Égalités / Santé

Lucien Neuwirth, le député qui a fait avaler la pilule à la France gaulliste

Temps de lecture : 12 min

Le «père de la pilule» a permis aux Françaises de maîtriser leurs corps et leur destin.

Lucien Neuwirth à l'Assemblée nationale, le 11 mai 1973 | AFP Photo
Lucien Neuwirth à l'Assemblée nationale, le 11 mai 1973 | AFP Photo

Tout l’été, nous vous proposerons des portraits d’hommes et de femmes qui, par leurs travaux ou leur engagement, ont contribué à libérer la sexualité du tabou et du sentiment de culpabilité qui l'enfermaient dans les sociétés occidentales il y a encore soixante-dix ans.

ÉPISODE 4 • Lucien Neuwirth, homme politique français qui, après vingt ans de combat, a fait voter en 1967 la loi sur la contraception orale, dite de «légalisation de la pilule», pour que les femmes vivent une maternité –et par extension une sexualité– choisie et non subie.

Le déclic a lieu dans l’un des bureaux de la mairie de Saint-Étienne, à la fin des années 1940. Lucien Neuwirth, adjoint au maire en charge des affaires sociales et vice-président des HLM, mène une commission d'attribution des logements. Une jeune femme lui demande de l'aide; ses parents l’ont mise à la porte. Elle est enceinte, sans mari et sans père pour son bébé. Quelque temps plus tard, elle se jette du barrage situé au nord de la ville. Neuwirth n’a pas encore 25 ans. Il est sous le choc.

À l’époque, sexualité rime avec maternité: les femmes n’ont aucun moyen légal de contrôler leur éventuelle grossesse après un rapport sexuel. Depuis 1920, une loi punit l’avortement et toute propagande anticonceptionnelle. Cette loi d’après-guerre, qui a été conçue pour relancer la natalité française, interdit également l’importation de moyens de contraception, même si certains –comme les diaphragmes– arrivent dans le pays sous le manteau.

Pour le jeune responsable politique qu’est Lucien Neuwirth, il est impensable de voir d’autres femmes mourir pour n’avoir pas su assumer la venue d’un enfant –ou d’un enfant de plus.

Plaidoyer pour une maternité choisie

Une vingtaine d’années plus tard, en 1967, Lucien Neuwirth, député de la 2e circonscription de la Loire et auteur de la proposition de loi sur la pilule votée par l’Assemblée nationale, permet la légalisation de la contraception en France et ouvre aux Françaises la possibilité de jouir de leur corps avec une maîtrise inédite.

Ce moyen contraceptif hormonal, mis au point par le médecin et biologiste américain Gregory Pincus, est commercialisé en 1957 pour régler les cas de troubles menstruels et de fausse couche, puis comme moyen contraceptif dès 1960. Ces comprimés à prise quotidienne permettent d’interférer avec le cycle menstruel naturel de la femme: les hormones synthétiques qui composent la pilule empêchent l'ovulation.

Neuwirth est un homme moderne pour son époque. Révolté par les inégalités entre les sexes, il est persuadé que les femmes n’ont pas toute la place qu’elles méritent dans la société. Il est convaincu par les médecins et activistes qui luttent contre les drames liés aux avortements (douloureux ou mortels) de tenter de rééquilibrer la balance en s’emparant de la maîtrise de la procréation.

Il sait qu’il va pulvériser le modèle familial de la France d’alors, chéri par Charles de Gaulle, à qui il voue une fidélité et un respect sans faille: un papa, une maman… et au moins trois enfants –désirés ou non.

Neuwirth se bat pour une maternité choisie, et non subie. «Il a donné aux femmes la maîtrise de leurs corps et de leur destin», assure Nicole Peycelon, qui fut son assistante de 1978 à 1979 à l’Assemblée nationale, puis de 1979 à 1985 alors qu’il était président du Conseil général de la Loire. «Bien sûr, il y avait la liberté d’avoir une vie sexuelle plus libre, mais son réel but, c’était de permettre à la femme d’avoir la maîtrise de son corps», développe-t-elle.

Lucien Neuwirth dans les années 1960 | Harcourt / AFP

Quand il débarque à la mairie de Saint-Étienne en 1947 à seulement 23 ans, Lucien Neuwirth voit défiler «des familles de cinq, six, sept enfants vivant dans des conditions déplorables, qui viennent demander des deux-pièces, ou des femmes venues pleurer parce qu’elles n’en pouvaient plus de toutes ces grossesses», explique Charles Dallara, son petit-fils.

