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Le gouvernement américain surveille discrètement ses propres citoyens lorsqu’ils voyagent

Temps de lecture : 2 min

Un programme jusque-là inconnu vient d'être découvert.

Un agent du contrôle aux frontières américain à l'aéroport de miami, le 28 février 2018. | Joe Raedle / Getty images North America / AFP
Un agent du contrôle aux frontières américain à l'aéroport de miami, le 28 février 2018. | Joe Raedle / Getty images North America / AFP

Dans le cadre du programme «Quiet Skies» (entendez «Cieux calmes») les agents de sécurité américains mènent des opérations de surveillances sur des milliers de leur concitoyens et concitoyennes. Depuis les attentats du 11-Septembre, les États-Unis ont mis en place l’Administration de la sécurité des transports, une agence nationale censée encadrer et durcir les contrôles du système de transports américain. C'est elle qui a lancé ce programme.

Un programme flou

La journaliste Jana Winter, du Boston Globe, met en avant l'existence de ce programme fantôme. Sa spécificité? Il cible uniquement les voyageurs et voyageuses «qui ne font l’objet d'aucune poursuite et qui ne font pas partie de la base de données ciblant les terroristes».

Un bulletin de l'Administration de la sécurité des transports datant de mars indique que le but de la manoeuvre est de déjouer les menaces que pourraient représenter des «terroristes inconnus ou partiellement connu des services» sur les vols commerciaux.

Chaque citoyenne et citoyen américain qui arrive sur son propre sol est automatiquement référencé dans le programme «Quiet Skies» et des milliers de ressortissants et ressortissantes ont déjà été sujettes à une certaine surveillance dans les aéroports ou même durant le vol. Selon le Boston Globe, une personne normale reste environ quatre-vingt-dix jours sur cette liste, sans en être prévenue.

Les caractéristiques d’apparition d’un nom sur la liste sont encore très floues. Le programme dispose apparemment de quinze critères pour évaluer les passagers et passagères, mais le Boston Globe n’a pas réussi à se procurer la liste entière.

Une fois que les citoyennes et citoyens sont inscrits sur ce listing, les agents de sécurité qui volent avec eux observent leurs comportements. Tous leurs faits et gestes sont épiés: une personne «qui observe avec un insistance les voyageurs qui l’entourent», quelqu’un qui gesticule de manière incessante, une personne qui dort ou pas durant le vol, sont des situations à relever.

Une pertinence largement questionnée

Les révélations concernant le programme ont déclenché une vague d’interrogations sur la légalité de ce dispositif et sur le sujet de la recherche des agents. Certains d’entre eux se sont plaints de devoir surveiller des voyageurs et voyageuses qui ne posaient aucune menace et d’autres se sont questionnés sur le caractère éthique de cette démarche.

La question du financement du projet est aussi un sujet important: «Quiet Skies», comme tous les projets du gouvernement, est financé par l’État et certains agents de sécurité se posent la question de la pertinence de l’investissement étatique dans la surveillance d’individus lambdas.

Slate.fr

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