L'insurrection sociale aux oubliettes de l'histoire
La grande manifestation du 29 janvier 2009 contre la crise était la plus importante depuis la Libération. Un an après, elle n'a laissé aucune trace.
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La question de la rémunération des grands patrons n'est pas réglée, comme est venu le rappeler la semaine dernière le débat autour de celle de M. Proglio. Les banques ont versé en 2009 des primes et des bonus substantiels à certains de leurs salariés, les traders en tête. Les salaires des membres de la classe moyenne n'ont pas progressé de façon spectaculaire. La politique économique menée par le pouvoir exécutif n'a pas variée.
Tout ça pour ça
En outre, l'«insurrection sociale» que certains Cassandre annonçaient n'a pas eu lieu. La «radicalisation des conflits» qui était sur toutes les lèvres n'a concerné qu'une quinzaine d'entreprises. D'ailleurs, la mobilisation collective s'est essoufflée d'elle-même, la dernière grande manifestation unitaire ne réunissant qu'entre 71.000 et 150.000 personnes le 13 juin 2009, soit quinze fois moins que la première! D'où l'expression employée à l'époque de «grève de la grève». Un an après, le constat est donc accablant: la grande manifestation du 29 janvier 2009 porta peu de fruits. «Tout ça... pour ça!», aurait-on envie de dire.
La seule avancée obtenue fut la tenue d'un «sommet social» en février 2009 à la suite duquel Nicolas Sarkozy annonçait diverses mesures en faveur des plus défavorisés à hauteur de 2,5 milliards d'euros, ce qui pouvait sembler peu par rapport à d'autres pays occidentaux ou comparé au plan de relance de l'économie (26 milliards). A posteriori, ces mesures ont tout de même permis aux leaders syndicaux de sauver la face: «Il faut arrêter de faire la soupe à la grimace», proclamait ainsi François Chérèque à l'université d'été de la CFDT.
Où est le syndicalisme?
Mais le plus grave est sans doute l'état du syndicalisme français un an après. L'unité syndicale du «groupe des huit» a vécu. Au contraire, la concurrence entre les organisations n'a jamais été aussi rude, en raison des évolutions apportées par la loi sur la représentativité syndicale du 20 août 2008. Le passage de La Poste en société anonyme, qui aurait pu faire l'objet d'une mobilisation importante, semble presque passer... comme une lettre à la poste! Et la manifestation de la semaine dernière dans la fonction publique a été, de l'aveu même des organisateurs, un échec.
Autrement dit, la montagne a accouché d'une souris. Et, surtout, elle s'est affaissée. Un mouvement social d'ampleur paraît peu crédible aujourd'hui. Même sur la question des retraites, les Français semblent résignés si l'on en croit les sondages. Alors, comment sera présentée la grande manifestation du 29 janvier 2009 dans les manuels d'histoire de nos enfants? Comme le chant du cygne du syndicalisme français?
Denis Monneuse
LIRE EGALEMENT: Social: une «insurrection» qui fait pschitt!, Julien Coupat dans le texte et L'anticapitalisme est soluble dans la crise.
Image de une: Saccages à Strasbourg lors du sommet de l'Otan. Reuters
Mis à jour le 01/02/2010 à 12h38










































Le chant du cygne du syndicalisme français dites-vous.
Je dirais plutôt le chant du cygne d'un certain syndicalisme à la française, inféodé aux partis politiques, qui prend enfin conscience qu'il a plus à gagner en négociant avec l'état et dans les entreprises plutôt qu'en jetant les gens sur le pavé.
Peut-être que cette "révolution culturelle" signera la fin de son déclin et que, s'intéressant davantage à ses adhérents qu'à l'insurrection, les salariés reprendront le chemin des adhésions.
Merci pour cet article combien vrai.
Les français sans pouvoir ont attendu que les français des pouvoirs: politiques, syndicalistes, Medef rivalisent d'imagination pour inverser la chute dont principalement le chômage qui est la plaie de tous nos maux depuis des décennies. Pendant les périodes plus propices à la croissance les Hommes de pouvoir n'ont JAMAIS inversé les données économiques chômage, déficts et pire ils ont vendu des bijoux type péages des autoroutes pour boucler les fins de budgets et non la dette comme ils le disaient.
