Santé / Société

Comment gérer un monde de centenaires? Les leçons du Japon

Temps de lecture : 2 min

Études, puis travail, puis retraite: il faudrait s'éloigner de ce modèle.

Des vieilles dames de Miyagi, Japon | Mr Hicks46 via Flickr CC License by
Des vieilles dames de Miyagi, Japon | Mr Hicks46 via Flickr CC License by

Alors que nous n'avons toujours pas découvert de fontaine de jouvence, les théories et études sur les secrets de la longévité s'empilent. Pour vivre longtemps, faut-il avoir une consommation régulière de bière, le bon régime alimentaire, faire de l'exercice, avoir une vie saine, un patrimoine génétique extraordinaire? Tout cela en même temps?

Si l'on ne parvient pas à mettre le doigt sur une quelconque recette miracle, les centenaires continuent de se multiplier, particulièrement au Japon qui en a le taux le plus élevé au monde. En 2017, le ministère de la Santé japonais en comptabilisait 67.824 contre 153 en 1965, demandant au gouvernement tout entier de s'adapter à cette nouvelle situation.

En septembre 2017, le Premier ministre a organisé la première réunion du Conseil pour concevoir une société où l'on vit 100 ans. Le groupe d'experts et expertes réfléchit à la réforme de la sécurité sociale la plus adaptée, s'interroge sur la promotion de l'éducation à tout âge et les nouvelles formes de travail pour les personnes âgées. De fait, le Japon ne doit pas se soucier uniquement de ses centenaires mais aussi des ses seniors, de plus en plus nombreux et nombreuses. 27% de la population japonaise a plus de 65 ans, contre seulement 11% en 1990.

Une vie organisée différemment

Pour Lynda Gratton, autrice de The 100-Year Life: Living and Working in an Age of Longevity, (La vie de centenaire: vivre et travailler à l'ère de la longévité), les gouvernements et entreprises doivent commencer à «raconter une autre histoire», celle d'une «vie aux multiples étapes», où l'on travaille plus longtemps et dans différents domaines, mais qui comprend des années de pauses professionnelles. Les sociétés auraient donc besoin d'adapter leurs modes de vie au vieillissement des populations.

En août, le gouvernement japonais a proposé de repousser l'âge de départ en retraite des fonctionnaires d'État de 60 à 65 ans. Il encourage fortement la formation continue pour favoriser les changements de carrière et permettre aux Japonais et Japonaises de travailler plus longtemps.

Pour Hiroko Akiyama de l'institut de gérontologue de Tokyo, les modifications doivent être plus rapides car «la force de travail se réduit et nécessite des mesures drastiques». Elle recommande une plus grande flexibilité du travail, la promotion du télétravail et le recours à l'intelligence artificielle et à la robotique pour compenser la perte de force physique des personnes âgées.

Opportunité financière?

L'économie aussi se tourne vers l'opportunité financière que représente cette population grandissante. Des clubs de sports spécialement dédiés aux personnes âgées commencent à s'implanter et des robots ont été conçus pour s'occuper des seniors dans les maisons de retraite.

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Le Japon est à la pointe de la technologie en ce qui concerne les robots et machines pour aider au quotidien les personnes âgées, qui sont également les plus dépensières selon Lynda Gratton. Les innovations japonaises ne devraient pas avoir de mal à trouver preneurs dans le reste du monde. Les plus de 60 ans sont 962 millions dans le monde selon les derniers chiffres des Nations unies, soit plus du double qu'en 1980 (382 millions). D'ici à 2050, on estime qu'on en comptera plus de deux milliards –une personne sur trois en Europe.

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