Sciences

Améliorer génétiquement les bébés n'est pas un problème pour la plupart des Américains

Temps de lecture : 2 min

Tout dépend si l'intervention semble médicalement motivée ou non.

Double hélice | Venkataramesh.Kommoju via Flickr CC License by
Double hélice | Venkataramesh.Kommoju via Flickr CC License by

Selon une enquête du Pew Research Center dévoilée fin juillet, une majorité d'Américains sont favorables à la modification génétique d'un bébé à naître, tant que l'intervention promet un bénéfice médical clair. À l'inverse, selon le sondage mené entre le 23 avril et le 6 mai derniers sur un échantillon représentatif de 2.537 adultes, les Américains sont aussi nombreux à considérer que l'édition génomique d'un embryon pour améliorer les capacités intellectuelles de l'humain qu'il deviendra relève d'un usage «excessif» –et dès lors non approprié– de biotechnologies comme CRISPR-Cas9.

En l'espèce, si la modification génétique de l'embryon vise à corriger une anomalie promettant une maladie grave au bébé, 72% des sondés y sont favorables. Ils sont encore 60% à la regarder d'un bon œil si l'intervention garantit une diminution des risques de troubles ou de maladies graves au cours de la vie. Par contre, pour des visées qui semblent spontanément plus «cosmétiques» comme l'amélioration du QI –alors que l'on sait cette mesure très solidement corrélée à la longévité ou à la survenue de nombreuses maladies– les individus interrogés ne sont que 19% à soutenir l'édition génomique, contre 80% à estimer que c'est «aller trop loin» dans l'usage de la science.

Comme on pouvait s'en douter, ces moyennes varient selon les catégories envisagées par les chercheurs de Pew. Par exemple, si seulement 46% des individus se déclarant «très religieux» sont favorables à une édition génomique médicale des embryons, le pourcentage grimpe à 73% chez les personnes se considérant comme «peu religieuses». On note aussi des fluctuations entre les sexes, avec 65% des hommes (contre 54% des femmes) approuvant l'édition génomique pour réduire le risque de survenue d'une grave maladie au cours de la vie. De même, si 43% des hommes sont favorables à la recherche sur des embryons humains, les femmes ne sont que 24% à l'approuver selon cette enquête.

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