Monde

Comment Instagram a (indirectement) provoqué «une apocalypse de zombies» dans une ferme de tournesols

Temps de lecture : 2 min

La ferme est désormais fermée à tous les «Facebookeurs», «Instagrammeurs», «Snapchatteurs».

Champ de tournesols | Lionel Allorge via Wikimedia Commons License by
Champ de tournesols | Lionel Allorge via Wikimedia Commons License by

Tout partait d’une bonne intention. La famille Bogle possède une ferme avec un champ qui contient pas moins d’1,4 million de tournesols. Le 20 juillet, ils ont ouvert leur ferme aux photographes et touristes, pour un ticket d’entrée de 7,50 dollars. Ce n’était pas une première, la famille avait déjà fait le coup il y a trois ans. Quelques centaines de visiteurs étaient venus remplir les caisses de cette propriété qui cultive aussi du maïs, de l’avoine ou de l’orge, et qui dispose aussi d’un parking de 300 places.

Cet été, la famille Bogle avait décidé de retenter l’expérience. Huit personnes avaient été engagées pour gérer les visites. La première semaine, le parking n’était rempli «qu’à un tiers». «Tout le monde rigolait et prenait du plaisir, a expliqué Barry Bogle, propriétaire de la ferme, au journal canadien The Globe and Mail. Mais après, tout Toronto s’est pointé».

En effet, le 28 juillet, des voitures sont venues se garer dès 5 heures 45 du matin, alors que la ferme n’était même pas encore ouverte. Les propriétaires ont commencé à se douter de quelque chose. En réalité, les photographies Instagram des précédents visiteurs étaient devenues virales, et chacun voulait sa photo au milieu des tournesols. À midi, les routes étaient pleines, narre le Globe and Mail. Des familles s’étaient garées à plus d’un kilomètre traversaient les quatre voies de la route avec leurs poussettes. Affolés, les Bogle ont dû appeler la police pour l’aider à gérer ce que le fils a décrit comme «une apocalypse de zombies».

Durant toute la journée, environ 7.000 véhicules se sont garés pour venir prendre leur photo au milieu des tournesols, parfois en marchant à travers le champ pour avoir le meilleur cliché, l’endommageant fatalement.

«C’est Instagram qui a ramené tous ces gens ici, a déclaré Chelsea Caruso, une visiteuse. C’était un top post (une section de Instagram, appelée «meilleures publications» en Français, ndlr). Il y a tellement de bonnes vibrations ici». L’impact des réseaux sociaux sur le quotidien de la famille Bogle les a amenés à fermer leur champ «à tout jamais». Désormais, de nombreux panneaux indiquent que le champs n’est pas ouvert aux photos. Le lendemain de «l’apocalypse», Barry Bogle a passé la journée sur la route pour demander aux gens de partir. «Certains visiteurs ne l’ont pas bien pris, et lui ont dit qu’il avait ruiné leurs vacances», raconte le Globe and Mail.

«J’adorais ces fleurs, conclut Marlene Bogle, la mère de la famille. Maintenant, je ne peux plus les voir».

Slate.fr

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