Santé / Société

Ce qui se passe quand vous travaillez trop

Temps de lecture : 2 min

Ne pas compter ses heures, ne plus avoir d'horaires, ça n'est pas exactement sans conséquences.

Hard work, funny work | Marco Gomes via Flickr CC License by
Hard work, funny work | Marco Gomes via Flickr CC License by

D'après les derniers chiffres de l'Organisation Nationale du Travail, plus de 400 millions de personnes employées travailleraient plus de 49 heures par semaine, soit environ 22% des 1,8 milliards de personnes employées dans le monde. C'est beaucoup. C'est bien trop. Mais c'est ce qui se produit par exemple lorsqu'on essaie de monter sa propre entreprise, ou quand on mène une vie de freelance en acceptant tous les projets qui passent pour pouvoir boucler les fins de mois.

Travailler à haute dose et sans horaires fixes peut évidemment avoir des conséquences très néfastes, aussi bien sur la vie de famille que sur la productivité. Il est prouvé qu'un excès de travail vous donne le sentiment d'être moins en forme, et dégrade votre santé.

Par ricochet, les personnes qui travaillent trop sont plus sujettes aux accidents de travail, la fatigue les rendant moins alertes. Une étude américaine effectuée sur 13 années a montré que travailler sans compter ses heures fait augmenter de 61% le risque de se blesser au travail par rapport aux travailleurs et aux travailleuses dont les horaires sont globalement fixes.

70 centilitres de bière

Le journaliste José Luis Peñarredonda, qui a travaillé sur le sujet pour le site de la BBC, explique qu'une personne qui se lève à 8 heures du matin et se couche à 1 heure du matin, soit 17 heures d'éveil consécutif, est dans le même état que si elle avait bu 70 centilitres de bière. Aligner les journées marathon, c'est donc être en état d'ébriété de façon quasi permanente, et sans boire une goutte.

Alex J. Wood, de l'Oxford Institute, met particulièrement en garde celles et ceux qui travaillent pour des entreprises où les personnes les plus performantes sont automatiquement les plus demandées grâce à un algorithme. Ce sont les dangers de l'uberisation: il faut être disponible tout le temps et accepter l'impossible, sous peine d'obtenir une mauvaise note, de chuter dans le classement et donc de finir par obtenir moins de sollicitations.

Ce n'est pas une surprise, mais la principale raison qui pousse les personnes concernées à accepter toujours plus de charge de travail, c'est l'argent. Ou plutôt le manque d'argent. La peur de ne pas pouvoir payer ses factures pousse les travailleurs et travailleuses à en faire toujours plus, quitte à s'imposer des rythmes inhumains. C'est pourquoi certains chauffeurs de VTC en sont venus à rouler 20 heures par jour, ce qui a poussé Uber à imposer une limite de 10 heures consécutives.

La fin des horaires de bureau

Les nouvelles technologies sont en partie responsables de ces journées à rallonge. Ordinateurs, tablettes et smartphones ne s'arrêtent pas à la fin de la journée, nous rendant potentiellement disponibles à chaque instant. Les journées de travail n'ont plus de cadre. On peut désormais répondre à des mails professionnels à 23 heures, ou "profiter" d'une insomnie pour aller accomplir une tâche dont on n'avait pas eu le temps de s'acquitter lors de la journée écoulée.

Travailler beaucoup a des conséquences négatives, même pour Elon Musk (qui n'a pourtant pas de problèmes pour régler ses factures): après une interview donnée au New York Times dans laquelle il décrivait son importante quantité de travail et son hygiène de vie exécrable, le patron de Tesla a vu les actions de son entreprise chuter de 8,8%, comme une conséquence directe de ses révélations. Les actionnaires craignaient visiblement que Musk ne soit plus en pleine possession de ses moyens.

Trouver des solutions pour enrayer ces phénomènes est bigrement compliqué: lorsqu'on gagne moins que Musk, il est difficile de refuser du travail, d'abandonner des projets, de dire non à des chèques qui pourraient sacrément peser dans la balance à la fin du mois. C'est toute la difficulté des jobs d'aujourd'hui. On perd en qualité de vie et en productivité, mais on ne voit pas bien comment faire autrement. Toute personne prétendant détenir la solution à ce probème doit se manifester sur le champ.

Slate.fr

Newsletters

Souffrir d'un cancer du sein avant 40 ans, une «double peine»

Souffrir d'un cancer du sein avant 40 ans, une «double peine»

Sur les 54 000 nouveaux cas annuels de cancers du sein, 10% touchent des femmes de moins de 40 ans. L’association Jeune et Rose leur est dédiée.

À New York, les accouchements prématurés ont augmenté depuis l'élection de Trump

À New York, les accouchements prématurés ont augmenté depuis l'élection de Trump

En particulier chez les femmes immigrées.

Une playlist Spotify pour sauver des vies

Une playlist Spotify pour sauver des vies

Un hôpital américain a sorti une playlist de chansons au rythme desquelles faire un massage cardiaque.

Newsletters