Au départ, il les réprimande. Elles n’ont pas fait attention, et c’est aussi à elles de prendre leurs responsabilités. Il ne sait pas que la contraception est encore interdite en France. Depuis ses 16 ans, il ne vit que dans des pays où le contrôle individuel de la grossesse est démocratisé: aux États-Unis, où il vit brièvement après la Libération, et surtout en Angleterre.

Au service de problématiques féminines

Encouragé par sa mère, il répond à l’appel du général de Gaulle en 1940 et rallie la Grande-Bretagne pour une formation au sein des parachutistes. C’est là-bas qu’il découvre les contraceptifs, en même temps que les joies de l’amour.

Un soir de juin 1944, il rencontre une jeune Anglaise, résistante elle aussi, à un poste de surveillance. Ils sont de veille toute la nuit, se plaisent et décident de se revoir. Quand ils se retrouvent dans un bosquet de Hyde Park à Londres et s’apprêtent à faire l’amour, c’est elle qui dégaine un spermicide –le Gynomin, contraceptif effervescent à usage unique, placé à l’entré du col de l’utérus et en vente libre depuis 1927. Neuwirth écarquille les yeux. Sa partenaire lui explique qu’ils peuvent désormais jouir sans crainte. Le jeune Français ramènera à son retour d’Angleterre, sous le manteau, ce moyen de contraception pour ses copains.

«Son mode de fonctionnement était: “La vie m’a donné une seconde chance, alors je vais me rendre utile chaque jour qu’il me reste à vivre”.»

Charles Dallara, petit-fils de Lucien Neuwirth

Neuwirth est aussi un miraculé qui voudra amplifier le sens de son existence au fil de son parcours. «Son mode de fonctionnement était: “La vie m’a donné une seconde chance, alors je vais me rendre utile chaque jour qu’il me reste à vivre”», raconte son petit-fils.

Neuwirth aurait dû mourir fusillé, alors qu'il était jeune adulte. «La tradition des parachutistes voulait que l'on s’allège de ses effets personnels avant de monter dans l’avion», explique Charles Dallara. Mais le 8 avril 1945, il est en retard et son portefeuille reste dans la poche au niveau de sa poitrine. Quand il est parachuté au-dessus des Pays-Bas avec ses camarades, un comité d’accueil allemand les attend. Ils sont capturés. Son bourreau choisit de viser le cœur, la balle est arrêtée par ses pièces de monnaie.

«Il se disait qu’après tout, il fallait quelqu’un en France pour faire bouger les lignes sur les sujets de contraception après la guerre, analyse Nicole Peycelon. Il a permis aux femmes de choisir, mais aussi de discuter, d’avoir cette capacité d’être égal à égal avec les hommes dans cette situation d’amour et de plaisir».

Pour elle, «il est l’homme qui a su s’occuper d’une problématique de femmes, celui qui a osé bousculer les habitudes et en parler». Il est un symbole pour celles qui ont reconnu en lui «une prise en compte sérieuse des problématiques qu’elles rencontraient».

Plus fidèle au Général qu’à sa femme Marinette

Nicole Peycelon en est persuadée, Neuwirth s’est jeté dans ce combat pour le bien-être des familles, des couples, et pour donner aux femmes la place qu’elles méritaient dans la société.

Pour d’autres, comme Alain Terrenoire, élu local et député de la Loire à partir de 1967, Lucien Neuwirth a aussi un peu pensé aux hommes comme lui. Il était, sait-on, plus fidèle au Général qu’à sa femme, Marinette, qui l’aura soutenu dans son action politique toute sa vie.

Une tendance à l’adultère confirmée par son petit-fils: «Il aimait les femmes, ou disons plutôt que les femmes l’aimaient beaucoup et qu’il ne savait pas toujours dire non». Son combat pour la contraception vient aussi de ses rencontres frivoles. «Il a peut-être, confirme Terrenoire, rencontré des femmes qui se préoccupaient à juste titre du sujet lorsqu’elles savaient qu’elles ne pouvaient pas ou ne devaient pas avoir un enfant d’une relation extra-conjugale

Très vite, à l’orée des années 1950, Lucien Neuwirth est approché par des personnalités qui s’occupent des questions de maternité. Son questionnement pour la contraception est visible aux yeux des associations et des mouvements depuis qu’il est allé chercher de l’appui au sein du corps médical, et notamment auprès du docteur Pierre Simon, illustre gynécologue-obstétricien. Celui-ci travaille dès les prémices de sa carrière sur les méthodes d’accouchement sans douleur et de contrôle des naissances. En 1956, il collabore par ailleurs avec les fondatrices de la Maternité heureuse, l'ancêtre du Planning Familial. Tous et toutes vont convaincre Lucien Neuwirth de porter la loi sur la légalisation de la pilule.

