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Capitalisme: les illusions de Sarkozy

Le président français affirme qu’on peut refonder le capitalisme et le rendre plus humain. Il a de l’espoir… Par Jacob Weisberg, président de Slate Group.

Samedi 30 Janvier 2010
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«Il n’existe pas de repas gratuit» est un autre lieu commun économique infirmé à Davos: au Forum économique mondial, on peut manger gratuitement partout. La nourriture est essentiellement composée de sandwichs (au pain noir) à l’emmental.

Mercredi soir, Nicolas Sarkozy, l’un des grands pontes à s’être déplacé dans la station suisse, a remis en cause comme jamais la vision du monde des économistes. Au cours d’une allocution passionnée qui, à une autre époque, aurait été considérée comme vantant ouvertement la «troisième voie» économique, il a tenté de trouver le juste milieu entre un capitalisme inhumain et un socialisme non viable. Dans la mesure où le terme «socialisme» garde un mauvais goût même en France, même après la crise économique, Sarkozy a préféré envisager sa démarche comme la proposition d’une autre forme de capitalisme. Une économie de marché complètement libre est une menace pour les valeurs humaines, argumente-t-il: «Nous ne réconcilierons pas les citoyens avec la mondialisation, avec le capitalisme si nous ne sommes pas capables d’apporter au marché des contrepoids, des correctifs.»

Un capitalisme doux?

La question est de savoir si le capitalisme plus doux préconisé par Sarkozy existe. Le président de la République française pense qu’il est possible d’inciter les capitalistes à mieux se comporter en leur rappelant leurs responsabilités vis-à-vis de la société. Il veut aussi distinguer le capitalisme sain d’un côté, qui crée des emplois et de la richesse, et de l’autre un «capitalisme financier» malsain. Sarkozy a déploré la situation économique qui a précipité la crise, une situation où, selon lui, «le rentier prenait le pas sur le travailleur, où les effets de levier, atteignant des proportions déraisonnables, engendraient un capitalisme dans le lequel il était devenu normal de jouer avec l’argent des autres, de gagner facilement, rapidement, sans effort et trop souvent sans aucune création de richesses ou d’empois».

Aussi pertinentes soient certaines parties de cette analyse, il y a, à mon sens, peu de chances que les capitalistes deviennent plus gentils, plus généreux ou moins rapaces simplement à cause de la crise. Et je ne crois pas que la distinction que fait Sarkozy entre le bon capitalisme d’entrepreneurs et le mauvais capitalisme de spéculateurs tiendra longtemps. Cela me fait penser à la réflexion qu’on attribue à tort à George W. Bush, selon laquelle il n’existe même pas de terme en français pour le mot anglais entrepreneur.

Dans la réalité, tous les entrepreneurs sont des spéculateurs (même si l’inverse n’est pas toujours vrai). Dans la réalité, les entrepreneurs sont aussi avides de profits que les directeurs d’institutions financières, si ce n’est plus. Les financiers, qui soutiennent les entrepreneurs, jouent un rôle tout aussi crucial dans la création d’emplois. Et la spéculation n’est qu’un terme qui peut gêner certains pour parler d’un investissement. Sans la spéculation, le concept de capitalisme est en fait… très français.

Jacob Weisberg

Traduit par Micha Czifra

Image de une: le 27 janvier 2010 / REUTERS/Michael Buholzer

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Comments

Il ne faut pas confier la Politique aux élus (Clémenceau :-)

"Dans la réalité, tous les entrepreneurs sont des spéculateurs" c'est obligatoire sinon l'entreprise meure. Mais la question est: spéculer pour spéculer? réponse Non, Non, Non et Non! pour faire croître et prospérer l'entreprise surtout manufacturière avec plus d'innovations, avec plus de collaborateur, plus de machine, plus de bâtiments (les entreprises commerciales étant classées dans le lot spéculer pour spéculer) dans l'autre cas c'est plus de fric pour plus de fric pour plus de fric et encore plus de fric.

Le capitalisme doux

N'en déplaise à monsieur Weisberg, président et rédacteur en chef de Slate Group, si le capitalisme doux n'existe effectivement pas encore, il faudra cependant l'inventer, que cela plaise ou non à la finance internationale.
La réforme pourrait commencer par celle du FMI, dirigée par monsieur Strauss-Kahn, grand socialiste devant l'Eternel.
En effet le FMI favorise impitoyablement les intérêts des grandes banques internationales et des sociétés multinationales au détriment des pays du Sud obligés d'abandonner les cultures vivrières pour cultiver des denrées exportables sur le marché international pour acquérir les devises leur permettant de rembourser leur dette.
Les organisations spécialisées de l'ONU ont estimé à 59 millions le nombre de morts des pays du Sud dus au sous-développement en 2007.
Elles prévoient aussi une augmentation des prix pour les cinq prochaines années ainsi que des émeutes de la faim de plus en plus violentes et de moins en moins contrôlables.
Aussi on ne peut que conseiller à monsieur Weisberg de relire ce qu'écrivait Bertrand Russell à la première conférence sur le désarmement et qui est plus que jamais d'actualité :
"We appeal as human beings to human beings.
Remeber your humanity and forget the rest !
If you can do so, the way is open for a new society,
If you cannot, there lies before you the risk of universal death."
(Avec l'aide de Jean Ziegler et de son : "La haine de l'Occident")

Marianne Arnaud

I had a dream ( j'ai fait un rêve)...!

