Économie

Les open spaces enferment les salariés

Temps de lecture : 2 min

Des économies mais moins de collaboration directe entre collègues.

Un open space d'une entreprise ukrainienne | Alex Kotliarskyi via Unsplash CC License by
Un open space d'une entreprise ukrainienne | Alex Kotliarskyi via Unsplash CC License by

«On naît seul, on vit seul, on meurt seul», disait Orson Welles. Les espaces de travail ouverts ont peut-être été créés pour soutenir le point du vue du cinéaste. Bien sûr, l’objectif initial de ce genre d’aménagement est de favoriser le contact, l'échange entre les collaborateurs et collaboratrices, afin de favoriser leur productivité. Néanmoins, les effets obtenus ne sont pas forcement ceux attendus.

Plus d'e-mails, moins de dialogues

Ethan Bernstein et Stephen Turban, deux universitaires de la Harvard Business School, ont étudié l’interaction entre collègues dans deux multinationales qui ont modifié la disposition de leur espace de travail pour un espace ouvert. Le personnel était donc équipé de badges «sociométriques» mesurant les mouvements de chacun et chacune grâce à des capteurs infrarouges, et les dialogues entre collègues grâce à des microphones.

Les résultats de cette étude ne sont pas anodins, Bernstein et Turban ont trouvé qu’il y avait trois fois moins d’interactions dans le nouveal espace de travail, un box cubique dans lequel tous les employés et employées peuvent se scruter. Dans la première entreprise le nombre d’e-mails que les gens s’envoyaient les uns aux autres a augmenté de 56% après la modification des bureaux.

Pourquoi ce changement? Les auteurs suggèrent que les employés et employées valorisent leur intimité et trouvent de nouveaux moyens de la préserver même dans les espaces ouverts. Par exemple, certains portent des casques ou des écouteurs, afin de s’isoler des distractions causées par leurs collègues. L’objectif premier d’ouverture est donc remis en cause.

Quelle solution?

Les boxs, espaces de travail plus fermés, permettent de personnaliser un peu plus le bureau de chacun et chacune, grâce à des photos par exemple. Néanmoins ils n’offrent pas non plus des conditions de travail exceptionnelles car on s’y retrouve coupé de la lumière naturelle et potentiellement dérangé par le bruit.

Un confort relatif pourtant loin de celui du «hot-desking», vers lequel 45% des multinationales prévoient de se tourner d'ici 2020. Cette pratique consiste à n’attribuer aucun bureau et à laisser les collaborateurs et collaboratrices choisir leur poste de travail selon les disponibilités.

En fin de compte, les open-spaces et autres espaces ouverts, ont été construits après la Seconde Guerre mondiale. L’objectif était de reconstruire vite pour peu cher, d’où le développement d’immeubles. La rationalisation de l’espace était le maître mot. Néanmoins, cette problématique économique risque d'empiéter sur la productivité des employés et employées. La seule solution reste donc d’aller voir son patron pour le convaincre de rétablir des espaces de travail privés. En d’autres termes: travailleurs de tous les pays, unissez-vous! Vous pourrez ainsi ensuite vous séparer.

Slate.fr

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