Pierre Simon l'aidera également à tisser, dans les milieux intellectuels, politiques ou médicaux, un réseau de sympathisantes et sympathisants à la future loi, pour convaincre le pays des bienfaits d’une maternité choisie. Simon a de grands appuis au cœur de la franc-maçonnerie; il appartient à la Grande Loge de France, dont il sera le grand maître de 1969 à 1971 et de 1973 à 1975. Il compte sur le côté prosélyte des franc-maçonnes et franc-maçons pour faire entendre que le contrôle des naissances relève «du bien-être de l’humanité, l’une des plus grandes valeurs que la franc-maçonnerie défend», explique Charles Dallara.

Neuwirth est élu député de la 2e circonscription de la Loire en 1958. Dans les années 1960, il s’immisce peu à peu dans les clubs parlementaires, dont le Club des parlementaires amateurs de havanes (de cigares) et l’équivalent de la buvette de l’Assemblée aujourd’hui. Son but: préparer le terrain pour sa proposition de loi, et convaincre un à un les parlementaires du bienfait de la légalisation de la contraception.

Mais la bataille est dure. La culture catholique est encore très puissante dans le pays, toujours adepte d’une robuste politique nataliste.

Celui qui a convaincu de Gaulle

Les idées libérales de Lucien Neuwirth sur le plan social ne sont pas celles de sa famille politique. Il aura été de tous les partis gaullistes: Rassemblement pour la France (RPF) depuis 1947, Union pour la nouvelle République (UNR), Union des démocrates pour la Ve République à partir de 1967, Rassemblement pour la République (RPR) en 1978.

Ce courant et ces partis «de droite forte, non pas extrémiste, mais forte» comme les décrit Charles Dallara, auront toujours été les siens. Les plus conservateurs grognent, mais le député stéphanois n’est pas pris au sérieux: sa lubie lui passera, pensent-ils. Mais Neuwirth ne lâche pas. Il est patient.

Tout se débloque autour de 1966. Lucien Neuwirth est convoqué dans le bureau de de Gaulle. C’est un proche, après tout: il a participé au retour du Général en mai 1958. Lors du putsch d'Alger (quand quatre généraux entendent renverser le gouvernement de Pierre Pflimlin et maintenir l'Algérie française), il est directeur de la radiodiffusion-télévision française en Algérie. Il est également porte-parole du Comité de salut public, regroupant les comités insurrectionnels mis en place pour réclamer le retour du général de Gaulle, qui créera bientôt la Ve République.

«On n’était pas convoqué comme ça dans le bureau du Général», aimait-il lancer aux médias ou à ses collaborateurs et collaboratrices, comme Nicole Peycelon. «De Gaulle est né au XIXe siècle, relève Alain Terrenoire, donc la contraception, ça ne lui disait rien. Mais il avait l’esprit ouvert et Neuwirth a su trouver les mots

Le Général n’est pas pris de subite passion pour la contraception. L’année précédente, en 1965, l’accès légal à la contraception était inscrit dans le programme de l’opposition de gauche, incarnée par François Mitterrand.

Neuwirth déroule quand même son discours devant le président. «J’ai parlé quarante minutes sans être interrompu. Je voyais ses mimiques, je voyais l’homme qui réfléchissait, mais qui réfléchissait vraiment profondément», a-t-il raconté à de nombreuses reprises. «C’est vrai, transmettre la vie, c’est important, il faut que ce soit un acte lucide. Continuez», lui lâche le général. Le député stéphanois obtient le feu vert de Charles de Gaulle.

Envers et contre tout

Le 18 mai 1966, la proposition de loi est déposée. Elle déchaîne les passions. Jean Foyer, ministre de la Justice, lui aussi membre du premier cercle gaulliste, le surnomme «Immaculée contraception». Un sénateur émet l’idée de le traduire devant la Haute Cour de justice. Qu’importe si la juridiction n’est opposable qu’aux ministres et au président de la République, en cas de haute trahison ou d’atteinte à la sûreté de l’État: l’idée est claire.

