Politique / Monde

Omarosa Manigault, la femme qui inquiète l'administration Trump

Temps de lecture : 4 min

La publication du livre d'une ancienne collaboratrice fait trembler jusqu'au plus haut sommet de l'État.

Omarosa Manigault, janvier 2017  | Dominick Reuter / AFP
Omarosa Manigault, janvier 2017 | Dominick Reuter / AFP

Trump qui veut prêter serment sur son propre ouvrage Trump par Trump: L'art de la négociation plutôt que sur la Bible, Trump qui prononcerait le N-word («le mot en N», injure à caractère raciste), sa conseillère Omarosa Manigault qui enregistre des conversations au cœur du pouvoir, dans la célèbre et ultra sécurisée Situation Room...

Autant de révélations que l'on retrouve dans Unhinged: An Insider's Account of the Trump White House (Déséquilibré: récit de l'intérieur de la Maison Blanche de Trump), le livre de l'ancienne conseillère du président publié aujourd'hui.

Ce n'est pas le premier ouvrage accablant sur le Président et son entourage: en janvier dernier sortait Fire and Fury de Michael Wolf, on l'on découvrait des coulisses peu flatteuses. Omarosa Maningault, elle, accuse Trump d'être raciste, misogyne et instable dans le récit de son année passée à la Maison Blanche comme conseillère du Président en charge des relations avec la communauté noire-américaine. Avant ce job, elle était surtout connue pour avoir participé à l'émission de télé-réalité de Donald Trump «The Apprentice».

Petit tour d'horizon des révélations

Dimanche, la femme de 44 ans était interviewée par NBC dans l'émission «Meet The Press». Elle y affirme que «John Kelly (son chef de cabinet, ndlr) dirige la Maison Blanche et Donald Trump n'a aucun idée de ce qu'il se passe» et qualifie le président d'«instable mentalement». Elle diffuse lors du show l'enregistrement d'une conversation téléphonique entre elle et le président juste après son licenciement. On y entend Donald Trump être très surpris par son renvoi: «Je ne savais pas. Mon Dieu! Je n'aime pas cette idée que vous deviez partir.» Une preuve, pour l'ancienne conseillère, que Donald Trump serait totalement «manipulé».

Elle affirme également avoir des enregistrements dans lesquels Trump emploie le N-word («nigger», «nègre» en français).

Franck Luntz, éditorialiste pour Fox News, s'est empressé de contredire la femme sur twitter.

«Je suis dans le livre d'Omarosa à la page 149. Elle écrit avoir entendu quelqu'un dire qu'il m'avait entendu dire que Trump utilisait le N-word. Non seulement, c'est faux (je n'ai jamais rien entendu de tel), mais elle n'a même pas pris le soin de m'appeler ou de m'envoyer un mail pour vérifier. Un piètre travail.»

Micahel Cohen, ancien avocat de Trump, a également pris la défense du président concernant une autre révélation étrange. Trump aurait avalé des documents sensibles pour éviter de les transmettre aux archives assure Omarosa.

«À la douzaine de journalistes qui m'ont appelé, m'interrogeant à propos de l'affirmation d'Omarosa dans son nouveau livre sur Donald Trump aurait pris une note, l'aurait mise dans sa bouche et mangée... Je n'ai jamais rien vu de tel et je suis choqué qu'on puisse prendre cela au sérieux.»

Inquiétude quant à la sécurité

Mais ce sont surtout les circonstances de son renvoi qui agitent médias et politiques amécains. Celui-ci aurait eu lieu dans la Situation room, pièce ultra sécurisée où se retrouvent le président et ses conseillers en cas de crises majeures. Pièce où elle aurait illégalement apporté de quoi enregistrer des conversations malgré la stricte interdiction.

Une affirmation qui remet en question la sécurité au sein de la Maison Blanche, car personne n'aurait remarqué l'ancienne employée en train d'enregistrer son licenciement avec John Kelly, chef de cabinet. Walter Shaub, ancien dirigeant du bureau d'éthique du gouvernement, organisme indépendant chargé d'éviter les conflits d'intérêt, s'inquiète de cette situation dans le Washington Post: «Toute cette histoire pose question sur les capacités de la Maison Blanche à maintenir la sécurité et cela reflète les dysfonctionnements dans la situation du personnel.»

«C'est étrange que John Kelly l'emmène dans une pièce sécurisée juste pour lui dire qu'elle est virée. Surtout qu'elle n'est connue que pour être une star de télé-réalité, c'est aussi étrange de l'avoir embauchée en premier lieu», ajoute-t-il avant d'affirmer qu'il n'est pas inimaginable, comme Omarosa l'explique, qu'on lui ait proposé un contrat à 15.000 dollars par mois pour se taire suite à son licenciement. Une technique classique de la Maison Blanche pour maintenir ses anciens employés dans le silence, selon lui.

Ronna McDaniel, présidente du comité national Républicain, estime que la femme devrait être poursuivie en justice pour ses enregistrements.

Selon ABC News, si les membres du cabinet du président sont aussi inquiets, c'est aussi parce qu'ils ont peur des renseignements que pourrait posséder l'ancienne employée.

Pour le moment, Trump a simplement qualifié Omarosa d'«opportuniste». Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a réagi plus longuement dans une déclaration: «Au lieu de dire la vérité sur toutes les bonnes choses que le Président Trump et son administration font pour rendre l'Amérique sûre et prospère, ce livre est criblé de mensonges et de fausses accusations [...] C'est triste qu'une ancienne employée contrariée essaie de profiter de fausses attaques, et encore pire, que les médias lui fournissent une plate-forme de diffusion après ne pas l'avoir prise au sérieux quand elle n'avait que des choses positives à dire sur le président.»

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