Société

Acheter des vêtements, poster une photo sur Instagram, les renvoyer

Temps de lecture : 2 min

Une stratégie grandissante pour porter un #ootd (comprenez une tenue différente tous les jours).

Lianyungang, Chine, novembre 2016  | Str / AFP
Lianyungang, Chine, novembre 2016 | Str / AFP

Acheter des vêtements hors de prix pour un événement, planquer les étiquettes et les rendre au magasin le lendemain est une stratégie, comme une autre, employée depuis de nombreuses années pour éviter de dépenser trop d'argent en fringues. Aujourd'hui, c'est plutôt pour la gloire d'Instagram, où l'on affiche son «outfit of the day», sa tenue du jour, sous le hashtag #ootd, qui recense déjà plus de 200 millions de publication.

Selon un sondage produit par l'entreprise bancaire Barclaycard, près d'une personne sur dix au Royaume-Uni (9%) avoue acheter des habits pour prendre une photo et la poster sur les réseaux sociaux, avant de retourner les articles au magasin en ligne. Un comportement qui concerne surtout les 35 à 44 ans –environ 20% (précisons que seuls les adultes ont été interrogés).

Les hommes seraient aussi plus nombreux à adopter ce type de comportement, 12% contre 7% pour les femmes. Un sur dix avouant se sentir gêné de porter deux fois la même tenue devant un ami contre 7% des femmes. 15% des hommes interrogés seraient aussi plus enclins à porter des tenues avec les étiquettes au cas où ils souhaiteraient les rendre contre 11% des femmes.

Le hashtag #ootdmen recense plus de 2,8 millions de publications

Essayer avant d'acheter

C'est sûrement l'introduction du concept «essayer avant d'acheter» des services de ventes en ligne qui accentue cette tendance: les consommateurs et consommatrices sont débitées une semaine après leur commande ce qui leur laisse le temps d'essayer et de retourner les articles si nécessaire.

Sur la publication de cette instagrameuse, on aperçoit encore l'étiquette sur le jean, prêt à être renvoyé.

«Les commerçants sont en train d'adopter de nouvelles politiques de retours pour les rendre plus simples comme ils savent que c'est très important pour les consommateurs», explique George Allardice, chef de la stratégie chez Barclaycard. Il serait bon, selon lui, que les commerces changent de stratégie en proposant plutôt plus de photographies et vidéos de leurs produits, «en montrant comment associer et accessoiriser les modèles pour différentes tenues et styles, ils pourraient réduire le nombre de personnes qui se prennent en photo pour ensuite renvoyer les vêtements

#ootd

Certaines marques jouent de ce hashtag: «Il y a des vêtements faits pour les réseaux sociaux; faits pour être portés une fois, peut-être deux, photographiés et jetés», écrivait Allison P. Davis, journaliste pour le magazine The Cut en évoquant la marque Fashion Nova, qui fait sa communication quasiment exclusivement sur Instagram grâce à un réseau de modèles amatrices, sosies des Kardashian. Elle propose des tenues très bon marché, souvent portées une seule fois. Une autre marque, Rent The Runway, surfe sur cette vague du retour en proposant des tenues à louer.

Certaines entreprises de mode vont à contre-courant en proposant par exemple aux femmes de diminuer le temps passé à choisir sa tenue en offrant des sortes de «package» d'«uniformes de travail» composés de plusieurs pièces de qualité à assembler différemment. Ce qui ressemble au concept grandissant de «capsule wardrobe»: garde-robe privilégiant la qualité à la quantité. Ce n'est pas pour déplaire aux écologistes inquiets du coût environnemental de la surconsommation et de la tendance explosive au renvoi.

Slate.fr

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