Même à Saint-Étienne, «toute une frange de la population, très conservatrice, catholique, l’a maltraité», assure son petit-fils. Il reçoit des insultes dans sa boîte aux lettres; certaines sont taguées sur son portail. Sa fille se fait renvoyer de son école privée quand elle a 13 ans. «Des parents s’étaient plaints, ils avaient peur que la perversion envahisse les autres enfants», déplore Charles Dallara. Il retrouve même un petit cercueil en bois au milieu du courrier. «À l’intérieur, il y avait un vrai fœtus», soutient son descendant.

Mais le député ne faiblit pas. «Il n’avait pas peur de grand-chose, si ce n’est de la maladie», explique son petit-fils. Lucien Neuwirth est hypocondriaque –«un comble pour quelqu’un qui, quelque part, a côtoyé des médecins tout au long de sa carrière», s’amuse Charles Dallara.

La loi sur la contraception orale est votée en plein coeur de la nuit –«une manière de décourager celles et ceux qui n’étaient ni pour, ni fermement contre et n’allaient pas se battre pour s’opposer à la loi» d’après Charles Dallara– et promulguée le 28 décembre 1967. Les décrets d’application mettront près de cinq ans à paraître dans leur totalité.

Tout le reste de sa vie, Lucien Neuwirth œuvrera pour l’accès à l’information et la promotion de la contraception. Il participe aux débats sur la pilule du lendemain et apporte son soutien à Simone Veil pour la légalisation de l’avortement en 1975, «une fois qu’il comprend, précise Nicole Peycelon, que la contraception seule ne suffit pas à éviter toutes les situations dramatiques» pour les femmes.

En 1976, il crée cependant, avec Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, co-fondatrice de ce qui deviendra le Planning familial en France, le Comité national pour la régulation des naissances, avec pour but de lutter contre «l'avortement et la stérilisation utilisés par les couples comme moyen de contraception».

Des naissances à la fin de vie

Lucien Neuwirth continue aussi sa route vers de nouveaux combats. Dans les années 1980, sa femme tombe malade. C’est un cancer. La chimiothérapie est très douloureuse, et il n’y a alors aucun moyen légal de soulager la souffrance au sein des hôpitaux. Le médicament le plus fort attribué aux patientes et patients, «c’était le Dafalgan», résume Charles Dallara.

Quand en 1991, Neuwirth se rend aux États-Unis pour dire adieu à un cousin en phase terminale, il ne comprend pas. L’homme ne souffre pas, il est paisible. «Aux États-Unis, il y a des pompes à morphine»: le malade s'injecte lui-même une dose d’antidouleur, lui répond sa famille.

Neuwirth débute son travail pour la généralisation de ces pompes à son retour en France: en février 1995, le Parlement adopte la loi sur la prise en charge de la douleur, en application du rapport du sénateur Lucien Neuwirth –fonction qu’il occupe depuis 1983.

«Pour lui, il n’y avait aucune raison de laisser ces malades souffrir, raconte Nicole Peycelon. S’il avait été confronté à ce problème, d’autres aussi; alors il allait changer les mœurs et les lois pour l’intérêt général.» Comme pour la pilule, et comme pour son dernier combat, la fin de vie.

Son épouse, meurt en 1997. «À l’époque, il ne parlait pas du droit à l’euthanasie comme aujourd’hui, mais du droit à mourir dans la dignité, explique Nicole Peycelon. Il fallait que l'on ose parler de ces sujets intimes et tabous.» Lucien Neuwirth collabore avec Jean Leonetti, avant de prendre sa retraite forcée: en 2001, il est battu aux sénatoriales, emporté par la gauche plurielle de Lionel Jospin.

Sa fille connaît le même destin que sa mère, et décède en 2005. Lucien Neuwirth dépérit: lui qui n’a d’autres passions que la politique ne supporte pas l’inactivité, même en compagnie de Sophie Huet, sa nouvelle femme depuis 1999.

Lucien Neuwirth dans la bibliothèque de l'Assemblée nationale, le 6 décembre 2007, à l'occasion des 40 ans de la loi de légalisation de la pilule | Patrick Hertzog / AFP

«Lulu» meurt en 2013, atteint depuis une dizaine d’années de démences, respecté des anciennes générations pour avoir convaincu de Gaulle, mais oublié des jeunes, pour qui la pilule est soit un automatisme, soit sujette à débat en raison de ses effets présumés sur la santé des femmes.

Lucien Neuwirth a explosé les barrières imposées sur la maternité choisie, sans imaginer que huit ans après le vote de sa loi, une femme repousserait encore plus loin les limites acceptées par la France d’après-guerre sur la maîtrise de leur corps par les femmes. En 1974, Simone Veil permet la légalisation de l’avortement.

Clémentine Billé

Hugo Wintrebert

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