Monde

Le président des Philippines continue de faire des blagues sur le viol

Temps de lecture : 2 min

Rodrigo Duterte a expliqué l'augmentation des viols dans une ville par la beauté des femmes locales.

Le président Rodrigo Duterte lors d'un discours à Manille le 8 août 2018. TED ALJIBE / AFP
Le président Rodrigo Duterte lors d'un discours à Manille le 8 août 2018. TED ALJIBE / AFP

Depuis son élection en 2016, le président des Philippines Rodrigo Duterte s'est fait connaître pour sa sanglante croisade anti-drogue, ses insultes et ses blagues sur le viol. Sa dernière sortie sur le sujet a eu lieu le 31 août, alors qu'il défendait ses actions contre la criminalité dans la ville de Davao, dont il a été maire pendant plus de 15 ans.

Pour expliquer, la persistence des viols dans cette ville, Duterte a déclaré:

«Ils disent qu'il y a de nombreux viols à Davao. Tant qu'il y aura un grand nombre de belles femmes, il y aura plus de cas de viol».

Une coalition d'associations de défense des droits des femmes a immédiatement condamné ce commentaire en notant qu'évoquer la beauté des victimes était une façon de les rendre responsables de leur propre viol.

Le porte-parole du président a tenté de rattraper le coup en disant que les habitants du Sud des Philippines avaient un humour un peu différent:

«Ce n'est pas qu'ils acceptent les blagues sur le viol, mais disons que les gens du Sud sont moins à même d'être offensés».

Ce n'était pas la première fois que Duterte faisait des plaisanteries à ce sujet. Dans un discours à des militaires en 2017, il avait dit que les soldats pourraient violer sans être inquiétés.

«Si vous avez violé trois femmes, je le prendrai sur moi», avait-il dit.

Pendant sa campagne présidentielle, il avait aussi dit qu'en tant que maire de Davao, il aurait dû être le premier à pouvoir violer une missionnaire australienne qui avait été violée et tuée dans cette ville lors d'une émeute de prison en 1989.

Lorsque sa fille, Sara Duterte, avait été interviewée à propos de cette horrible blague, elle avait dit qu'elle n'était pas choquée, bien qu'elle ait elle-même été victime d'agression sexuelle. Ce à quoi Duterte avait rétorqué que ce n'était pas vrai et qu'elle «faisait son cinéma».

Slate.fr

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