Économie

Laisser les salariés et salariées choisir leurs horaires, le futur du management?

Temps de lecture : 2 min

Le cabinet d'audit financier et de conseil PwC change de stratégie pour attirer de nouveaux talents.

46% des 2.000 interrogés ont comme priorité des horaires de travail flexibles et un bon équilibre de vie | Andrew Toth / Getty images North America / AFP
46% des 2.000 interrogés ont comme priorité des horaires de travail flexibles et un bon équilibre de vie | Andrew Toth / Getty images North America / AFP

PricewaterhouseCoopers, plus communément appelé PwC, a lancé un programme permettant à ses nouvelles recrues d’adapter leur planning de travail en fonction de leurs souhaits. Avec son Flexible Talent Network, le cabinet mondial espère attirer des collaborateurs et collaboratrices qualifiées qui ne veulent pas forcément travailler sur des horaires traditionnels. Cette disposition peut permettre d’alléger ses semaines ou de travailler seulement quelques mois par an, à condition de remplir son quotas d’heures travaillées. Avec cette mesure, l’entreprise du Big Four espère recruter des profils plus diversifiés.

L’entreprise a décidé de se conformer la «gig economy», c’est-à-dire à un système où de plus en plus de travailleuses et travailleurs indépendants sont rémunérés à la tâche et pas au mois. Selon PwC, ce virage est justifié par un rapport démontrant que presque 46% des 2.000 personnes interrogées ont pour priorités des horaires de travail flexibles et un bon équilibre de vie.

Depuis cette annonce il y a deux semaines, plus de 2.000 personnes ont postulé au Flexible Talent Network.

La flexibilité pour sortir des sentiers battus

«Les gens partent du principe que pour travailler dans une grande entreprise il faut suivre des conditions de travail traditionnelles –nous voulons bien leur faire comprendre que ce n’est pas le cas. Pour recruter les meilleurs, nous savons que nous avons besoin de leur offrir une plus grande flexibilité», affirme Laura Hinton, directrice des ressources humaines chez PwC. «Offrir une flexibilité dans le travail est non seulement bon pour les équipes mais surtout pour les affaires, l’économie et enfin pour la société», poursuit-elle.

L’entreprise ajoute qu’elle recrute aussi pour des stages rémunérés de six mois dans le cadre du programme Back to Business, qui permet aux individus expérimentés de reprendre le travail après une coupure dans leur carrière.

«Nous sommes susceptibles d’observer une hausse du nombre de personnes qui entrent et sortent du marché du travail durant leur carrière et ces organisations qui soutiennent les individus à agir ainsi gagneront un avantage compétitif», avance Laura Hinton.

Cette manœuvre semble innovante d'un point de vue managérial. Reste à savoir comment, dans les faits, elle se traduira. Alors qu’en France, le présentéisme est roi, il semble complexe pour un simple programme d’entreprise de casser les habitudes culturelles ou de savoir si cela porte ses fruits au-delà de l'effet d’annonce.

PwC n’est pourtant pas la seule entreprise à mettre en place ce genre de pratique innovante. Netflix, Virgin et Evercontact proposent à leurs collaborateurs et collaboratrices de partir en vacances quand ils et elles le souhaitent, et surtout autant que voulu. Un changement de paradigme encore trop récent pour permettre d'établir un bilan définitif.

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