Monde

L'Arabie saoudite menace de transformer le Qatar en île

Temps de lecture : 2 min

Depuis quelques mois, la presse saoudienne et des proches du prince héritier multiplient les références à un canal qui isolerait définitivement la péninsule qatarienne.

Vue du front de mer de Doha, la capitale du Qatar, le 26 novembre 2006 | Karim Jaafar / AFP
Vue du front de mer de Doha, la capitale du Qatar, le 26 novembre 2006 | Karim Jaafar / AFP

Déjà en avril, les rumeurs avaient commencé à courir, étayées par force détails. Le quotidien pro-gouvernement Al-Riyad tout comme le site en ligne Sadq faisaient état d'un nouveau projet pharamineux qui consommerait la rupture entre le Qatar et le royaume d'Arabie saoudite: celui d'un canal creusé tout le long de la frontière, qui transformerait le Qatar en île, l'isolant du reste de la péninsule.

Calquer la géographie sur la politique

Prévu entre les localités de Salwa et de Khawr Al-Udayd, le canal s'étendrait sur 60 kilomètres de long et 200 mètres de large pour 15 à 20 mètres de profondeur: un gouffre qui matérialiserait par le terrain les conflits économiques et politiques qui animent les deux États depuis plus de quatorze mois.

Accusé de soutenir le terrorisme et de flirter avec l'ennemi iranien, le Qatar avait été mis au ban du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en juin 2017.

Énième provocation, coup de communication ou véritable projet, le coût du chantier a été estimé à la bagatelle de 2,8 milliards de riyals, soit 643 millions d’euros. Si jusqu'à présent le gouvernement s'était contenté d'entretenir un flou artistique autour du projet, certains de ses membres le relayant de quelques tweets sans pour autant l'authentifier, le conseiller média de Mohammed Ben Salman, le prince héritier et vice-Premier ministre saoudien, vient d'y apporter un peu plus de crédit en témoignant ce vendredi de son impatience sur Twitter:

«En tant que citoyen, j'attends avec impatience des détails sur la mise en oeuvre du projet de l'île Salwa, ce grand projet historique qui changera la géographie de la région. Changer la géographie sur terre est possible seulement pour les dirigeants de ce pays grand et pur», a ainsi déclaré Saoud Al-Qahtani.

Fin juin, le journal Makkah rapportait que cinq sociétés spécialisées dans le creusement de canaux avaient été invitées à concourir pour un appel d'offre: Riyad trancherait en septembre pour l'attribution du projet colossal. Parmi les infrastrucures prévues alentours, une base militaire pourrait cotoyer hôtels de luxe et site de gestion des déchets nucléaires.

Alors que les autorités ont refusé de commenter plus avant, le Qatar n'en dit pas plus, et n'a pas réagi à l'annonce.

Les tentatives de médiation effectuées par le Koweit et les États-Unis sont restées lettres mortes jusqu'à présent. Une chose reste sûre: la bataille de propagande va bon train.

Slate.fr

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