Égalités / Parents & enfants

Rejeté par ses parents, un jeune homme gay récolte 75.000 dollars pour aller à l'université

Temps de lecture : 2 min

Grâce à l'aide d'une professeure et à une cagnotte en ligne.

La cagnotte en ligne pour Seth Owen | Capture d'écran via Gofundme  License by
La cagnotte en ligne pour Seth Owen | Capture d'écran via Gofundme License by

Seth Owen est un élève brillant: major de promotion, 17 de moyenne générale (4,16 GPA), capitaine de l'équipe de natation, président des élèves en seconde, trésorier en première... Aller à l'université a toujours fait partie de ses «buts dans la vie», ce sur quoi il travaille depuis l'école primaire.

«J'étais le geek du CM2 qui ressassait tout le temps combien il voulait devenir astronaute. J'avais toujours la tête dans les manuels, j'étais tout le temps à la bibliothèque, toujours en train de lire quelque chose», raconte-t-il à NBC News.

Une fois accepté à la prestigieuse université de Georgetown, Seth Owen a tout fait pour atteindre son objectif. Mais au moment de recevoir sa promesse de bourse, son rêve se brise. Le montant a été calculé par rapport aux revenus de ses parents. Or ils ont coupé les ponts avec leur fils en raison de son homosexualité.

50.000 dollars réunis en six semaines

L'étudiant essaie d'expliquer à Georgetown son changement de situation, le fait qu'il ne soit pas aidé financièrement par ses parents, mais l'université refuse de réévaluer le montant de la bourse. Seth doit alors endosser seul 20.000 dollars de frais de scolarité –une année dans cet établissement coûte environ 57.000 dollars (48.900 euros). Cette université est sa seule option, il a déjà refusé toutes ses autres affectations.

L'une de ses professeures, Jane Martin, décide alors de créer une cagnotte en ligne sur Gofundme, avec un objectif de 23.000 dollars (19.600 euros). Après six semaines et 750 donations, elle atteint 50.000 dollars (43.000 euros). Depuis la parution de l'article sur NBC, elle dépasse les 75.000 dollars (64.000 euros).

Thérapie de conversion

Les parents de Seth Owen ont découvert qu'il était gay en seconde. «J'étais en train d'étudier et mon père a décidé de regarder dans mon téléphone», témoigne le jeune homme. Le père trouve une photo de l'adolescent en train de tenir la main d'un garçon.

Ils lui demandent de continuer à aller à l'église et lui font suivre une «thérapie de conversion» ayant pour but de changer son orientation sexuelle, en partant du principe que la sienne est anormale. «Ils parlaient tout le temps de manière très négative des LGBTQ+. Ils disaient que les gays ne devraient pas être admis à l'église. Et puis, ils parlaient des transgenres comme de personnes inhumaines, et ça me blessait vraiment beaucoup», relate Seth. En février 2018, au milieu de sa terminale, il ne veut plus aller à l'église. Ses parents lui posent un ultimatum: suivre la thérapie de conversion ou déménager. Le jeune homme choisit de quitter le domicile familial et se fait héberger par des amis.

Si l'Université de Georgetown décide finalement de réévaluer la bourse de Seth Owen, lui et sa professeure offriront l'argent à un autre adolescent qui a vécu la même chose. Car le cas de Seth est loin d'être isolé. Selon les chiffres du Williams Institute, 700.000 personnes LGBTQ âgées de 18 à 59 ans ont dû se plier à une «thérapie de conversion». D'après les estimations de l'institut, 57.000 adolescents (13-17 ans) risquent de subir ce type de thérapie avant leurs 18 ans. De plus, 40% des jeunes SDF aux États-Unis seraient à la rue à cause de leur orientation sexuelle et du rejet de leur famille –ce chiffre pourrait être sous-estimé. Plus des deux tiers des adolescents et adolescentes LGBTQ ont éprouvé un sentiment de rejet de la part de leur famille après leur coming out.

Slate.fr

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