Boire & manger / Santé

L'alcool «bon pour la santé» est un mythe

Temps de lecture : 2 min

Il est temps de sortir du déni.

L'alcool interdit de vente pendant la coupe du monde en Russie, à Volgograd, le 17 juin 2018 | Mark Ralston / AFP
L'alcool interdit de vente pendant la coupe du monde en Russie, à Volgograd, le 17 juin 2018 | Mark Ralston / AFP

Les articles sur les vertus réelles ou supposées de l'alcool sont légion. «Un verre de vin éloigne le médecin», dit-on: à défaut d'accepter de le supprimer définitivement de notre consommation, on aime lui trouver des justifications sanitaires. Il réduirait les maladies coronariennes chez les femmes, réduirait les risques de crises cardiaques... et serait donc bénéfique, pour peu qu'on y ajoute un peu de modération.

C'est faux.

Ou du moins, ce n'est qu'à moitié vrai.

Un ratio bénéfices/inconvénients peu avantageux

Dans une étude publiée sur The Lancet, des chercheurs ont compilé les données de près de 600 études antérieures portant sur les risques de la consommation d'alcool, avant de trancher: si quelques bénéfices peuvent en être tirés, ils ne suffisent pas à compenser les risques de cancer, de blessures et de maladies infectieuses qu'elle entraîne.

Chaque année dans le monde, la consommation de boissons alcoolisées est à l'origine de 2,8 millions de morts. Les produits chimiques présents dans la bière, le vin et les alcools forts sont liés à près d'un décès sur dix chez les personnes âgées de 15 à 49 ans (l'alcool provoquant des cas mortels de tuberculoses, d'accidents de la route et d'automutilation), ce qui en fait la première cause de mortalité pour cette tranche d'âge. Pour les plus de 50 ans, la principale cause de décès liée à l'alcool devient le cancer.

«Les conclusions de l’étude sont claires et sans ambiguïté: l’alcool est un problème de santé mondial colossal», a déclaré Robyn Burton, un chercheur du King’s College de Londres ayant participé à l'étude. «Les solutions sont simples: augmenter les taxes afin de créer revenu pour les ministères de la santé en difficulté, et réduire l'exposition des enfants à la commercialisation de l'alcool, ce qui ne présente pas d'inconvénients.»

La modération, argument commercial

De son côté, Bloomberg observe que la réponse des plus grands producteurs d'alcool depuis quelques années a été de vanter les mérites de la modération, tout en vendant des produits plus chers, supposés être de meilleure qualité: des stratégies marketing qui ne prennent évidemment pas en compte les problématiques sanitaires, mais qui se sont peu à peu installées dans l'imaginaire collectif.

Les auteurs ont également recensé les plus gros buveurs mondiaux: on les trouve dans les pays européens, où la Roumanie tient le haut du classement: les hommes y buvaient en moyenne en 2016 l'équivalent de 8,2 bouteilles de bière par jour. Suivent le Portugal et le Luxembourg, à 7,2 bouteilles.

Si la modération réduit des risques, ce ne sont donc jamais que ceux qui sont liés à la consommation. Le canon de rouge, si petit soit-il, peut rester un plaisir, il ne sera jamais un bienfait.

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