peut justifier un code vestimentaire genré: «S'ils demandent simplement aux employées femmes de porter un soutien-gorge et qu'ils n'ont pas de demandes similaires pour les hommes, alors cela ne se justifie pas vraiment... Il y a un risque que leur politique soit jugée discriminatoire». En 2016, dans une affaire similaire, la commission d'Ontario aux droits de la personne avait déjà rendu illégaux les codes vestimentaires obligeant les femmes à porter jupe courte et talons pour «attirer des clients».

Le regard des hommes

Depuis deux ans, Christina Schell ne porte plus de soutien-gorge, qu'elle juge inconfortables. Elle ne pensait pas que cette habitude puisse poser problème jusqu'à ce qu'elle reçoive le nouveau code vestimentaire de l'établissement après quelques semaines de travail: «Les femmes doivent porter soit un débardeur, soit un soutien-gorge sous leur chemise de travail».

Serveuse en extérieur, sous de fortes chaleurs, elle refuse se se plier à la règle et de porter un débardeur. Alors qu'elle tentait de l'expliquer à son manageur, il aurait invoqué la nécessité de la protéger: «Je sais ce qu'il se passe dans le club de golf quand l'alcool est de la partie», aurait-il dit à Schell. Refusant de se plier au code, elle a été renvoyée.

De plus en plus de femmes se désintéressent de ce sous-vêtement jugé inconfortable, comme en témoigne le mouvement «No Bra», (sans soutif). Le soutien-gorge, porté trop serré et trop longtemps est aussi soupçonné de renforcer les risques de cancer du sein. Par ailleurs, il ne serait pas indispensable au maintien et à la tonicité de la poitrine et affaiblierait les ligaments de Cooper, moyens de soutien naturel des seins.

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