Sarkozy prenait sa carte de militant écolo, les Balkany faisaient un don aux pauvres de Levallois, Frédéric Lefebvre écoutait gentiment ses opposants, Henri Guaino écrivait des histoires pour les enfants, Dominique de Villepin envoyait des chocolats à Jean-Claude Marin, tout le monde était beau, tout le monde était gentil, et soudain...j'ai compris que le voyage à Davos m'avait beaucoup fatigué et que je venais de m'assoupir quelques instants!

dest

Le capitalisme "adouci" selon

Le capitalisme "adouci" selon Sarkozy c'est pourtant simple: vous voulez construire une usine ? Vous lui demandez où vous devez la faire, il peut même vous interdire de la construire là où vous aviez décidé. Vos recettes de publicité baissent, vous lui demandez, il vous fait une loi pour interdire la publicité chez les autres. Vous ne voulez pas de concurrent en téléphonie, vous le lui demandez et il interdit la concurrence. Vous n'arrivez pas à vendre vos avions ? Pas de problème, il va le promettre à n'importe qui en promettant aussi tout ce que le client demande. Vous n'arrivez pas à importer tranquillement du pétrole d'Angola ? Pas de problème, il va faire tous les arrangements possibles avec le dictateur local. Bon, deux ans après, vous avez fait l'usine où vous vouliez, celui qui a perdu sa pub n'en a jamais autant vendu, un quatrième opérateur de téléphonie va quand même apparaître, toujours aucun avion n'a été vendu, le protégé du dictateur est arrêté et incarcéré en plein procès... N. Sarkozy a eu le bac économique, difficilement avec l'oral, son discours à Davos était de ce niveau.

quel délire

Nous avons la chance d'avoir un Président qui parle beaucoup ce qui permet aux journalistes et aux citoyens de commenter en permanence les contradictions de M. Sarkozy qui aime faire du poujadisme avec éloquence mais tout son contraire dans les faits.
Il me vient en mémoire lors d'une de ses conférences de presse "gesticulatrice" qu'il souhaitait que les entreprises partagent en 3 tiers leur résultat (un pour l'investissement, un pour les actionnaires, et un pour l'intéressement des SALARIES) voilà une idée, bonne comme aurait dit M. Coluche, mais vite tombée dans les oubliettes je pense que le MEDEF lui à rappelé qu'il en n'était pas question et le voilà au garde à vous devant Mme Parisot
Lors de sa dernière intervention, il a tiré plus vite que son ombre concernant les vacataires de la fonction publique et notre cher ministre du budget lui a rappelé que cela avait un coût insupportable, une solution des vacataires "privatisées" comme dans la nlle donne des universités et où en est la nouvelle dnne de la supression de poste de fonctionnaires, encore une contradiction. Autre sujet intéressant l'affaire de la prod de la Clio4 que le Président souhaite voir fabriquée en France pour le marché intérieur et des pays limitrophes un bémol le PDG de Renault annonce uniquement le marché français soit peu d'emploi.
Et que dire du refus de taxer le bénéfice des banques à hauteur de 10% il préfère taxer les traders qui ne paieront rien, coût pris en charge par les banques, car le vrai payeur sera le client, les banques d'une manière ou une autre répercuteront ce coût.
Alors notre Président parle beaucoup beaucoup trop d'ailleurs mais dans le fond il est à la botte des intitutions privées, ne pas oublier que les grands mécènes de sa campagne 2007 et celle de 20I2 sont ceux qu'il pourfend dans les discours mais pas dans les faits.
Reconnaissons à notre Président son côté bonnimenteur un vrai plaisir pour les guignlos, les journalistes et les citoyens qui le prennent pour ce qu'il est un simple gesticulateur.

MAYOMBE

Gentils vs. méchants

Ca c'est bien du sarko : les gentils vs. les méchants.

Je ne crois pas à cette analyse qui ne fait que monter les gens les uns contre les autres, accroit la défiance et réduit la cohésion sociale.

il n'y a de méchants que des gens pris dans un système qui les incite à faire ce que le système veut. Spéculation, assistanat etc ne sont que des produits du système français.

Ce ne sont pas les mesurettes douces pour un capitalisme "doux" et les appels du pieds en suppliant les "méchants" de devenir "gentil" qui résoudront quoi que ce soit. Il faut penser autrement et reconstruire un nouveau système qui incite tout le monde à etre plus vertueux pour l'intérêt général.

Entrepreneur...

...est un mot français, et pas du tout anglais, comme semble le penser Jacob Weisberg pour se moquer!

C'est en anglais qu'il n'y a pas d'équivalent! C'est la langue anglaise a repris le mot français à son compte pour le coup!

Ainsi, pour dire "un entrepreneur" en anglais, on dit "an entrepreneur" (prononcer entweupweuneuw).

La raillerie était donc pour le coup complètement déplacée, et même s'inverse pour desservir son propos!

j

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