Société / Tech & internet

Sur les sites de rencontre, on a tendance à chercher des partenaires «25% plus désirables» que soi

Temps de lecture : 2 min

Pour le mesurer, une étude a combiné les données des messages reçus avec la popularité des envoyeurs et envoyeuses.

It's not a match! | 27707 via Pixabay CC License by
It's not a match! | 27707 via Pixabay CC License by

«Qui se ressemble s'assemble», si la ritournelle est souvent statistiquement juste –les hommes et les femmes cherchant des partenaires sensiblement du même âge, du même milieu social– sur les sites de rencontre, la recherche de l'amour n'obéit pas aux mêmes lois.

Une étude, publiée dans le magazine Science Advances, prouve qu'en ligne, les personnes ont tendance à chercher un partenaire en moyenne 25% «plus désirable» qu'eux. Et plus les personnes convoitées sont désirables, plus les messages envoyés sont longs, même si le taux de réponse est mauvais.

«On a cette phrase, "Il ou elle est hors catégorie"/ "Trop bien pour moi". Qu'est-ce que ça signifie scientifiquement, que quelqu'un soit hors catégorie? Comment peut-on le déterminer, qui est dedans, qui ne l'est pas?», c'est ce questionnement qui a conduit la chercheuse principale de l'étude, Elizabeth Bruch, docteure en sociologie et statistiques, à analyser les données de 187.000 personnes hétérosexuelles inscrites sur un site de rencontre populaire et gratuit à New-York, Chicago, Seattle et Boston –le nom de l'entreprise n'a pas été révélé suite à un accord de confidentialité.

Différences de «désirabilité»

Pour mesurer la «désirabilité» d'une personne, Bruch a combiné les données des messages reçus avec la popularité des envoyeurs et envoyeuses. Elle a ensuite classé les personnes en utilisant le même type d'algorithme que Google Search.

Différentes tendances ont émergé: la «désirabilité» d'une femme diminue progressivement de ses 18 à ses 60 ans. Pour les hommes, le pic est atteint autour de 50 ans. Plus un homme est éduqué, plus il sera vu comme un bon partenaire. À l'inverse pour les femmes, le pic de «désirabilité» se situe quand elles sont étudiantes mais diminue avec un niveau d'études plus élevé. Les femmes asiatiques et les hommes blancs sont les plus contactés.

Même si les femmes ont plus de chances d'obtenir une réponse de façon générale, pour les deux genres la probabilité de réaction décroit en fonction de l'écart de «désirabilité». En engageant la conversation avec des femmes «plus en haut de l'échelle», le mieux que les hommes puissent espérer est une réponse toutes les cinq tentatives.

La plupart des utilisateurs et utilisatrices reçoivent de nombreuses sollicitations mais une fraction en reçoit beaucoup plus. Une new-yorkaise de 30 ans a reçu 1.504 messages en un mois, soit un toutes les 30 minutes (de jour comme de nuit).

Une majorité des hommes comme des femmes a tendance à entrer en contact avec de potentiels partenaires plus «désirables» qu'eux et très peu avec des personnes moins «désirables». «Intuitivement, je m'attendais à trouver une sorte d'écart de désirabilité, raconte la chercheuse à CNN, mais je le pensais plutôt de l'ordre de 5 ou 10%, pas 25%. Ce chiffre pour moi est vraiment frappant.»

Illusion d'accessibilité

Finalement Elizabeth Bruch décrit ce phénomène comme «la norme». «En ligne, il y a beaucoup, beaucoup de personnes à contacter, et il y a surement l'illusion potentielle que toutes sont accessibles, quand en réalité, ce n'est pas le cas», analyse la chercheuse.

Et cet effort de message est parfois inutile: «La probabilité d'obtenir une réponse est peut-être de l'ordre de 10% quand vous envoyez un message de façon ambitieuse. Mais ce n'est pas zéro non plus

Eli Frinkel, psychologue qui n'a pas participé à la recherche, explique à CNN que c'est une question de prise de risque: «Le coût de l'ambition est très faible dans ce contexte par rapport à la vraie vie où la réjection est beaucoup plus douloureuse.» C'est finalement une stratégie assez rationnelle, cela ne coûte pas grand chose d'essayer.

Slate.fr

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