Société / Monde

Les détenus américains se mettent en grève

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Pour trois semaines et dans dix-sept États.

Le salaire moyen en prison est estimé à 20 centimes de l'heure | TryJimmy via Pixabay CC License by
Le salaire moyen en prison est estimé à 20 centimes de l'heure | TryJimmy via Pixabay CC License by

Aux États-Unis, une partie des prisonniers et des prisonnières devrait se mettre en grève du 21 août au 9 septembre, en référence à la révolte sanglante de la prison d'Attica dans l'État de New-York, débutée le 9 septembre 1971. Pour tenter d'attirer l'attention sur les conditions de travail en prison et de détention, certains arrêteront de travailler, d'autres de manger.

Le travail en prison a récemment été évoqué dans les médias américains, de nombreux prisonniers ayant été recrutés, sur la base du volontariat, pour aider à éteindre des incendies en Californie et ce, pour un dollar de l'heure et deux dollars supplémentaires par jour. Une mission censée être «bien rémunérée»: le salaire moyen en détention est estimé à 20 centimes de l'heure.

De «l'esclavage moderne» pour Amina Sawari, porte-parole des détenues et détenus en colère. Pas tout à fait, répond la loi: aux États-Unis, le treizième amendement, qui a permis d'abolir l'esclavage, comporte une exception, «la servitude involontaire comme punition d'un crime».

Le principal levier des prisonniers est leur propre corps

La manifestation survient deux ans après la plus grande grève des prisons de l'histoire des États-Unis, qui a concerné douze États. S'il est difficile de déterminer le nombre exact de grévistes lors du prochain mouvement, les porte-paroles estiment qu'il concernera les prisons d'au moins dix-sept États, en faisant ainsi la plus grande manifestation du genre.

«Le principal levier des prisonniers est leur propre corps, témoigne Sawari, une prison ne peut pas opérer sans le travail des prisonniers» qui cuisinent, nettoient, s'occupent du jardin, de la lessive... En plus des grèves, grèves de la faim et des sit-ins, les personnes incarcérées appellent également au boycott des entreprises et agences qui profitent du travail en prison.

Parmi les dix demandes formulées se trouvent: «la fin de l'esclavage en prison», «une amélioration des conditions de détention», l'extension du droit à la liberté conditionnelle à tous les criminels, la fin du traitement inégal et raciste subi par les personnes racisées, l'augmentation de la possibilité de réinsertion.

Pour améliorer les conditions de détention, il faudrait que les États acceptent de débloquer plus de fonds. Ce qui semble impossible pour le porte-parole du département de correction et réhabilitation californien, Jeffrey Callison, qui estime que «le coût de chaque prisonnier est de 80.000 dollars par an». Il faut payer les gardiens, la sécurité, la nourriture, ce qui empêcherait de rémunérer davantage les prisonniers.

Cet été en France, les conditions de détention ont elles aussi été pointées du doigt par quatre détenus de Villepinte, qui ont montré au monde extérieur l'état des cellules surchargées et insupportables à cause de la chaleur. L'Observatoire international des prisons alerte chaque année sur les conditions d'incarcération, cinquante-trois prisons françaises sont en situation de surpopulation extrême.

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