Il ya 2 solutions soit prendre les affaires en mains par le bulletin de vote ( qui à bien regarder ne sert à rien sauf voir la classe politique dans toute sa médiocrité) c'est à dire refuser de voter donc bloquer le système soit rester dans l'esprit actuel en mainteant et voir l'avenir bien sombre pour certains un peu moins noirs pour d'autres et TRES profitable pour ceux qui ont les pouvoirs.
Il faut choisir voilà la réalité et certainement l'honneur d'être citoyen d'un pays qui a une histoire riche d'évènements voulue et créé par les hoomme de cette France.
Je ne suis pas de gauche mais il est temps de revoir notre mode de gouvernance qui ne correspnd à aucun modèle de croissance, il y aura tjrs des riches ce n'est pas une tare mais il ne peut pas y avoir de misère pour ceux qui subissent l'incompétence des pouvoirs.
Il y a bien longtemps que les syndicats ne défendent plus les intérêts des salariés... mais les leurs...
Mais comment pourrait il en être autrement ?
A l'heure de l'individualisme roi... qui peut prétendre s'exprimer au nom des autres ? comment les lourdes structures syndicales, mamouth de la pensée unique, stupides à loisir de leurs désunions de pacotille, peuvent elle comprendrent se reformer, inventer de nouvelles formes de lutte...
Très critique envers le dialogue social en france ... et pour qu'il y est dialogue il faut être au moins deux... son absence ne me parait pas un signe d'intelligence de notre société. la résignation conduira inévitablement à la révolte... pas à la démocratie...
Bon, d'abord, une manifestation n'est pas une insurrection.
Ensuite, si oubliettes il y a, quel mobile pousse à les sonder ?
Elles ne sont pas faites pour ça !
Il doit exister un outil calendrier informatique et bien pratique
pour rappeler chaque matin aux diaristes en mal d'inspiration
à quelle vedette de la chanson il convient de souhaiter son anniversaire
et quelle commémoration historique est au goût du jour...
Des deux lectures possible du déterrage de l'année dernière,
quelle est la bonne :
- l'ironie simple criant au mouvement syndical qu'il a un petit bras impuissant
- ou l'intention (potentiellement insurrectionnelle) d'en réveiller la colère ?
Il est hasardeux de gratter des croûtes mal refermées.
Manifestement.
tous les syndicats ne sont pas inféodés aux partis politiques. La CFTC par exemple est tout à fait autonome.
L'ironie actuelle tient au fait que c'est justement au moment où les salariés auraient besoin des syndicats qu'ils se syndiquent le moins...
1984 : Défense de l'école libre, plus de 1M de personnes
1968 : Pour demander le retour de De Gaulle, plus de 1M de personnes sur les Champs Elysées.
On peut débattre sur les chiffres, mais quoi qu'il en soit, il y eu des manifs comparables à celle de janvier 2009 en France depuis la libération.
Les français commencent à inverser la relation de causalité et à comprendre que le chômage n'est pas le problème n°1 de la France. Le chômage est la conséquence facilement chiffrable des autres problèmes structurels de la France.
Personne, aucun politique ou syndicaliste, ne peut prendre de mesures contre le chômage. La responsabilité des pouvoirs est de créer les conditions favorables à la création d'emploi. Depuis plus de 30 ans, ces mêmes pouvoirs ont toujours refusé de prendre les mesures de bon sens que beaucoup de pays voisins on appliquées avec succès, de peur d'une insurrection. Les grandes grèves de 1997 sont un exemple d’une bataille perdues d’avance contre la démographie qui n’a eu pour unique résultat que de faire perdre 10 ans, puisque de toute façon les réformes refusées en 1997 sont passées les unes après les autres depuis ou le seront cette année.
Il serait finalement injuste que cette inaction débouche sur une insurrection!
Je rêve sans doute, mais si seulement les manuels d'Histoire de nos enfants pouvaient décrire cette nième manifestation comme la dernière fondée sur la thématique ringarde de lutte des classes, et annonçait l'avènement d'un modèle social mature, basé sur la représentation démocratique et le pragmatisme!
Le Grand Soir ne viendra plus, les syndicats modérés s'en sont rendus compte mais il est temps que les plus gauchistes le réalisent également.