Société

Mieux reconnaître ses erreurs, ça s'apprend

Temps de lecture : 2 min

Et nous en avons toutes et tous besoin. Sans exception.

Stop Button | Bjorn Watland via Flickr CC License by
Stop Button | Bjorn Watland via Flickr CC License by

Ce monde irait franchement mieux si nous étions capables de reconnaître nos erreurs et de faire machine arrière et/ou amende honorable. C'est probablement parce qu'elle est totalement en phase avec cette idée qu'une équipe de recherche britannique a travaillé sur notre aptitude à repérer les situations dans lesquelles nous avons tort.

Plus précisément, le chercheur Stephen Fleming de l'University College de Londres s'est demandé s'il était possible de s'entraîner afin de mieux reconnaître les moments où nous nous trompons. Son équipe en est arrivée à la conclusion suivante: une courte phase d'entraînement peut permettre de booster ses capacités métacognitives, c'est à dire (comme le résume Wikipedia) l'aptitude à exercer une activité mentale sur ses propres processus mentaux. Concrètement, cela se traduit par le fait de pouvoir porter un jugement sur ses propres réflexions.

Les vertus de l'entraînement

Ces résultats concernent non seulement la tâche visuelle sur laquelle les sujets de l'étude ont été entraînés, mais aussi d'autres facultés liées à la mémoire. «C'est ce résultat qui a particulièrement excité mon équipe», explique Stephen Fleming. «car il suggère qu'un protocole d'entraînement peut avoir un impact positif sur la métacognition».

Au début de l'expérience, des personnes devaient observer une paire d'images avec des lignes plus ou moins brillantes, présentées sur un fond sombre. Il a alors été demandé aux sujets de déterminer laquelle des deux cartes avait les lignes les plus brillantes, et d'évaluer leur degré de confiance à l'aide d'un nombre compris entre 1 et 4.

Tandis que la moitié des personnes étudiées (utilisées à de simples fins de contrôle) apprenait alors simplement si elle avait bien répondu ou non, l'autre moitié recevait des points en fonction de sa capacité à évaluer ses réponses. Les membres de ce second groupe recevaient des points s'ils avaient répondu correctement avec confiance, ou s'ils s'étaient trompés avec un indice de confiance très bas. Autrement dit, les personnes étaient récompensées si elles jugeaint correctement la qualité de leurs réponses, qu'elles soient justes ou erronées. Des récompenses transformées en rémunérations sonnantes et trébuchantes afin de motiver tous les sujets à faire de leur mieux.

Après 8 sessions de 20 minutes d'entraînement réparties sur 2 semaines, les capacités métacognitives moyennes du groupe sur cette épreuve sont passées d'un score de 74 à un score de 84 sur une échelle de 0 à 100. Plus surprenant: sur d'autres types d'épreuves liées à la mémoire (listes des mots à retenir, etc.), le groupe qui s'était entraîné sur l'épreuve des images s'est montré de nouveau très performant au niveau de son aptitude à évaluer la justesse (ou non) de ses réponses... bien plus performant que le groupe constitué des personnes n'ayant pas pu s'entraîner.

L'équipe du professeur Fleming est en train de réitérer ce genre d'expérience, comme le rapporte NewScientist. Elle étudie cette fois l'activité du cerveau des sujets pendant qu'ils participent à l'expérience, afin de voir si certaines zones sont davantage sollicitées.

Pour Nick Yeung, de l'Université d'Oxford, les résultats sont prometteurs, même si rien ne dit que les progrès liés à cet entraînement puissent réellement être prolongés dans la vie réelle. «Dans la vie, les gens pensent à leurs décisions, mais ils ne leur attribuent pas de notes entre 1 et 4».

Slate.fr

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