Sciences

Coloniser Mars est une mauvaise idée (et reste de toutes façons très compliqué)

Temps de lecture : 3 min

Désolé Elon Musk.

Le rover de la NASA en 2020  | NASA/JPL-Caltech CC License by
Le rover de la NASA en 2020 | NASA/JPL-Caltech CC License by

L'idée de terraformer, c'est à dire modifier Mars pour rendre la planète habitable, devrait rester science-fiction. Le fondateur de Space X et Tesla, Elon Musk, a pour ambition de coloniser Mars grâce à un voyage interplanétaire à bord de la «Big F*cking Rocket», put**n de grosse fusée, d'explosions nucléaires et d'infrastructures de transports pour des millions de personnes. Un défi ambitieux et technique: il va lui falloir entre autre transformer le climat de la planète et trouver une solution contre les radiations.

En février 2018, Musk ea envoyé dans le ciel un véhicule Tesla roadster propulsé par la fusée Falcon Heavy, ouvrant la voie vers la planète rouge. Six mois plus tard, les plans du milliardaire ressemblent de plus en plus à un fantasme, explique Andrew Coates, professeur de physique et directeur adjoint du laboratoire de science spatiale Mullard: «Depuis, nous avons appris qu'il pourrait il y avoir une forme de vie sous la surface de Mars et qu'il pourrait être impossible de terraformer la surface».

Sous la surface de Mars

Des scientifiques viennent de découvrir un gigantesque lac sous la surface du pôle sud de Mars, d'au moins 20km de diamètre grâce au radar de la sonde Mars Express. C'est la première fois que de l'eau liquide est repérée sur la planète, il est donc possible que d'autres lacs plus profonds soient encore à découvrir, augmentant la possibilité d'une vie extraterrestre, d'autres preuves d'une vie passée ayant déjà été récoltées. Un signe que la planète pourrait être habitable, se dit-on alors.

Mieux vaut ne pas se réjouir trop rapidement, selon Coates: «Bien que la nouvelle découverte puisse alimenter les rêves des apprentis colons, qui imaginent que l’eau du lac pourrait être utilisable par les humains, la réalité est très différente. Il y a un risque de contaminantion et nous ne devrions envoyer personne tant que nous ne savons pas avec certitude si la vie a naturellement évolué, ce qui pourrait prendre des années, voire des décennies.»

Terraformation à la bombe nucléaire

Musk avait émis l'idée d'une terraformation pour pouvoir peut-être «marcher sur Mars sans rien porter». Le plus «simple» pour cela serait de produire une atmosphère avec des gaz à effet de serre pour augmenter la température et la pression. Le propriétaire de Tesla avait déjà suggéré de lâcher une bombe thermonucléaire sur la glace des pôles pour la réchauffer et libérer du dioxyde de carbone.

Mais selon une étude de Nature Astronomy, basée sur différentes données et mesures récoltées depuis quinze ans par Mars Express, la planète aurait perdu beaucoup de son potentiel de gaz à effet de serre dans l'espace, trop pour pouvoir mener à bien le projet de Musk. Car Mars a perdu son champ magnétique il y a 3,8 milliards d'années. Depuis, l'atmosphère de la planète fuite dans l'espace. Andrew Coates évoque la possibilité de gaz disponibles plus profondément mais aucune technologie n'est suffisamment avancée pour le prouver.

Cette absence de champ magnétique ne permettrait pas à l'atmosphère créée par les colons de Musk de se stabiliser: il faudrait ralentir les fuites pour permettre la terraformation. Pour le moment, les nouveaux locataires auraient besoin de construire des habitations avec des murs et toits très lourds et totalement hermétiques pour filtrer les radiations et avoir une atmosphère vivable.

Si Musk doit être déçu, c'est une excellente nouvelle pour les chercheurs et chercheuses: il y a peut-être eu ou il y a une vie sur Mars –il faut maintenant la trouver. C'est ce que feront deux missions d'exploration, russe et américaine, en 2020 pour rassembler des échantillons à analyser en 2030.

«Nous vivons dans des temps excitants en ce qui concerne l'exploration dans l'espace. Alors, ne le gâchons pas l'une des plus grandes et plus fondamentales des expérimentations pour l'humain en laissant des rêves de colonisation aller trop loin –au moins pas avant que nous sachions s'il y a la vie», conclut Andrew Coates.

Slate.fr

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