Santé

Aux États-Unis, les personnes âgées multiplient les overdoses

Temps de lecture : 2 min

Du soulagement à la surdose, la limite est vite franchie.

Deux cachets d'OxyCotin, une drogue utilisée comme antidouleur à l'origine de plusieurs cas d'overdoses après prescription médicale aux États-Unis | Handout / US Drug Enforcement Administration / AFP
Deux cachets d'OxyCotin, une drogue utilisée comme antidouleur à l'origine de plusieurs cas d'overdoses après prescription médicale aux États-Unis | Handout / US Drug Enforcement Administration / AFP

L'âge venant, le corps se fragilise, les maux s'accroissent et il faut bien atténuer la douleur. Aux États-Unis, 81% des plus de 65 ans sont concernés par des maladies chroniques telles que l'arthrite, l'hypertension, les maladies cardiaques et le diabète: pour les cas les plus critiques, ça se règle à coup de prescriptions d'antalgiques opioïdes, soit des drogues censées être prises à petites doses.

Une crise de santé publique

L'encadrement médical de ces traitements est pourtant laborieux, tout autant que la politique mise en place pour l'améliorer: l'an dernier, alors que Donald Trump déclarait que la crise des opioïdes était une urgence de santé publique, il s'abstenait de demander une levée de fonds supplémentaires pour endiguer cette crise sans précédent –en 2017, le nombre total de morts par overdoses était estimé à près de 72.000. Alors que le Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis faisait état d'un budget de presque 900 millions de dollars (soit 774 millions d'euros) consacré principalement aux services de traitement, le nombre d'overdoses ne fait qu'augmenter.

Bien que la part la plus âgée de la population ne soit pas la plus touchée par ce phénomène, son nombre pourrait bientôt marquer un passage du simple au double entre les chiffres de 2004 et ceux de 2020, passant de 1,2% à 2,4%. S'il n'est pas déraisonnable, le chiffre pointe toutefois la nécessité qu'il y a de systématiser un accompagnement médical suffisant pour les patients sous traitements opiacés.

Une population à risques

Selon The Atlantic, cette hausse des morts par surdose d'opioïdes chez les personnes âgées s'explique par plusieurs facteurs:

«Beaucoup subissent plusieurs opérations et se font prescrire des opioïdes qu'ils utilisent pendant longtemps, ce qui augmente leurs chances de développer des troubles liés à l'abus de drogues. Certains en prennent plus que nécessaire, parce que les opioïdes qui leur ont été prescrits ne suffisent pas à masquer la douleur. Les personnes âgées de couleur, qui font face à plus d'obstacles pour obtenir les médicaments dont elles ont besoin pour lutter contre la douleur, peuvent obtenir des ordonnances par leurs amis ou leur famille sans avoir des instructions appropriées.»

À cela s'ajoute encore l'encadrement par les professionnels de la santé, qui semble n'être pas toujours suffisant. Selon un récent sondage mené par des chercheurs de l'université du Michigan auprès de 2.000 personnes entre 50 et 80 ans, 29% déclaraient avoir reçu une prescription d'opioïdes pour lutter contre la douleur au cours des deux dernires années. Parmi eux, si 90% avaient parlé avec leur médecin ou pharmacien de la fréquence à laquelle en consommer, seulement 60% ont abordé la question des effets secondaires, 48% celle des risques d'addiction et 43% celle des risques d'overdose.

Ce manque d'information sur les risques liés à ces traitements lourds est dû en partie au manque de temps dont peuvent disposer les professionnels de la santé avec leurs patients. Faute de moyens suffisants, hôpitaux et cabinets se retrouvent surchargés et en manque de personnel, ce qui les pousse à des traitements plus expéditifs. Si la gestion de la douleur nécessite des réponses médicales adaptées au type de population traitée, c'est donc aussi une question éminemment politique.

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